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Naomi Osaka s'impose face à Siniakova et se prépare pour Mertens à l'US Open

Naomi Osaka n’a pas seulement retrouvé le Arthur Ashe Stadium. Elle a retrouvé ses nerfs, son autorité, et cette façon bien à elle de transformer un match qui lui échappe en démonstration.

Face à Katerina Siniakova, la Japonaise s’est offert un détour par la frayeur avant de s’imposer en trois sets, 6-2, 5-7, 6-1, et de décrocher son billet pour le troisième tour de l’US Open, où l’attend désormais la tête de série n°23, Elise Mertens.

Entrée de star, démarrage canon

Osaka arrive toujours avec un message, une image, une présence. Après une première tenue inspirée par la légende NBA Allen Iverson au premier tour, elle a cette fois foulé le court dans une robe blanche brodée de petits cadres de raquettes, look épuré mais assumé, parfaitement en phase avec le plus grand stade du tennis.

Son tennis, lui, démarre sur le même ton. Tranchant. En une demi-heure, la double lauréate de Flushing Meadows (2018, 2020) plie le premier set 6-2. Service lourd, prises de balle précoces, trajectoires nettes. Siniakova, numéro un mondiale en double mais loin de ce statut en simple, subit la cadence et ne trouve que rarement la profondeur nécessaire pour la bousculer.

Osaka se détache à nouveau dans la deuxième manche, break à 4-2 après une heure de jeu. Le scénario semble écrit : soirée courte, victoire propre, sortie sous les applaudissements.

Le trou d’air qui change tout

Et puis tout se dérègle.

À 5-3, Osaka sert pour le match. Elle a le score, l’élan, le contrôle apparent. Mais sa précision se délite, ses choix se brouillent. Les fautes directes s’accumulent. Sur ses 29 erreurs non provoquées, 20 tombent dans ce seul deuxième set. Siniakova, jusque-là dominée, s’accroche, renvoie une balle de plus, tient la diagonale une fois de trop pour Osaka.

Quatre jeux d’affilée pour la Tchèque. Quatre breaks consécutifs dans la manche. Osaka laisse filer l’occasion de conclure, Siniakova arrache le set 7-5. Le Ashe se tait un peu, surpris de voir la 13e tête de série se faire aspirer dans ce trou d’air mental et technique.

La Japonaise quitte le court pour un passage aux vestiaires. Pause. Souffle. Rupture nette avec ce deuxième acte chaotique.

Retour d’orgueil, retour de puissance

Quand elle revient, ce n’est plus la même joueuse.

Le bras se dénoue, la ligne de fond se rapproche, le regard se fixe. Osaka reprend les commandes comme si le deuxième set n’avait été qu’un incident de parcours, un avertissement plutôt qu’un tournant. Elle impose à nouveau sa loi sur l’échange, dicte le rythme, reprend la main sur chaque mise en jeu.

Elle rafle six des sept derniers jeux du match. Siniakova, pourtant solide en défense, finit débordée par la densité de frappe, incapable de tenir la cadence dès que l’échange dépasse quelques coups. Le score du troisième set, 6-1, dit tout de la bascule psychologique : Osaka a remis la main sur son tennis, et sur le match, en un set expéditif.

En deux heures et deux minutes, l’affaire est pliée. Avec un détour par le doute, mais une sortie par la grande porte.

« Le match a été vraiment dur. J’ai été un peu trop dure avec moi-même après les occasions manquées dans le deuxième set », a-t-elle confié au public du Arthur Ashe Stadium, avant de résumer sa bascule mentale : « J’ai pris une pause aux toilettes, je me suis regroupée un peu, je suis revenue en essayant de n’avoir aucun regret. »

Mertens en ligne de mire

Cette victoire, Osaka ne l’a pas seulement gagnée à la raquette. Elle l’a gagnée en se reprenant au bord de la rupture, là où son langage corporel et ses regards vers son clan disent parfois plus que ses coups.

La suite s’annonce autrement plus piégeuse. Elise Mertens, tête de série n°23, attend au troisième tour. Une joueuse plus régulière que flamboyante, mais redoutable dans la longueur, capable de punir chaque baisse de régime.

Osaka sait désormais que le moindre relâchement peut lui coûter cher. Mais elle a montré, en une soirée new-yorkaise, qu’elle savait encore renverser une dynamique négative et imposer sa loi quand tout se resserre.

À Flushing Meadows, là où elle a déjà écrit deux chapitres majeurs de sa carrière, la question revient : cette version d’Osaka, capable de survivre à ses propres failles pour mieux frapper, peut-elle de nouveau aller au bout ?