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Middlesex remporte son premier titre en Women's One Day Cup

À Bristol, sous un ciel qui s’est lentement ouvert, Middlesex a décroché bien plus qu’un trophée. Le club a signé son premier titre en Metro Bank Women’s One Day Cup League Two, porté par une capitaine en état de grâce : Saskia Horley.

Horley, capitaine en feu

117 runs sur 86 balles. Treize limites. Une manche qui a changé le ton de la finale et, très vite, le destin de la journée.

Middlesex, envoyé à la batte, avait pourtant vacillé tôt. Artemis Downer, héroïne du précédent affrontement entre les deux équipes avec un 60* sans appel, avait démarré fort, quelques frappes nettes pour lancer le tempo, avant de céder à Anna-Mae Shearn, piégée au point. Un rappel brutal que ce ne serait pas une promenade.

Izzy Routledge et Pippa Sproul ont alors resserré le jeu. Un partenariat de 60 runs, fluide, précis, qui a remis Middlesex sur ses rails. Routledge finit par trouver les mains au mid-off sur une balle de Nicole Reid, et Sproul, solide 43 sur 67 balles, est stoppée en retour de Poppy Walker. Deux pertes qui, sur une autre journée, auraient pu briser l’élan.

Mais c’est là que la finale a basculé.

Horley entre, Finty Trussler la rejoint, et Glamorgan commence à s’effriter. Les Galloises lâchent des prises, ratent un stumping, offrent des secondes chances qu’on ne pardonne pas à ce niveau. Middlesex, lui, en profite avec une froideur clinique.

Horley et Trussler ajoutent 131 runs pour le quatrième guichet. Trussler, encore, 43 précieux, cette fois en soutien parfait de sa capitaine. Elle finit par être stumpée par Abbey Freeborn sur un envoi d’Eve Jackson, mais le mal est fait : la pression est écrasante, le score enfle.

Horley poursuit, domine, dicte le rythme. Sa manche s’arrête à 117, mais la cible est déjà massive. Middlesex ferme à 278-6 en 50 overs. Glamorgan, plombé par sa prestation défensive, sait qu’il faudra un quasi-sans-faute pour rester en vie.

Glamorgan craque sous la double menace

La réponse galloise démarre dans la nervosité. Dès le cinquième over, la capitaine Lauren Parfitt est bowled par Siya Nanavati pour 8. Un coup dur d’entrée, et un silence lourd autour de la finale espérée pour conclure leur aventure en deuxième division avant le passage au professionnalisme.

Daisy Jeanes, frappeuse explosive, tente de renverser la tendance, mais Routledge la trouve au mid-wicket. Glamorgan perd ses armes offensives trop tôt, et le doute s’installe.

Horley, déjà héroïne à la batte, prend alors la balle et enfonce le clou. Elle enlève Bethan Ellis, puis Megan Sturge. Glamorgan s’effondre à 72-4. Le tableau d’affichage raconte une histoire simple : Middlesex contrôle tout.

Seule éclaircie galloise, un partenariat de 72 runs entre Freeborn et Bethan Gammon. Freeborn, 43 runs, joue juste, temporise, tandis que Gammon s’accroche et construit la meilleure manche de son équipe. Pendant quelques overs, la poursuite semble respirer enfin.

Mais la marge est trop fine, le temps joue contre elles. Anaya Patel trouve la brèche et bowl Freeborn. L’espoir recule d’un cran.

Gamorgan, récent vainqueur de la League Two T20 Blast, rêve encore d’un doublé. Ce rêve ne survivra pas à l’entrée d’Hannah Davis. Deux wickets rapides, dont celui, capital, de Gammon, captée dans le deep après un combat de 58 runs. Avec elle, c’est la dernière vraie résistance qui s’en va.

Glamorgan est finalement renvoyé pour 211 en 44.5 overs. Battu de 67 runs. L’écart est net, la hiérarchie du jour incontestable.

Une finale dans tous les sens du terme

Les chiffres racontent une histoire limpide : 278-6 contre 211, une capitaine à 117 runs et 4-36, Davis à 3-36, Sproul et Trussler à 43 chacune. Mais la portée dépasse la simple feuille de match.

Pour Middlesex, c’est un premier titre dans cette compétition, conquis avec une équipe où nombre de joueuses jonglent encore avec un emploi en dehors du cricket. Un groupe qui, selon Horley, vit justement de cette solidarité forgée dans les contraintes, et qui a trouvé, à Bristol, son après-midi parfait.

Pour Glamorgan, c’était la dernière page d’un chapitre. La dernière rencontre en League Two avant de rejoindre le premier niveau professionnel. Le scénario rêvé – titre en T20, doublé en One Day Cup, sortie idéale – s’est brisé sur une journée où la batte de Middlesex et les mains galloises n’ont pas parlé le même langage.

La conclusion, elle, est presque symbolique : c’est encore Horley qui a le dernier mot, en faisant tomber Gemma Porter sur une prise de Trussler. La capitaine boucle sa finale, boucle sa saison, boucle même son histoire avec Middlesex, elle qui disputait là son dernier match pour le club.

Une sortie à la hauteur : un trophée dans les mains, une performance de référence, et une équipe qu’elle laisse lancée vers un avenir qu’elle espère professionnel. Pendant que Glamorgan, malgré la déception, monte en Tier One avec une base solide, une identité claire et la conviction d’avoir déjà le niveau pour y rivaliser.

La question, désormais, n’est plus de savoir si ces deux équipes peuvent exister plus haut. Elle est de savoir jusqu’où elles iront, maintenant que cette finale a posé la barre.