Madrid et la famille royale : retour de la Formule 1 après 45 ans
Madrid, cœur battant de la Formule 1, a retrouvé ce week-end un parfum qu’elle n’avait plus senti depuis 45 ans. Dans les tribunes, au-dessus du vacarme des monoplaces, trois silhouettes ont aimanté les regards : le roi Felipe, la princesse Leonor et l’infante Sofía.
Une première royale dans le paddock
À peine rentré des funérailles du roi Harald V de Norvège, Felipe a enchaîné avec l’un des rendez-vous sportifs les plus attendus de la saison. Cette fois, ce n’était pas une simple escapade privée : il est arrivé au nouveau circuit madrilène accompagné de ses deux filles, pour une sortie officielle qui avait tout d’un passage de témoin.
Pour Leonor, 20 ans, et Sofía, 19 ans, c’était une grande première. Première présence officielle sur un Grand Prix, première immersion dans un paddock de Formule 1, au moment même où le championnat retrouvait Madrid après près d’un demi-siècle d’absence. Le symbole était fort, l’instant soigneusement scruté.
La reine Letizia manquait à l’appel, mais cette absence a mis en lumière un autre tableau : celui d’un père détendu, complice, qui partage avec ses filles une passion ancienne pour le sport et les moteurs. Les sourires, les échanges, les gestes simples ont donné à cette apparition un ton inhabituellement décontracté pour une sortie institutionnelle.
Alonso, Sainz et une visite très commentée
Dans le paddock, la famille royale a pris la pose avec deux des géants du sport automobile espagnol : Fernando Alonso et Carlos Sainz. Deux noms qui suffisent à faire monter le volume des tribunes. La scène avait des airs de photo de famille élargie, entre légendes de la piste et héritières de la Couronne.
Mais le moment le plus marquant s’est joué à l’abri des regards du grand public, au cœur des garages. Felipe, Leonor et Sofía ont pénétré dans l’antre de la Formule 1 pour découvrir de près l’une des voitures les plus cruciales du plateau : la Safety Car Mercedes-AMG.
Guidés par les responsables du circuit, ils ont observé chaque détail du véhicule, écouté les explications sur la technologie embarquée, les performances, les protocoles de préparation. Une plongée dans la mécanique d’un sport où la sécurité se joue à la milliseconde, bien loin du simple folklore protocolaire.
Tout au long de la journée, le roi est resté très attentif à ses filles. Regards complices, commentaires murmurés au-dessus du vrombissement des moteurs, rires échangés entre deux passages en piste : l’instant avait des allures de parenthèse intime au cœur d’un événement historique pour Madrid.
Style maîtrisé, message assumé
Comme souvent dans ce type de sortie, le style vestimentaire a parlé presque autant que les gestes. Pour son baptême de paddock, la princesse des Asturies a choisi la sobriété élégante : un haut sans manches rose poudré, taille smockée, associé à un pantalon blanc ample taille haute. Une pochette assortie complétait une silhouette fraîche, parfaitement dans le ton d’un événement sportif chic.
Sofía a opté pour le blanc intégral : blouse à manches longues et décolleté en V, pantalon large, ceinture fine en cuir marron et pochette coordonnée pour casser le monochrome. Un look épuré, sûr, qui s’inscrit dans la continuité de ses apparitions publiques récentes.
Le roi, lui, a joué sa partition habituelle : veste beige, chemise bleu clair à col ouvert, pantalon bleu marine et lunettes de soleil sombres. Un mélange calculé de décontraction et de rigueur, idéal pour naviguer entre garages, paddock et tribunes VIP.
La Maison royale avait d’ailleurs donné le ton avant même le départ du Grand Prix, en officialisant la présence du trio. Les communiqués insistaient sur le caractère institutionnel de la visite, rappelant que le roi serait accompagné de la princesse des Asturies et de l’infante Sofía pour assister au Grand Prix d’Espagne sur le nouveau circuit madrilène. Rien d’improvisé, donc. Un geste assumé vers un sport qui pèse lourd dans l’imaginaire collectif.
Cette sortie intervient juste avant un tournant plus studieux. Leonor vient de commencer des études de sciences politiques à l’Université Carlos III de Madrid. Sofía, elle, s’apprête à repartir en France pour sa deuxième année d’études supérieures, cette fois sur le campus parisien de Forward College. Le Grand Prix de Madrid avait des airs de dernière parenthèse sportive avant le retour aux amphithéâtres.
Madrid retrouve la F1, la famille royale s’affiche
Le décor, lui, était à la hauteur de l’événement. Le nouveau circuit semi-urbain de Madring a offert à la capitale un retour attendu de la Formule 1, 45 ans après la dernière course organisée à Jarama en 1981, remportée par Gilles Villeneuve. Un tracé de 5,4 kilomètres, une courbe déjà mythique – « La Monumental » – et une ferveur populaire qui n’a pas tardé à monter.
Les supporters espagnols ont répondu présent, galvanisés par la présence de Fernando Alonso et du Madrilène Carlos Sainz. Pour ce dernier, le week-end avait pourtant mal tourné dès les qualifications. Sans détour, il a reconnu une séance « très mauvaise ». Une frustration qui tranchait avec l’enthousiasme des tribunes et la solennité de la tribune royale.
La présence du roi et de ses filles a ajouté une couche de symbolique à ce retour de la F1 dans la capitale. Madrid ne se contentait pas de récupérer une manche du calendrier : elle s’offrait une vitrine internationale, avec la famille royale en première ligne.
Une passion sportive qui ne date pas d’hier
Si Leonor et Sofía semblaient parfaitement à l’aise dans cet univers de moteurs et de chronos, ce n’est pas un hasard. Le sport occupe depuis longtemps une place centrale dans leur agenda public. Elles ont grandi au rythme des grandes victoires espagnoles, toujours prêtes à célébrer les exploits des athlètes du pays.
On les a vues fêter le titre mondial de l’Espagne en 2026, trophée en main aux côtés des joueurs, comme elles l’avaient déjà fait, enfants, en 2010 à Zarzuela après le sacre en Afrique du Sud. À l’époque, Leonor avait quatre ans, Sofía trois, et elles tentaient de soulever la Coupe du monde sous le regard amusé d’Iker Casillas. Une image restée dans les mémoires, rejouée après l’Euro 2012.
Avec les années, leur rôle a changé, mais pas leur enthousiasme. En 2022, elles ont pris la direction de Brentford pour l’Euro féminin, premier déplacement officiel à l’étranger sans leurs parents, pour soutenir la sélection espagnole. En 2023, Sofía était sur la pelouse de Sydney, au cœur de la célébration du titre mondial historique de la sélection féminine.
Les Jeux olympiques de Paris 2024 ont confirmé cette proximité avec le sport de haut niveau. Dans les tribunes, elles ont soutenu les grandes figures espagnoles, dont Rafael Nadal et Carlos Alcaraz, symbole d’une nouvelle ère pour le tennis du pays.
Cette passion ne se limite pas à quelques apparitions symboliques. Lors des Prix Princesse de Gérone 2026, les organisateurs ont même avancé l’horaire de la cérémonie afin que la famille royale puisse suivre un match capital de l’Espagne avant la finale de Coupe du monde. Un ajustement qui en dit long sur le poids du football – et du sport en général – dans l’agenda royal.
Des stades aux circuits, une même ligne
Des tribunes de football aux gradins olympiques, des podiums de trophées aux stands de Formule 1, Leonor et Sofía sont devenues des visages familiers des grands rendez-vous sportifs espagnols. Une constance qui s’inscrit dans la lignée de leur père.
Felipe avait déjà affiché son intérêt pour les sports mécaniques en assistant, en mars, à la course de Formula E organisée à Jarama. À Madring, il a franchi une étape supplémentaire en partageant cette passion au grand jour avec ses filles, au milieu d’un week-end que Madrid attendait depuis 45 ans.
La F1 a retrouvé la capitale. La famille royale, elle, a rappelé qu’elle entendait rester au cœur des grandes scènes sportives du pays. La prochaine fois, ce sera dans un stade, une arène olympique ou un autre circuit ?




