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Mamadou Camara s’impose à Monaco après un transfert avorté

À Monaco, Camara s’impose et fait oublier Chelsea

À quelques heures de la fermeture du mercato estival, tout semblait ficelé. Chelsea tenait enfin le remplaçant d’Enzo Fernández : Mamadou Camara, 22 ans, ciblé comme priorité absolue et arraché en théorie à Monaco pour 47 millions de livres. Xabi Alonso l’attendait à Londres, les dirigeants avaient donné leur feu vert, le puzzle paraissait complet.

Puis tout a volé en éclats.

Monaco a brutalement coupé les négociations au tout dernier moment. Rideau. Pas de vol pour Londres, pas de présentation à Stamford Bridge. Le club de l’ouest londonien se retrouvait à nu dans l’entrejeu, et le jeune Sénégalais restait, presque par défaut, en Principauté.

Sauf qu’un transfert avorté peut parfois faire naître un cadre.

D’un transfert manqué à un titulaire indiscutable

Depuis ce retournement de situation, Camara n’a pas traîné pour imposer sa loi au cœur du jeu monégasque. Titulaire indiscutable, il a disputé chaque minute des premières rencontres de l’Europa Conference League, avec un but dans un succès spectaculaire 3-2 contre Gornik Zabrze. En Ligue 1, même constat : présent à chaque match, cinq sur cinq, pour porter Monaco au sommet du classement.

Son volume, son agressivité contrôlée, sa capacité à se projeter ont rapidement fait oublier la frustration d’un été inachevé. Dans un effectif lancé à pleine vitesse, il est devenu l’un des moteurs.

Et dans le vestiaire, certains n’ont pas caché leur soulagement de le voir rester.

Zakaria, témoin privilégié et conseiller avisé

Après une victoire solide contre Lens, son partenaire de l’entrejeu Denis Zakaria a livré le fond de sa pensée. Lui connaît intimement Chelsea, pour y avoir vécu un prêt compliqué. Il n’a pas hésité à parler franchement à Camara au moment où Londres frappait à la porte.

« Chelsea ? Je lui ai dit que c’était bien mais que c’est mieux ici », a confié le Suisse aux médias. Pas de langue de bois, juste l’expérience d’un joueur qui sait ce que représente un tel saut. Il insiste sur le professionnalisme de son coéquipier, convaincu que cette saga avortée lui a donné « encore plus de force ». Sur le terrain, ce jour-là, Camara l’a confirmé : « Il a été incroyable », glisse Zakaria.

Le message est clair : certains transferts font rêver, mais tous ne sont pas forcément une promotion sportive immédiate. À Monaco, Camara joue, progresse, brille. À Chelsea, rien ne lui aurait été garanti.

Camara tourne la page… sans fermer la porte

De son côté, le principal intéressé refuse de s’apitoyer. Avant un récent nul contre Strasbourg, le milieu a posé un regard lucide sur cet été mouvementé. Il reconnaît qu’un départ était bien sur la table. Il reconnaît aussi que tout s’est effondré « à la dernière minute ». Mais il ne s’y accroche pas.

Pour lui, c’est « une partie du football ». La page est tournée, assure-t-il. Il se concentre sur la saison, persuadé de pouvoir « beaucoup aider l’équipe ». Le discours est calme, presque clinique : le football va vite, d’autres opportunités viendront peut-être. Pour l’instant, il n’y a qu’un objectif, Monaco.

Cette maturité tranche avec son âge. Elle explique aussi pourquoi, à peine la fenêtre refermée, les regards n’ont pas cessé de converger vers lui.

Chelsea revient à la charge, Liverpool entre dans la danse

Car à Londres, le dossier n’a pas été rangé au fond d’un tiroir. Chelsea n’a toujours pas remplacé Enzo Fernández dans l’axe. Le besoin demeure, l’idée aussi. Le spécialiste du mercato Gianluca Di Marzio l’a confirmé : les Blues n’ont pas l’intention d’abandonner la piste Camara.

Selon lui, tout a basculé pour le joueur « à la dernière minute » lors du mercato précédent, et le club anglais reviendra à la charge en janvier. Le plan est simple : combler ce vide au milieu, relancer la reconstruction voulue par Xabi Alonso et miser sur un joueur déjà ciblé, déjà validé.

Mais cette fois, Chelsea ne sera pas seul.

Liverpool suit désormais de près la situation. Le club de la Mersey garde un œil sur l’avenir contractuel d’Alexis Mac Allister et envisage de renforcer son milieu avant l’été prochain. Camara figure dans ce tableau. Profil moderne, déjà rodé à l’intensité européenne, valeur montante de Ligue 1 : les ingrédients sont là pour attiser l’intérêt d’un candidat au titre en Premier League.

Monaco en position de force

À Monaco, on se prépare à un hiver agité. Les dirigeants savent ce qui les attend : des offres, des appels, des discussions serrées. Le club est en tête de Ligue 1, l’équipe tourne, et chaque prestation solide de Camara ajoute quelques millions à son prix.

Le contexte joue pour eux. Un joueur sous les projecteurs, deux géants anglais en quête de renforts, une Ligue 1 qui sert de vitrine idéale : tout pousse la valeur du Sénégalais vers le haut. Monaco n’a aucune raison de brader un élément devenu central dans son dispositif.

Reste une inconnue, la plus importante : la tête du joueur.

Camara devra garder le même calme que ces dernières semaines. Continuer à enchaîner les matches, à dicter le tempo, à faire oublier ce qui aurait pu se passer. Les rumeurs enfleront, les appels se multiplieront, les unes s’enchaîneront. À lui de rester ce qu’il est devenu en quelques mois : un milieu qui compte, plus seulement une cible de mercato.

En janvier, Chelsea et Liverpool pourraient bien se retrouver face à face pour lui. Mais d’ici là, c’est en rouge et blanc, sur la pelouse de Ligue 1, que Camara écrit sa valeur.