Mercato : Alvarez, Liverpool et Chelsea dans la tourmente
La dernière ligne droite du mercato s’embrase : Alvarez au cœur de la tempête, Liverpool frappe fort, Chelsea vacille
La fin du marché approche et les positions se durcissent. À Madrid, à Liverpool, à Londres, personne ne veut être le club qui se réveille trop tard. Les dossiers s’empilent, les ego aussi. Et certains feuilletons arrivent à l’heure du verdict.
Atlético–Barça : la porte claquée pour Julián Alvarez
À l’Atlético de Madrid, le cas Julián Alvarez a cessé d’être un simple dossier sportif pour devenir une question de principe. Le club a fixé une échéance : ce vendredi, l’avenir de l’Argentin doit être tranché. Pas un jour de plus.
Miguel Ángel Gil Marín, directeur général, a été catégorique : Alvarez ne sera « jamais, au grand jamais » vendu au FC Barcelona. Le message est clair, presque brutal. L’Atlético a même publié un communiqué de son conseil d’administration, réaffirmant son refus total de négocier avec le club catalan, accusé de ne pas avoir respecté les standards « professionnels, éthiques et respectueux » attendus sur le marché.
Le joueur, lui, est au milieu de la tourmente. Il aurait une préférence pour le Barça, mais on lui a signifié qu’il y avait « zéro pour cent de chances » que cela se produise. Résultat : deux jours d’entraînement manqués, une apparition sous les sifflets en sortie de banc lors du nul contre Villarreal, puis une absence en milieu de semaine officiellement justifiée par une « maladie ». L’atmosphère est lourde.
Pendant que la piste Barcelone est morte et enterrée, une autre reste bien vivante : Arsenal. Les Gunners en ont fait leur cible numéro un et scrutent chaque mouvement. Si une brèche s’ouvre, ils tenteront le coup dans les dernières heures. Mais l’Atlético veut du temps pour lui trouver un remplaçant. D’où ce fameux ultimatum de vendredi.
Liverpool sort le chéquier et prépare un grand ménage offensif
À Liverpool, la stratégie est moins émotionnelle, mais tout aussi agressive. Les Reds ont trouvé un accord avec le Paris Saint-Germain pour Bradley Barcola : 100 millions de livres, plus 20 millions en bonus potentiels. Le PSG a fini par baisser ses exigences, et Liverpool a foncé.
Barcola n’est pourtant qu’une pièce d’un puzzle plus large. Le club veut encore recruter Ismaila Sarr à Crystal Palace. Une première offre d’environ 50 millions de livres a été repoussée, mais Liverpool n’a pas abandonné. L’entraîneur Andoni Iraola vise trois renforts avant la fermeture du marché, dont deux ailiers. L’un sera Barcola, l’autre pourrait bien être Sarr.
Cette offensive a un prix sportif : l’avenir de Cody Gakpo se trouble. Tottenham le suit de près, Manchester City aussi. Roberto De Zerbi, à la tête de Spurs, pousse pour l’attirer malgré un été déjà au-delà des 300 millions de livres dépensés. Interrogé sur l’avenir de Gakpo, Iraola a refusé de donner la moindre garantie : « Quand le marché est ouvert, on ne peut rien promettre à propos de qui que ce soit. » Une phrase qui en dit long.
Dans le même temps, Harvey Elliott, de retour d’un prêt décevant à Aston Villa, pourrait repartir. Lazio et Napoli s’intéressent au milieu anglais. Rien n’est bouclé, mais là encore, la porte n’est pas fermée.
Chelsea prête à sacrifier Enzo Fernandez, Martinez en approche
À l’ouest de Londres, Chelsea prépare peut-être l’un des mouvements les plus retentissants de cette fin de mercato. Le club est disposé à vendre Enzo Fernandez… au bon prix. Manchester City est à l’affût et discute pour recruter le milieu argentin.
En parallèle, Chelsea a déjà avancé sur un autre front : un accord à 7,5 millions de livres avec Aston Villa pour le gardien Emiliano Martinez. Les erreurs coûteuses de Robert Sanchez lors de la victoire 3-2 à Fulham ont accéléré la réflexion. Le club veut de la sécurité dans les buts, et vite.
Enzo, lui, n’était même pas dans le groupe pour la victoire en Carabao Cup contre Luton jeudi. Un signe lourd de sens. Si le champion du monde s’en va, Chelsea pourrait se tourner vers Bournemouth et Alex Scott pour combler le vide. Un jeu de chaises musicales qui dépend désormais de la capacité de City à aligner la bonne offre.
Rashford, Zirkzee, Nelson : les destins croisés de Manchester et Arsenal
Du côté de Manchester United, Marcus Rashford se trouve à un carrefour. Prêté à Barcelona la saison dernière, il commence à retrouver une place dans le groupe : entrée en jeu lors de la défaite 2-0 à Hull, soutien affiché de Michael Carrick. Tout laisse penser à une réintégration progressive.
Mais le marché reste ouvert. Et tant que le rideau n’est pas tombé, rien n’est figé. En Turquie, Fenerbahce se positionne. Le président Cihan Kamer souhaiterait discuter avec l’attaquant anglais, dans la perspective de la Ligue des champions. Une tentative tardive, mais ambitieuse.
Joshua Zirkzee, lui, est plus proche de la sortie. L’attaquant néerlandais est relégué dans la hiérarchie à Old Trafford et sait que son temps de jeu sera limité sous Carrick. La Fiorentina est « en négociations » pour un prêt payant estimé à 4,2 millions de livres, avec option d’achat l’été prochain. Un deal qui offrirait à Zirkzee un vrai rôle et à United une porte de sortie ordonnée.
À Londres, Arsenal a déjà tourné une page. Reiss Nelson quitte officiellement le club après une résiliation de contrat à l’amiable. Dix-huit ans passés chez les Gunners, 90 apparitions en équipe première, huit buts, neuf passes décisives, une FA Cup en 2020, deux Community Shield (2017, 2020). Formé au club, prêté à Hoffenheim, Feyenoord, Fulham puis Brentford, il part libre, remercié chaleureusement par Arsenal. Une histoire de fidélité qui s’achève discrètement, pendant que le club s’active sur le dossier Alvarez.
Brighton calme, mais à l’affût
À Brighton, Fabian Hürzeler adopte un ton plus posé. L’entraîneur se dit « vraiment content » de son effectif actuel. Les blessures compliquent un peu la donne, mais il insiste : son rôle est de trouver des solutions, pas de se plaindre.
Sur la profondeur de banc, il se dit globalement satisfait. Il laisse tout de même la porte entrouverte : dans les prochains jours, tout peut arriver, à condition que le profil colle au caractère, à la personnalité et au style de jeu du club. Brighton ne fera pas du volume, seulement du ciblé.
Entre ultimatums madrilènes, paris géants de Liverpool, incertitudes autour d’Enzo Fernandez et mouvements de fond à Manchester et Arsenal, cette fin de mercato ne ressemble pas à une simple formalité administrative. Elle ressemble à une bascule.
Dans quelques jours, on saura qui a pris le bon risque… et qui aura laissé filer la pièce maîtresse de sa saison.




