logo

Lens renverse Slavia Prague en Ligue des Champions

On a longtemps cru que le retour de RC Lens en UEFA Champions League tournerait au cauchemar. Une soirée d’ouverture à frôler la honte, un scénario à s’arracher les cheveux, et puis, d’un coup, le renversement total. En trois minutes de folie, les Sang et Or ont tout retourné à la Fortuna Arena, renversant Slavia Prague 3-2 grâce à un temps additionnel d’ivresse pure.

À la 89e minute, Lens était mené 2-1, malgré la supériorité numérique après le carton rouge infligé à Konecny. Sturm venait de signer un doublé, le stade grondait, et l’équipe de Dino Toppmöller semblait filer droit vers une défaite embarrassante. Dix contre onze, menée au score, incapable de faire basculer un match qui lui échappait.

Puis la soirée a changé de visage. Brutalement.

Thauvin, la tête qui relance tout

La pression lensoise montait, sans trouver l’ouverture. Et c’est un gamin de 16 ans qui a fait basculer l’histoire. Mezian Mesloub, entré en jeu, déborde et dépose un centre parfait. Dans la surface, Florian Thauvin s’arrache, s’élève, et catapulte le ballon de la tête au fond des filets à la 91e minute.

Lui, l’ailier au pied gauche réputé, a choisi la voie la plus inattendue. À Canal+, il en a ri, tout en soulignant ce qui avait vraiment compté : l’état d’esprit. « On aura tout vu dans le football si je me mets à marquer de la tête ! » lâche-t-il dans un sourire, avant de revenir sur l’essentiel : donner tout, jusqu’à la dernière seconde, quitte à marquer « du pied, de la tête, du derrière… C’est ça, le football ».

Ce but n’égalise pas seulement. Il réveille tout un groupe. Il brise le doute.

Aguilar fait exploser la Fortuna Arena

Slavia Prague vacille, Lens sent l’odeur du hold-up. Deux minutes après l’égalisation, la vague Sang et Or déferle à nouveau. Ruben Aguilar hérite du ballon et déclenche une frappe splendide. Filet. Silence médusé côté tchèque, explosion côté lensois.

3-2. En l’espace de quelques instants, le spectre de la débâcle laisse place à une victoire qui restera dans les mémoires du club.

Ce succès a une portée historique : c’est la première victoire à l’extérieur de Lens dans la plus grande compétition européenne depuis 1998. Vingt-six ans d’attente balayés dans un temps additionnel insensé.

Les remplaçants changent tout

Si Thauvin a endossé le costume de héros, il n’a pas oublié ceux qui ont retourné le match dans l’ombre. Les choix de Dino Toppmöller après la pause ont tout modifié. Abdallah Sima, entré en jeu, trouve la faille et relance les siens. Mesloub, 16 ans seulement, apporte la fraîcheur, la créativité, le centre décisif sur l’égalisation.

Thauvin insiste sur ce tournant collectif : l’impact des entrants, la réaction d’un groupe qui refusait de sombrer. « On a montré une vraie force mentale ce soir, explique-t-il. On sortait d’une période compliquée, réagir comme ça va nous faire du bien. On s’est battus comme des lions, on n’a jamais lâché, et on a été récompensés. »

Les mots collent aux images. Une équipe dos au mur, un vestiaire marqué par les résultats récents, et ce refus obstiné de se résigner.

Un électrochoc pour toute la saison ?

Au-delà des trois points, Lens repart de Prague avec bien plus précieux : une certitude. Celle de pouvoir survivre aux tempêtes, même quand tout semble pencher du mauvais côté. Thauvin l’a martelé : traverser ce genre de soirée peut servir de déclic majeur dans une saison.

Le contraste avec la dynamique en championnat est frappant. Les difficultés domestiques pesaient sur les épaules, la confiance s’effritait. Ce renversement, arraché dans la douleur, peut devenir le point de bascule.

Les Sang et Or n’ont pas le temps de savourer très longtemps. Dimanche, les attend un nouveau rendez-vous en Ligue 1 face à Le Mans FC. Une autre bataille, un autre contexte, mais la même exigence : prouver que cette nuit folle à Prague n’était pas une parenthèse, mais le début d’un élan.

Lens a retrouvé son souffle européen. Reste à savoir jusqu’où cette nouvelle rage de vaincre le portera.