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Lando Norris reste fidèle à McLaren jusqu'en 2030

Lando Norris vient de remporter deux Grands Prix consécutifs. Il est au sommet de sa forme, au cœur du plateau, courtisé, écouté. Et pourtant, lorsqu’il a fallu signer pour rester chez McLaren jusqu’à fin 2030, il n’a presque pas hésité.

« Probablement le contrat le plus facile que j’aie eu à signer », confie-t-il dans un long entretien accordé à Sky Sports F1, diffusé ce week-end à l’occasion du Grand Prix d’Italie.

Des portes ouvertes… qu’il a choisi de laisser fermées

Norris ne le cache pas : il avait d’autres options. Le marché bouge, les projets se dessinent déjà autour du règlement 2026, et un pilote qui vient d’enchaîner la pole et la victoire en Hongrie puis aux Pays-Bas attire forcément les regards.

« Il y avait des opportunités, bien sûr. Mais des opportunités positives. Il y a des moments où tu peux tenter un pari », explique-t-il.

La tentation du coup de poker, du transfert clinquant vers une équipe déjà taillée pour le titre, était là. Norris, lui, a choisi une autre route.

« Je suis un pilote qui, personnellement, préfère prendre un ou deux ans plus difficiles plutôt que le succès instantané – comme je l’ai fait il y a quelques années avec McLaren », rappelle-t-il.

Le message est clair : il ne veut pas simplement sauter dans la voiture la plus rapide du moment. Il veut construire, traverser les creux, récolter quand le travail porte enfin ses fruits.

McLaren, plus qu’un baquet

Derrière ce choix, il y a une structure. Et surtout des visages. Norris insiste sur la force du groupe qui l’entoure, avec Zak Brown et Andrea Stella à la tête de l’écurie de Woking.

Il parle de « groupe fort », de gens qui comptent autant que le chrono. Pour lui, la performance pure ne suffit pas à dicter une carrière.

« Une bonne partie, c’est aussi : est-ce que je suis simplement heureux ? J’étais heureux d’être chez McLaren même quand on ne gagnait pas, parce que je suis quand même dans une situation incroyable, je fais le métier que j’aime, je voyage, je vis tout ça », détaille-t-il.

Puis il appuie là où beaucoup de pilotes n’osent pas toujours aller publiquement : « Tout n’est pas pour moi une question de performance ultime. Une grande partie, c’est les gens avec qui je suis. Le fait que je me sente chez moi et que je prenne du plaisir. Et ça a presque autant de poids que de dire : “Je dois être avec une équipe qui va gagner des championnats.” »

Pour Norris, McLaren n’est pas seulement l’équipe qui l’a lancé en 2019. C’est le cadre dans lequel son rêve d’enfant s’est matérialisé. Il a toujours voulu courir pour ces couleurs-là. Aujourd’hui, il y gagne enfin.

Titre en ligne de mire, Antonelli dans le viseur

Sur la piste, la dynamique est brutale : deux poles, deux victoires, et un écart au championnat qui se réduit. Norris a grignoté son retard sur Kimi Antonelli, toujours leader, mais avec 83 points d’avance « seulement » désormais.

Monza pourrait encore faire bouger les lignes. Antonelli s’élancera du fond de grille, pénalisé pour dépassement de quota moteur. Un boulevard ? Pas tout à fait.

McLaren devra encore se défaire de George Russell et surtout des Ferrari de Lewis Hamilton et Charles Leclerc, toutes deux dotées de moteurs évolués. À Monza, dans le temple de la vitesse, avec les tribunes rouges prêtes à exploser, la moindre erreur se paie très cher.

Le podium suspendu au-dessus de la ligne droite, la marée de Tifosi sous la structure, les drapeaux, les fumigènes : si Norris veut s’y présenter en vainqueur, il devra faire plier une équipe Ferrari portée par un stade entier.

Ferrari, la tentation rouge… plus tard

Face à Martin Brundle, la question tombe presque naturellement. Hamilton avait juré fidélité à Mercedes avant de réaliser son « rêve » Ferrari. Norris pourrait-il, un jour, suivre ce chemin vers la Scuderia ?

Le Britannique ne ferme pas la porte, mais il ne l’ouvre pas non plus. Pas maintenant.

« Ce n’est pas quelque chose auquel je veux penser pour l’instant », tranche-t-il d’abord.

Il se souvient de l’enfant qu’il était, s’imaginant dans différentes combinaisons, sous différents drapeaux. « Mon rêve a toujours été d’être avec McLaren. C’est pour ça que je me sens très chanceux d’être là où je suis. »

Mais il reconnaît aussi cette curiosité presque inévitable chez un pilote de haut niveau : découvrir autre chose. « Tu veux toujours expérimenter l’autre côté des choses, que ce soit Ferrari ou d’autres équipes comme Mercedes. C’est humain. Tu veux savoir ce que ça fait d’être dans telle position ou telle autre. »

Il cite le parcours de Lewis Hamilton, passé de McLaren à Mercedes puis à Ferrari. Un itinéraire qui l’inspire par son audace. « Je trouve ça plutôt cool d’essayer différentes choses, de vivre des expériences différentes. »

La vraie question, pour lui, tient en une ligne : qu’est-ce qu’il veut vraiment de sa carrière ?

« Est-ce que tu veux le succès ultime chaque année ? Ou est-ce que tu veux simplement savoir ce que ça fait d’aller dans une autre équipe, de vivre Ferrari ou Mercedes ? »

Pour l’instant, la réponse est nette : « Pour l’instant, je dirai que je n’y pense pas. Mais repose-moi la question fin 2030. »

Tout est là. McLaren jusqu’au bout de ce cycle. Et après ? Peut-être le rouge Ferrari. Peut-être autre chose. Ou peut-être, simplement, l’envie de rester là où il aura, entre-temps, peut-être écrit l’histoire.