Liverpool et l'option d'achat pour Araujo : une opportunité à 55 M€
Liverpool dispose bien d’une option d’achat pour Ronald Araujo. Et pas n’importe laquelle : 55 M€ pour un défenseur que Barcelone valorisait encore autour de 100 M€ il n’y a pas si longtemps. Sur le marché actuel, c’est presque une anomalie.
L’information a été clarifiée par Fabrizio Romano, qui a rectifié sa première version des faits. Le spécialiste mercato avait d’abord expliqué que le prêt du défenseur uruguayen depuis Barcelone ne comportait pas d’option d’achat. Il admet aujourd’hui s’être trompé : la clause existe, elle est fixée à 55 M€, et Liverpool connaît précisément les conditions pour conserver le joueur au-delà de son prêt à Anfield.
Autrement dit, si les dirigeants des Reds veulent faire d’Araujo une pièce durable de leur charnière, tout est déjà écrit dans le contrat.
De 100 M€ à 55 M€ : la chute contrôlée d’une cote
Le cas Araujo n’est pas celui d’un pari exotique dégainé en urgence fin août. Liverpool le suit depuis longtemps. À Barcelone, son statut a fluctué, mais sa cote a, un temps, explosé : le club catalan n’envisageait de discuter qu’à partir d’environ 100 M€, avec un Bayern Munich alors présenté comme le principal prétendant.
Le transfert XXL n’est jamais arrivé. Le contexte financier du Barça, la concurrence interne, quelques blessures et des performances moins dominantes qu’espéré ont progressivement ouvert la porte à un départ. Mais le profil, lui, n’a pas changé : un défenseur de haut niveau, athlétique, agressif, capable de tenir une ligne très haute.
Pour Liverpool, se retrouver avec une option à 55 M€ sur un joueur qui, à son pic de valeur, flirtait avec les 85,5 M£, relève presque de l’opportunité de marché. Surtout dans une fenêtre de transferts où cette somme ne garantit plus grand-chose pour un défenseur de ce calibre.
Un début de vie à Anfield déjà très solide
Les premiers pas d’Araujo sous le maillot de Liverpool confirment cette impression de bon coup. Le défenseur a débuté trois des cinq premiers matches des Reds toutes compétitions confondues, ne manquant que deux rencontres. Utilisé principalement côté droit, il a dû sortir de sa zone de confort.
Cela s’est vu contre Fulham, dans ce 0-0 où l’Uruguayen a parfois semblé hésitant au poste de latéral droit, moins à l’aise dans les grands espaces et les projections offensives régulières. Mais cette prestation un peu poussive ne raconte pas tout.
Le reste de ses apparitions parle en sa faveur. Quand il a dû glisser à droite, il l’a fait sans s’écrouler, avec une rigueur défensive qui a vite rassuré. Et dès qu’il a pu se rapprocher de l’axe, on a retrouvé ce qu’il sait faire de mieux : défendre en avançant, gagner ses duels, imposer un tempo physique que peu d’attaquants aiment affronter.
Les chiffres donnent un premier éclairage : dans les matches qu’il a commencés (tous au poste de latéral droit), Araujo affiche une note moyenne de 7,16/10 selon FotMob. C’est mieux que Jeremie Frimpong, crédité de 6,9/10 sur ses deux titularisations cette saison 2026/27. L’échantillon est mince, bien sûr, mais l’impact est réel.
Une exception dans l’histoire récente des prêts à Liverpool
Cette impression de solidité tranche avec l’historique récent du club en matière de prêts. Anfield n’a pas souvent été le théâtre de prêts transformés en histoires marquantes ces dernières années. Pour trouver un joueur arrivé temporairement et ayant laissé une empreinte forte, il faut remonter loin.
Les noms qui reviennent sont ceux de Javier Mascherano en 2006/07 ou de Nicolas Anelka en 2001/02. Deux cas à part, deux joueurs dont le passage, même court, a marqué les supporters et influencé des décisions sportives majeures.
Depuis, les prêts se sont enchaînés sans laisser de trace durable. Araujo, lui, est en train de casser ce schéma. En quelques matches seulement, il a apporté une stabilité, une présence et une marge de progression qui donnent un vrai sens à cette option d’achat.
Une décision à 55 M€ qui peut redessiner la défense
Le débat est déjà lancé : faut-il lever l’option ? Les prudents rappelleront qu’il est encore tôt, que l’adaptation à la Premier League se mesure sur une saison entière, pas sur un mois. Ils auront raison sur un point : Liverpool ne doit pas se précipiter.
Mais le club connaît désormais le cadre exact du deal. Il sait que pour 55 M€, il peut sécuriser un défenseur de 27 ans, déjà intégré au vestiaire, capable de couvrir deux postes et dont la valeur marchande pourrait, à nouveau, grimper s’il s’impose comme titulaire dans l’axe aux côtés de Virgil van Dijk ou en relais de Jeremy Jacquet.
Dans un marché où 85,5 M£ suffisent parfois à peine pour recruter un joueur évalué à 47 M£ quelques années plus tôt, verrouiller Araujo à ce prix ressemble à un pari mesuré, presque rationnel.
La balle est désormais dans le camp de Liverpool. Prolonger l’histoire naissante avec Ronald Araujo ou laisser filer un défenseur que l’Europe entière regardait naguère comme l’un des plus prometteurs de sa génération : combien de temps les Reds peuvent-ils vraiment hésiter ?




