Moses Itauma, l'héritier de la boxe britannique selon Prince Naseem Hamed
Prince Naseem allume la mèche : « Moses Itauma est un million de fois meilleur que Joshua et Fury »
À 21 ans, 14 combats, 14 victoires, et déjà un vacarme assourdissant autour de son nom. Moses Itauma n’a pas encore mis un pied sur le ring de l’O2 Arena samedi soir que Prince Naseem Hamed, légende vivante du noble art britannique, l’a déjà propulsé bien au‑delà d’Anthony Joshua et Tyson Fury.
Pas juste un cran au‑dessus. « Un million de fois meilleur », lance Hamed. Le ton est donné.
Itauma, l’héritier annoncé
Le poids lourd de Chatham s’avance vers le titre mondial IBF vacant face au Croate Filip Hrgovic avec une pression rare pour un boxeur de son âge. Invaincu en 14 combats professionnels, il joue pour devenir le deuxième plus jeune champion du monde des lourds de l’histoire, juste derrière Mike Tyson.
Si Itauma s’impose, il coiffera la couronne une marche plus tôt qu’Anthony Joshua, sacré lors de son 16e combat pro. Un symbole. Une manière de s’inscrire d’emblée dans une lignée où chaque détail compte.
Pendant que Joshua et Tyson Fury ont enfin trouvé un accord pour leur choc 100 % britannique attendu plus tard dans l’année, une autre histoire se dessine en parallèle. Celle de leur possible successeur. Et Hamed ne se contente pas de le suggérer, il l’affirme.
« Moses est à un autre niveau que des gars comme Tyson Fury, et Tyson le dirait lui‑même. Tyson ne voudrait pas affronter Moses, et Joshua non plus », confie‑t‑il à la BBC. Puis il appuie : « S’ils le faisaient, je dirais qu’ils sont très courageux. »
Le regard d’une légende sur deux autres
Hamed n’efface pas ce que Joshua et Fury ont apporté. Au contraire, il commence par les saluer.
Tyson Fury, battu deux fois par Oleksandr Usyk, reste à ses yeux un tournant pour la boxe britannique : « incroyable » pour ce qu’il a accompli, pour ce qu’il a apporté au sport, pour sa personnalité haute en couleur. Joshua, quatre défaites en 34 combats, a, lui, « fait un travail incroyable en début de carrière » en décrochant un titre mondial et en devenant un véritable ambassadeur du noble art anglais.
Mais la phrase qui suit claque comme un crochet du gauche.
« Je ne peux pas comparer Moses. Il est un million de fois meilleur qu’eux. »
Pas de nuance, pas de frein. Hamed sait ce que représente ce genre de proclamation. Il a lui‑même vécu dans ce tourbillon.
Le miroir de la jeunesse : de Cardiff à Londres
Le parallèle est évident. Sheffield, 1995. Prince Naseem Hamed devient à 21 ans et 230 jours le plus jeune champion du monde britannique en détrônant Steve Robinson pour la ceinture WBO des plumes à Cardiff. Une ascension fulgurante, marquée par un style spectaculaire, des entrées de ring théâtrales, une aura plus grande que nature.
Itauma pourrait le rejoindre dans les livres d’histoire, mais avec 14 jours de retard sur ce record. Un détail pour certains. Pas pour Hamed, qui reconnaît pourtant ne pas être obsédé par les chiffres.
Ce qui l’intéresse, c’est le potentiel. Et chez Itauma, il le qualifie de « spécial ».
« Gagner un titre national chez les amateurs à 11 ans et avoir en tête, tout au long de ta carrière amateur, que tu seras champion du monde à 21 ans, je l’ai visualisé. Je pense que c’est très similaire pour Moses », explique‑t‑il.
Il insiste encore : « Je suis tellement confiant que Moses va devenir champion du monde des lourds. Je suis tellement confiant qu’il défendra cette ceinture aussi longtemps qu’il le voudra. »
Hrgovic, l’outsider qui n’en a pas l’air sur le papier
Face à cette vague d’enthousiasme, un homme reste étrangement en retrait du récit : Filip Hrgovic. Et pourtant, le Croate arrive avec un CV solide.
34 ans, médaillé de bronze olympique, 21 combats professionnels, une seule défaite – contre Daniel Dubois, aujourd’hui champion WBO, en 2024 – et une expérience construite face à une opposition globalement plus relevée que celle d’Itauma.
Sur le papier, le test est sérieux. Dans les faits, Hrgovic est pourtant présenté comme l’outsider. Le discours ambiant ne parle que de la montée en puissance du prodige britannique, presque comme si ce titre lui revenait déjà de droit.
Hamed, lui, ne voit pas dans ce combat un piège.
« Sur le papier, c’est un test, mais je ne pense pas que, le soir où on regardera le combat, ce sera un test », lâche‑t‑il.
Et il va plus loin : « Je pense que ce sera l’une des soirées les plus faciles de la carrière de Moses et qu’il va gagner un titre mondial. »
Vers une nouvelle ère des lourds ?
Les mots sont forts. Ils engagent. Ils exposent aussi Itauma à une attente démesurée. Être présenté comme supérieur à Joshua et Fury avant même d’avoir disputé un premier championnat du monde, c’est accepter d’entrer sur le ring avec un poids supplémentaire sur les épaules.
Mais c’est aussi le signe d’une chose : le vestiaire des légendes commence à le regarder autrement. Quand un Prince qui a régné sur les années 1990 s’enthousiasme à ce point, la planète boxe écoute.
Samedi, à l’O2 Arena, Moses Itauma n’affrontera pas seulement Filip Hrgovic. Il se mesurera à une prophétie signée Prince Naseem Hamed.
Reste une question, brutale, simple, à laquelle seul le ring pourra répondre : ce jeune lourd britannique est‑il vraiment prêt à faire vaciller l’héritage de Joshua et Fury dès maintenant ?




