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Mondial féminin FIBA : l’Italie résiste à Team USA à Berlin

La machine américaine a enfin trouvé quelqu’un pour lui résister. À Berlin, dans ce deuxième match de poule du Mondial féminin, l’Italie a transformé ce qui devait être une simple étape vers l’or en vraie épreuve de nerfs pour Team USA.

Les championnes du monde en titre restaient sur une démonstration face à la Chine (94-61), douze triples inscrits, quatre joueuses à plus de dix points, et une Caitlin Clark déjà en double-double (14 points, 11 passes). Contre l’Italie, le décor a changé. Brutalement.

Un départ canon, puis le trou d’air

Le premier quart-temps ressemble d’abord à un scénario connu. Les Américaines gagnent l’entre-deux, Chelsea Gray ouvre le score sur un jumper, et la profondeur de banc fait le reste. Neuf joueuses différentes marquent dans les dix premières minutes. Paige Bueckers mène la danse au scoring avec quatre points.

En face, l’Italie s’accroche mais subit. Seulement 21 % de réussite au tir, huit balles perdues, et une défense américaine qui se régale : interceptions, contres, pression sur les lignes de passe. À la fin du premier quart, le tableau d’affichage est sans appel : 18-8 pour Team USA. L’affaire semble lancée.

Mais le match bascule dans un registre bien plus rugueux.

L’Italie serre la vis, les États-Unis se grippent

La rencontre devient un manifeste défensif. Les deux équipes se rendent coup pour coup, grattent des ballons, ferment la raquette. À mi-parcours du deuxième quart, chacune compte déjà deux interceptions. Les Américaines mènent 11-6 dans la période, mais l’Italie ne lâche pas.

Angel Reese donne le ton côté USA : une interception, deux contres en moins de trois minutes. L’intensité est là, les stops aussi. Pourtant, quelque chose se dérègle en attaque. Les tirs longue distance ne rentrent plus, les coupes sont coupées, les drives bouchés. L’Italie compacte la peinture et force les Américaines à vivre de tirs extérieurs… qui ne tombent pas.

Le chiffre est brutal : 0 sur 9 derrière l’arc à ce moment-là. L’équipe qui venait d’en planter 12 contre la Chine ne trouve plus le cercle.

Zandalasini rallume l’Italie

C’est là que Cecilia Zandalasini prend feu. Dans un match verrouillé, chaque éclair compte double. L’arrière italienne enchaîne les initiatives, porte l’attaque transalpine et ramène son équipe presque à elle seule.

L’Italie, menée de dix points (19-8 à la fin du premier quart), colle un 14-3 aux Américaines. À 4’15 de la pause, l’écart fond : USA ne mène plus que 26-20. Zandalasini grimpe à neuf points, meilleure marqueuse du match, et change complètement l’atmosphère dans la salle.

Team USA continue de dominer les duels athlétiques, vole des ballons (six interceptions) et contre à tout-va (quatre contres déjà à 6’45 de la mi-temps). Mais la fluidité offensive n’y est plus. Les possessions deviennent hachées, les erreurs techniques s’accumulent.

Lawson sonne l’alarme à la pause

À la mi-temps, le tableau est inhabituel pour les quadruples championnes du monde : 30-24 seulement. L’Italie a remporté le deuxième quart 16-12 et s’est offert le droit d’y croire.

Angel Reese mène la marque américaine avec six points, deux contres, une interception. Trois autres joueuses pointent à quatre unités. Mais l’adresse fait défaut : 32 % pour les États-Unis, 31 % pour l’Italie. Un combat de tranchées, rien d’une démonstration.

Kara Lawson ne se cache pas à la pause. Elle pointe les erreurs, la précipitation, ces « trop nombreuses fautes » qui redonnent de l’air à une Italie « qui joue avec une grande force ». Son constat est clair : ce ne sont pas les contacts qui posent problème, mais les fautes de concentration.

L’autre sujet brûlant est la gestion des fautes. Zandalasini, moteur offensif italien, en est déjà à trois. Avec une limite fixée à cinq en FIBA, le staff d’Andrea Capobianco doit jongler pour garder sa star sur le parquet sans la griller trop tôt.

Collier en danger, l’Italie prend les commandes

Le troisième quart s’ouvre sur un nouveau tournant : à 7’31 de la fin de la période, Napheesa Collier prend sa troisième faute. Rhyne Howard entre pour la remplacer. Une autre pièce maîtresse américaine se retrouve sur un fil, alors que le match se tend.

Et l’Italie en profite immédiatement.

À 5’32 du troisième quart, le tableau d’affichage lâche une image que l’on n’avait plus vue depuis longtemps dans un Mondial féminin : l’Italie mène face à Team USA. 33-32. Avant ça, les Italiennes n’avaient été devant que 42 petites secondes. Cette fois, elles s’installent dans le match.

Les Américaines, elles, se figent. Sept tirs consécutifs manqués. Toujours aucun panier longue distance. La défense italienne coupe la peinture, ferme les angles, harcèle sur le porteur de balle. Chaque possession devient un casse-tête. L’attaque américaine, si fluide deux jours plus tôt, se retrouve méconnaissable.

Une invincibilité sous pression

Dans ce Mondial, Team USA vise un cinquième titre consécutif. La dernière défaite en Coupe du monde remonte à 2006. L’écart avec le reste de la planète semblait abyssal. À Berlin, l’Italie a montré qu’il existe encore des failles à exploiter.

Sans A’ja Wilson, MVP du Mondial 2022, ni Kelsey Plum, toutes deux forfaits pour raisons de santé à quelques jours du tournoi, Kara Lawson a choisi de miser sur le collectif et la montée en puissance d’un groupe rajeuni. Sonia Citron et Kiki Iriafen ont été appelées pour compléter un effectif où cohabitent Breanna Stewart, Chelsea Gray, Napheesa Collier, et les nouvelles têtes d’affiche Caitlin Clark, Paige Bueckers, Angel Reese.

Face à la Chine, ce mélange d’expérience et de talent brut avait déroulé. Face à l’Italie, il a dû apprendre dans la douleur ce que signifie défendre un statut de favori annoncé du Mondial, seule équipe affichée avec des cotes négatives chez les bookmakers.

La phase de groupes n’en est qu’à ses débuts. La République tchèque attend déjà, et le tableau final se dessine à l’horizon. Mais une chose est sûre : à Berlin, les Américaines ont découvert que la route vers un cinquième sacre ne se fera pas sans frisson. La question n’est plus de savoir si elles sont les plus fortes. Elle est de savoir comment elles réagiront quand, comme ce dimanche face à l’Italie, le jeu se fige et que le doute s’invite enfin dans leur camp.