Mohamed Salah s'engage envers Trabzonspor après la défaite
Mohamed Salah encaisse le choc et s’accroche : « Trabzonspor est mon club »
La gifle est lourde, le message encore plus. Battu 4-0 par Ferencvaros et éjecté de la Ligue Europa dès le mois d’août, Trabzonspor traverse déjà sa première tempête de la saison. Au milieu du chaos, Mohamed Salah a choisi de monter au front.
Jeudi soir, sur la pelouse, l’ancienne icône d’Anfield n’a jamais trouvé la clé. Impuissant, rarement servi dans de bonnes conditions, le vétéran égyptien a quitté la scène après 64 minutes, alors que le score était déjà sans appel. Ferencvaros a roulé sur les Turcs, et la sanction sportive est immédiate : sortie de la Ligue Europa, bascule vers la Conference League.
Une déroute, une démission… et un refus
Le plus spectaculaire est venu après le coup de sifflet final. En conférence de presse, l’entraîneur de Trabzonspor, Fatih Tekke, a lâché une bombe. Il annonce sa démission, presque comme une sentence qu’il s’inflige lui-même après le naufrage européen : « Je pense que j’ai le droit de me punir de cette manière. »
Un aveu de responsabilité, un geste fort, presque dramatique. Mais le club ne suit pas. La direction réagit rapidement, publie un communiqué et bloque la sortie de son entraîneur.
Le message est clair : Tekke reste en place. Le conseil d’administration explique que la décision de l’entraîneur est née de « l’intensité émotionnelle » provoquée par la défaite contre Ferencvaros, et qu’elle n’est pas acceptée. Fatih Tekke sera bien sur le banc pour le prochain match de championnat face à Amedspor. Le vestiaire, lui, est prévenu : pas de fuite, pas de bouc émissaire facile.
Salah prend la parole : « Rien n’a jamais été facile »
Dans ce climat électrique, Salah a choisi son moment. Pas d’interview à chaud, pas de phrase lâchée dans le tunnel. Le lendemain, il s’exprime sur les réseaux sociaux et pose le ton d’une saison qui ne fait que commencer.
« Rien dans ma carrière n’est jamais venu facilement », écrit-il. Il rappelle qu’il connaît les « mauvaises soirées » et les « déceptions », qu’elles font partie du football, et qu’il a appris à les transformer en motivation… et en trophées.
Puis il fixe le cadre de son engagement. « Trabzonspor est mon club, et je fais partie de ce projet, corps et âme. La nuit dernière ne changera pas cela. Je sais que les attentes sont élevées, et je crois vraiment que nous pouvons et que nous allons répondre. “Je suis venu ici pour gagner” n’est pas qu’un slogan pour moi. »
Pas de fuite, pas de doute public, pas de conditionnel. Salah s’accroche à ce qu’il est venu chercher : des titres, dans un nouveau décor.
Un pari fort après Liverpool
Son arrivée à Trabzonspor avait déjà marqué un tournant majeur. À 34 ans, Salah a mis fin à son histoire avec Liverpool en acceptant de résilier son contrat. Une décision lourde pour un joueur qui a marqué une ère à Anfield.
Après la Coupe du monde, plusieurs clubs se sont positionnés. C’est Trabzonspor qui a gagné la course, attirant l’Égyptien avec un projet ambitieux et une ferveur populaire qui l’a immédiatement frappé. À son arrivée, au moment de signer un contrat de deux ans, il avait résumé son état d’esprit : les derniers jours, disait-il, avaient été une expérience qu’il n’avait « jamais vécue » dans sa vie. Il insistait déjà : il est venu « pour gagner », poussé par l’amour que les supporters lui ont témoigné.
Cette phrase revient aujourd’hui comme un engagement public. Après un 4-0 européen, elle sonne moins comme une promesse marketing que comme une obligation personnelle.
La suite : réaction ou fracture ?
Trabzonspor ne peut pas se cacher derrière les mots. L’équipe a pris un coup sur la scène européenne, l’entraîneur a voulu partir, le club l’a retenu, la star a réaffirmé son engagement. Tout est posé.
Le prochain rendez-vous en championnat, face à Amedspor, ressemble déjà à un test de caractère. Tekke reste, Salah reste, les ambitions restent. Reste une seule question : ce vestiaire va-t-il transformer cette humiliation en point de départ, ou en cicatrice qui colle à la saison ?




