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Madison Keys triomphe sous la pluie à l'US Open

Sous une pluie battante qui a paralysé une bonne partie du programme à New York, Madison Keys n’a pas eu à attendre. À l’abri sous le toit de l’Arthur Ashe Stadium, l’Américaine a profité de ce privilège pour boucler proprement son entrée en lice à l’US Open : 7-5, 6-4 contre la jeune Alina Korneeva, et un billet tranquille pour le deuxième tour.

Pendant que les autres patientaient dans les vestiaires, guettaient les annonces et regardaient le ciel, Keys avait le court, le rythme et le silence. Elle en a fait bon usage. Match sans éclat spectaculaire, mais match solide, maîtrisé, presque thérapeutique pour une joueuse qui reste marquée par sa sortie de route dès le premier tour l’an dernier face à Renata Zarazúa, alors 82e mondiale.

Quinze US Open et une vie entière sur le circuit

Cette édition a une saveur particulière pour la finaliste de 2017 : c’est son 15e US Open. Quinze participations pour une joueuse de 31 ans qui a signé son premier contrat professionnel le jour de ses 14 ans, en février 2009. La championne de l’Open d’Australie 2025 a passé ces derniers jours à mesurer ce que cela signifie : elle a désormais passé plus de la moitié de sa vie à exercer ce métier.

Elle en rit, elle le dit elle-même, mais derrière le sourire se lit une forme de vertige. Elle a grandi sur le circuit, changé de jeu, changé de corps, changé de regard sur son sport, sans jamais vraiment changer de décor. Même tournoi, mêmes vestiaires, mêmes routines. Et cette fois encore, elle se retrouve à gérer la même tension d’avant-premier tour.

Keys décrit ce que tout le monde ressent mais que peu assument : une nervosité presque palpable dans les couloirs. Les raquettes qui glissent un peu plus dans les mains, les éclats de voix qui se multiplient, les regards fuyants. Une anxiété collective qui se nourrit d’elle-même, chacun absorbant le stress de l’autre. L’Américaine l’a déjà payé cher ici. Cette fois, elle a serré le jeu, tenu ses engagements, géré les moments chauds contre Korneeva et tourné la page de 2023 avec un sérieux presque clinique.

Rybakina avance et lorgne la place de numéro 1

Sur un autre court, Elena Rybakina a envoyé un message très clair au classement mondial. La Kazakhe a dominé la jeune wildcard américaine de 17 ans, Thea Frodin, 6-3, 6-2, sans s’attarder ni laisser planer le moindre doute sur son état physique.

Rybakina sort pourtant d’une alerte inquiétante : une blessure au pied à Cincinnati, qui l’avait contrainte à abandonner en quart de finale face à Iga Swiatek. À New York, aucune trace visible de gêne. Appuis stables, frappes lourdes, gestion froide d’une adversaire encore verte à ce niveau. Un match de reprise idéal, sans frayeur, qui la propulse au deuxième tour et la maintient dans la course à la place de numéro 1 mondiale.

Les chiffres sont simples, la mission beaucoup moins. Rybakina occupe déjà la première place des classements en direct. Elle deviendra officiellement numéro 1 pour la première fois de sa carrière si elle atteint au minimum les demi-finales, à condition qu’Aryna Sabalenka, Jessica Pegula et Coco Gauff laissent le trophée à une autre. L’équation est claire, mais la moindre défaillance peut tout faire basculer. Pour l’instant, elle avance, méthodique, sans regarder trop loin.

Cobolli, du bord du gouffre au renversement total

Dans le tableau masculin, la journée a offert un autre type de récit, beaucoup plus chaotique. Flavio Cobolli, tête de série numéro 5 et finaliste du dernier Roland-Garros, a flirté avec la sortie de route avant de signer l’un des plus beaux retournements de situation de sa jeune carrière.

Mené deux manches à rien par Francisco Comesaña, l’Italien semblait filer droit vers une élimination précoce. 3-6, 2-6, le score parlait pour lui : en retard dans l’échange, bousculé, sans véritable prise sur le match. Puis le match a basculé. Cobolli a resserré son jeu, trouvé davantage de longueur, imposé son intensité. Point après point, il a grignoté l’avance de l’Argentin.

Le troisième set, remporté 6-3, a servi de déclic. Le quatrième, conclu 6-4, a confirmé le changement de dynamique. Le cinquième a scellé la rébellion, sur le même score de 6-4. Trois sets d’affilée, un marathon mental et physique, et une qualification arrachée presque à la volonté pure.

Sous le toit de l’Arthur Ashe comme sur les courts annexes détrempés, cette première journée a déjà rappelé une vérité simple : à New York, on ne survit pas seulement avec du talent. Il faut aussi apprivoiser la pluie, le bruit, la peur de tomber dès le début. Ceux qui y parviendront encore cette semaine auront peut-être leur mot à dire quand les lumières s’allumeront pour les derniers tours.