Madring : Lando Norris décroche la pole au Grand Prix d’Espagne
Le Madring a enfin montré les dents, et Lando Norris a été le seul à vraiment les apprivoiser. Dans un dernier tour incandescent, le pilote McLaren a arraché la pole du tout premier Grand Prix d’Espagne sur ce nouveau tracé, devant Kimi Antonelli et Max Verstappen, au terme d’une Q3 étouffante.
Le champion du monde en titre avait pourtant cru avoir fait le plus dur. Avec un 1’31’’824, Verstappen avait placé la barre très haut, domptant ce circuit encore vierge d’histoire pour signer ce qui semblait être sa 19e pole. Mais la Madring ne pardonne pas les certitudes. Norris a tout mis sur la table dans les dernières secondes, et tout a tenu. Troisième pole de la saison pour le Britannique, au panache.
Derrière, Mercedes place Antonelli en première ligne, Verstappen en troisième position, et Lewis Hamilton seulement quatrième après avoir longtemps caressé l’idée d’un coup de maître.
Q1 : Mercedes frappe fort, l’hécatombe pour les Espagnols
Le décor était déjà tendu avant même que la Q1 ne s’élance. Trois drapeaux rouges en essais libres, des murs proches, un trafic redouté, et deux voitures hors-jeu avant le départ : la Haas d’Ollie Bearman, trop endommagée après son crash en FP3, et l’Aston Martin de Lance Stroll, clouée au garage par un souci de pression d’eau suspecté.
Dès que le feu est passé au vert, le peloton s’est engouffré en piste, emmené par les Cadillac de Sergio Perez et Valtteri Bottas. Pas de tour d’observation : tout le monde savait que le temps comptait.
Kimi Antonelli a donné le ton le premier parmi les favoris, en 1’33’’566 avec les pneus tendres. De quoi s’installer en tête… jusqu’à ce que Max Verstappen, en gommes médiums, se glisse à seulement 0’’178, puis que la hiérarchie se bouscule encore. Audi confirme sa bonne forme des essais : Gabriel Bortoleto se cale un temps en troisième position avant d’être repoussé quand Lando Norris et Liam Lawson haussent le rythme. Lawson, lui, s’offre même le meilleur temps provisoire.
Antonelli tente de reprendre la main, mais verrouille un frein, coupe son tour et évite de peu le mur. Verstappen améliore, Charles Leclerc aussi, Hamilton se met dans le coup, mais personne ne déloge Lawson.
Moment de frisson pour George Russell : il effleure le mur, dans une copie conforme de l’erreur d’Alex Albon en FP3. La Mercedes semble tenir le choc, et son tour suffit pour l’installer en position confortable pour la Q2. À l’autre bout du classement, le tableau est bien plus sombre : Fernando Alonso, Sainz, Perez, Bottas et Albon sont menacés, tandis que Bearman et Stroll n’ont toujours pas posé une roue en piste.
Albon parvient à se sortir de la zone rouge. Les tribunes, elles, se figent : ce sauvetage condamne les deux Espagnols. Carlos Sainz et Fernando Alonso sont éliminés dès la Q1, à domicile, sous les sifflets et les grimaces d’un public médusé. Pour ne rien arranger, Sainz est noté pour avoir gêné Bottas, une situation qui sera étudiée plus tard.
Russell, insatisfait, repart à l’attaque. Bien lui en prend : il claque un 1’33’’211, meilleur temps de la Q1, devant Antonelli, Lawson et Verstappen. L’onde de choc, elle, reste pour l’Espagne.
Éliminés en Q1 : Sainz, Alonso, Perez, Bottas, Bearman, Stroll.
Q2 : Verstappen impose le rythme, Audi bute sur la porte du top 10
Ils ne sont plus que 16 pour la Q2, et le scénario se répète : Antonelli ouvre la voie. L’Italien signe un 1’32’’603, solide référence. Mais Red Bull ne tarde pas à répondre. Verstappen trouve 0’’046 de mieux, s’empare de la première place, Lawson se glisse en quatrième et maintient l’écurie dans la lutte pour les premières lignes.
Pendant ce temps, deux absents sur les écrans de chronométrage : Pierre Gasly et Franco Colapinto. L’Argentin tente un premier tour, mais un gros travers à La Monumental l’oblige à lever le pied et à rentrer aux stands.
Ils ressortent tous les deux dans les quatre dernières minutes, au moment où le paddock s’accorde sur une chose : au Madring, la position sur la grille vaudra de l’or. Dans la zone d’élimination, on retrouve Bortoleto, Yuki Tsunoda, Esteban Ocon, Albon, et donc Colapinto et Gasly.
Le dernier run devient une véritable loterie sous haute pression. Les secteurs s’allument en violet, les temps tombent, et Colapinto sort un tour de haute volée pour accrocher la septième place. La joie est beaucoup plus mesurée chez Audi : Nico Hulkenberg et Bortoleto échouent tous les deux aux portes de la Q3.
Ocon reste coincé en dehors du top 10, Gasly se plaint d’un manque d’adhérence et quitte la séance “triste”, Tsunoda et Albon subissent le même sort. À l’inverse, Arvid Lindblad et Oscar Piastri se faufilent de justesse en Q3… avec exactement le même chrono. Verstappen, lui, conserve le meilleur temps de la Q2.
Éliminés en Q2 : Hulkenberg, Bortoleto, Ocon, Gasly, Tsunoda, Albon.
Q3 : Norris sort le tour de sa vie
Place au dernier acte. Dix voitures, un circuit piégeux, et la sensation générale que le moindre drapeau jaune pourrait ruiner un tour. Personne ne traîne : dès l’ouverture, les pilotes se jettent en piste.
Antonelli dégaine encore le premier. Son chrono tient le coup… jusqu’au passage de Hamilton. Le septuple champion du monde, vexé par son crash en FP3, signe un 1’32’’079 qui le propulse en pole provisoire, devant les deux Mercedes au classement combiné. Le message est clair : il faudra se surpasser pour le déloger.
Après le premier run, la grille virtuelle se dessine : Hamilton devant Antonelli, Verstappen, Leclerc, puis les McLaren de Norris et Piastri, suivis par Lawson, Colapinto et Lindblad. Tout reste ouvert, mais la question brûle les lèvres : quelqu’un peut-il vraiment aller chercher Hamilton sur ce tour parfait ?
Antonelli, encore lui, lance la salve finale. Il améliore et s’empare de la première place. Hamilton, cette fois, ne trouve pas mieux. On croit alors à une pole pour le jeune Italien, symbole de la montée en puissance de Mercedes.
Puis Norris lâche tout.
Le Britannique enchaîne les virages avec une précision chirurgicale, frôle les murs sans les toucher, garde la voiture vivante mais sous contrôle. Quand il franchit la ligne, le chrono tombe : il devance Antonelli de 0’’011. Une marge ridicule, mais suffisante pour renverser la séance et s’offrir la pole. Verstappen, dans un dernier effort, améliore lui aussi et se glisse en troisième position, devant Hamilton et Leclerc.
Russell, en revanche, voit encore son début de saison contrarié. Il ne fait pas mieux que sixième, devant Piastri, Lawson, Colapinto et Lindblad, qui complètent le top 10 et s’installent en “meilleurs des autres” sur cette grille inaugurale du Madring.
Une grille tendue, un circuit impitoyable
Norris s’avance donc en tête pour ce premier Grand Prix d’Espagne version Madring, avec Antonelli à ses côtés et Verstappen juste derrière, prêt à bondir au départ. Hamilton et Leclerc guettent la moindre ouverture, Russell doit relancer sa campagne, et les Audi chercheront à capitaliser depuis le milieu de grille.
Les tribunes, elles, devront se trouver de nouveaux héros pour oublier la claque de la veille : ni Sainz ni Alonso ne seront aux avant-postes pour ce rendez-vous historique.
Le Madring a déjà brisé des illusions en qualifications. Dimanche, il dira qui est vraiment prêt à le dompter sur la durée.




