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Naomi Osaka remporte un match épique à Flushing Meadows

Naomi Osaka n’a pas simplement gagné un match. Elle a survécu à une nuit piégeuse à Flushing Meadows, dompté ses nerfs, ses erreurs, son corps, pour finalement écarter Elise Mertens et rejoindre les huitièmes de finale du US Open.

Sous les lumières de Louis Armstrong Stadium, la Japonaise, tête de série n°13, s’est imposée en trois sets 6-3, 3-6, 7-5 face à la Belge, tête de série n°23. Un score sec sur le papier. Rien, pourtant, n’a été simple.

Démarrage canon, première alerte pour Mertens

Dès le premier set, Osaka plante le décor. Service lourd, prises de balle précoces, regard fermé. Elle enchaîne trois jeux d’affilée, se détache à 4-1 et verrouille la manche en s’appuyant sur une série de premières balles tonitruantes. Mertens recule, subit, encaisse. La double lauréate du tournoi semble déjà avoir mis la main sur la soirée.

Le rythme est là, le bras tourne, le plan de jeu est clair : imposer sa puissance depuis le fond de court, dicter chaque échange. Osaka tient sa mise en jeu, ne tremble pas au moment de conclure ce premier acte. La mécanique paraît lancée.

Mertens se rebelle, Osaka se dérègle

Le deuxième set raconte une toute autre histoire. Osaka repart agressive, casse le service de Mertens dès le troisième jeu et semble filer vers une victoire maîtrisée. Mais la Belge refuse le rôle de figurante. Elle s’accroche, rallonge les échanges, pousse Osaka à frapper une balle de plus, puis encore une.

La Japonaise perd alors le fil. Deux jeux concédés d’affilée, l’avantage s’envole, les fautes directes s’empilent. Mertens, patiente et lucide, s’engouffre dans la brèche. Elle inverse la dynamique, prend le contrôle du set et égalise à une manche partout. Le stade sent la tension monter, Osaka aussi.

Le troisième set, montagnes russes et temps mort médical

La manche décisive bascule d’abord du côté de Mertens. Osaka multiplie les fautes, offre des points, laisse filer les occasions. La Belge exploite chaque approximation, chaque hésitation. Elle prend les devants, profite d’une adversaire soudain moins explosive, moins précise.

Osaka demande alors un temps mort médical. Quelques minutes à l’écart, le corps soigné, l’esprit remis en place. À son retour, l’atmosphère a changé. Les échanges restent tendus, mais la Japonaise retrouve peu à peu sa longueur de balle, sa vitesse de bras, son regard dur.

La pression finit par fissurer Mertens. En fin de set, Osaka arrache le break au moment où la Belge semblait tenir la corde. Puis vient ce jeu clé : un ace pour mener 6-5, frappé comme un cri de défi dans la nuit new-yorkaise. Dans le jeu suivant, elle conclut l’affaire, ferme la porte et s’offre le droit de respirer enfin.

Entre excuses et soulagement

Au micro, Osaka laisse tomber le masque. « Honnêtement, je ne peux pas croire que j’ai gagné ce match », lâche-t-elle, encore secouée par le scénario. Elle remercie le public pour son soutien, conscient de l’énergie puisée dans les tribunes de Louis Armstrong Stadium.

Elle prend aussi le temps de s’excuser pour son comportement sur le court, notamment ce moment de frustration où sa raquette a volé. Un aveu de tension, d’humanité, dans une soirée où elle a flirté avec la sortie de route.

Un huitième de finale sous haute surveillance

La récompense de cette bataille : une place en huitièmes de finale, où l’attend désormais Elena Rybakina ou Yulia Starodubtseva. Deux profils très différents, une même certitude : Osaka devra encore hausser le ton.

Si elle retrouve la continuité de son premier set et la rage de sa fin de troisième, cette nuit new-yorkaise pourrait bien n’être qu’un prélude. Si les montagnes russes se répètent, chaque match deviendra un test de survie. À Flushing Meadows, elle vient de prouver qu’elle sait déjà comment s’en sortir.