logo

Manchester United : Carrick sous pression face à Conte

Le téléphone d’Antonio Conte ne sonne pas encore, mais toute l’Italie jure qu’il est posé à portée de main, son écran braqué vers Manchester. L’ancien coach de Napoli, libre depuis la fin de la saison dernière, verrait d’un très bon œil un appel venu d’Old Trafford. Et de l’autre côté des Alpes, on commence à se convaincre que ce scénario pourrait rapidement devenir réalité.

Pendant ce temps, Michael Carrick, lui, continue de s’asseoir sur le banc de Manchester United avec la même conviction affichée depuis son arrivée. Officiellement, son poste n’est pas en danger. Officieusement, les rumeurs s’empilent.

De sauveur à sujet de débat

Quand Carrick a pris les commandes après le limogeage de Ruben Amorim, Old Trafford respirait à nouveau. L’équipe, jusque-là en deçà, s’est redressée, a décroché une qualification en Ligue des champions et une troisième place en Premier League sans trembler. Dans ce contexte, la décision des copropriétaires d’INEOS de lui offrir un contrat de deux ans semblait logique, presque naturelle.

Le club a pourtant pris le temps de passer en revue d’autres profils avant d’acter l’officialisation. Carrick, 44 ans, représentait la continuité, la stabilité, une forme de pari raisonné.

Quelques mois plus tard, l’ambiance a changé. Les résultats, eux, ne suivent plus. Un ancien joueur du club est même allé jusqu’à douter publiquement que Carrick atteigne le mercato de janvier au vu du niveau affiché par l’équipe. Le doute s’est installé. Pas encore dans les bureaux d’Old Trafford, mais autour. Et ça suffit pour alimenter un feuilleton.

Conte, le serial winner qui attend le bon coup

En Italie, ce feuilleton a déjà un héros annoncé : Antonio Conte. Un premier article a révélé que les dirigeants de Manchester United étudiaient sérieusement son profil comme possible futur entraîneur. Dans un second temps, le Corriere dello Sport a enfoncé le clou : le technicien italien serait « en attente d’un appel » venu de Manchester.

Conte, 57 ans, a faim. Il veut revenir vite, mais pas n’importe où. Il a déjà refusé un retour à la tête de la sélection italienne. Il a aussi décliné une approche de Fenerbahce. Il ne cherche pas un banc. Il cherche le bon banc.

Old Trafford coche beaucoup de cases pour lui. Prestige, projet à reconstruire, effectif à fort potentiel, exposition maximale. Ce n’est pas la première fois que son nom circule pour ce poste, mais cette fois, la concurrence se précise : Juventus envisage également de le rappeler à l’Allianz Stadium. Deux géants, un coach libre, et une impression que la prochaine décision de Conte pourrait rebattre les cartes en Europe.

Son bilan parle pour lui : 703 matchs dirigés, un pourcentage de victoires de 58,04 %, six titres de champion. Installer un tel profil au cœur du projet de Manchester United, ce serait envoyer un message clair : le club veut revenir tout en haut, tout de suite.

Old Trafford temporise : Carrick est maintenu

Pourtant, à l’intérieur du club, le discours est radicalement différent. Malgré un début de saison poussif et seulement quatre points pris sur les quatre premiers matchs de Premier League, Manchester United ne remet pas en question l’avenir immédiat de Michael Carrick.

Les dirigeants s’y attendaient : avec un milieu largement remodelé cet été, le temps d’adaptation faisait partie du plan. Les automatismes ne se créent pas en quelques semaines. Le club assume ce choix.

Le journaliste Fabrizio Romano l’a confirmé après la défaite frustrante 1-0 à Old Trafford face à un Manchester City réduit à dix : la confiance reste intacte. Selon lui, Manchester United demeure « absolument convaincu » que l’avenir sera lumineux avec Carrick. Le club estime avoir peut-être manqué un renfort au poste de latéral gauche lors du mercato, mais refuse l’idée d’avoir recruté pour recruter. Mieux valait s’abstenir que se tromper de profil.

Carrick, de son côté, ne joue pas la comédie. Le discours qu’il tient en conférence de presse – sa foi dans ce groupe, sa certitude que l’équipe va monter en puissance dans les semaines et les mois à venir, surtout après la trêve – est le même que celui qu’il adresse en interne. Il ne vacille pas. Pas encore.

Une saison sous haute tension

Le paradoxe est là, criant. D’un côté, un club qui martèle qu’il maintient « une totale confiance » en son entraîneur, malgré un démarrage décevant. De l’autre, un marché des entraîneurs où un candidat du calibre d’Antonio Conte attend, disponible, prêt à se jeter sur le premier projet à la hauteur de ses ambitions.

Pour l’instant, Manchester United ne bouge pas. Carrick continue, soutenu par sa direction, convaincu qu’il peut retourner le scénario. Mais dans un environnement aussi impitoyable que celui d’Old Trafford, chaque match, chaque point perdu, chaque faux pas risque de peser double.

Conte, lui, peut se permettre d’attendre. La question n’est plus de savoir s’il reviendra bientôt sur un banc de premier plan. La vraie question est simple, brutale : quand le téléphone sonnera, sera-ce Manchester United ou Juventus au bout du fil ?