Krunal Pandya : un espoir qui refuse de mourir
NEW DELHI – La liste est tombée, sans son nom. Quelques minutes plus tard, Krunal Pandya a dégainé son téléphone. Trois mots, rien de plus : « Hope is still alive ». Pour le reste du monde, un simple post. Pour lui, une déclaration de guerre au temps qui passe et aux portes qui se referment.
À 35 ans, le gaucher polyvalent sait ce que signifie être à la lisière. Pas assez loin pour être oublié, pas assez près pour être rappelé. Non retenu pour la série de trois T20I face à l’Afghanistan à New Delhi, il reste pourtant dans le champ de vision des sélectionneurs, porté par une saison d’IPL 2026 qui a relancé le débat.
Une saison d’IPL qui valait un coup de fil
Sous le maillot de Royal Challengers Bengaluru, Krunal Pandya a rappelé pourquoi ce profil de spinner gaucher capable de contribuer au bâton reste si précieux en T20. Quatorze wickets au compteur, une présence constante dans les moments clés, et cette impression familière : avec lui, un capitaine dispose toujours d’une option de plus.
Son dernier match avec l’Inde remonte à la série T20I de 2021 au Sri Lanka. Depuis, silence en bleu, mais pas dans les carnets des sélectionneurs. Ses performances en IPL l’avaient remis dans la conversation, surtout dans un secteur où l’Inde cherche encore la bonne formule.
Axar Patel a disputé les sept T20I contre l’Irlande et l’Angleterre, pour seulement quatre wickets pris – deux en deux matchs contre l’Irlande, deux en quatre rencontres face à l’Angleterre. Un rendement discret pour un poste aussi stratégique. Les sélectionneurs ont choisi de ne pas le rappeler pour la série face à l’Afghanistan, signe que la réflexion est ouverte, que rien n’est figé.
Dans ce contexte, le message de Krunal prend une autre dimension. Ce n’est pas une plainte. C’est un rappel. Il est toujours là, prêt, en forme, et convaincu qu’une nouvelle fenêtre peut s’ouvrir.
Bumrah revient, mais sous conditions
Si Krunal reste à la porte, un autre nom attire immédiatement le regard dans cette liste pour affronter l’Afghanistan au Arun Jaitley Stadium les 13, 15 et 17 septembre : Jasprit Bumrah.
Le leader du pace indien réintègre le groupe, mais avec une astérisque lourde de sens : sélection soumise à un feu vert médical. Victime d’un choc au genou lors de la série d’ODI en Angleterre, Bumrah a déjà manqué les deux Tests au Sri Lanka, préservé sur recommandation du staff médical de la BCCI. Son retour, même conditionnel, change le visage de n’importe quel XI.
Il n’est pas le seul à être listé avec précaution. Nitish Kumar Reddy, Washington Sundar et Harshit Rana figurent eux aussi dans le groupe sous réserve de validation de leur état physique. Tous trois sortent de blessures et suivent actuellement des protocoles de retour au jeu.
Harshit Rana s’est arrêté sur une blessure de grade 1 aux ischios lors du troisième T20I contre l’Angleterre. Washington Sundar a subi une lésion similaire au cours du troisième ODI face au même adversaire. Nitish Kumar Reddy, lui, revient d’un pépin qui l’a déjà privé des dernières échéances internationales. Une sélection sous surveillance, donc, où chaque séance d’entraînement comptera autant que les choix tactiques.
Hardik freiné, Krunal en embuscade
Dans cette histoire, un autre Pandya manque à l’appel. Hardik Pandya, annoncé en route vers un retour, a vu ses plans s’effondrer pour une simple gêne à la jambe survenue au BCCI Centre of Excellence. Rien de spectaculaire, mais suffisant pour interrompre sa montée en puissance.
Il n’a plus joué le moindre match officiel depuis le 24 mai, avec Mumbai Indians. Sa dernière apparition pour l’Inde remonte à la finale de la T20 World Cup, le 8 mars. Pour un joueur de son influence, chaque absence résonne fort. Pour Krunal, elle entretient l’idée qu’un profil d’all-rounder expérimenté, en rythme, peut encore devenir une carte utile.
La liste pour affronter l’Afghanistan le confirme : Shreyas Iyer mènera l’équipe, Tilak Varma sera son vice-capitaine. Abhishek Sharma, Vaibhav Sooryavanshi, Sanju Samson, Ishan Kishan, Shivam Dube, Axar Patel, Washington Sundar, Varun Chakaravarthy, Ravi Bishnoi, Jasprit Bumrah, Arshdeep Singh, Nitish Kumar Reddy et Harshit Rana complètent le groupe, certains avec cette fameuse mention « sous réserve de forme ».
Un noyau mélangeant cadres, prétendants au long terme et joueurs sous observation médicale. Un laboratoire, plus qu’une équipe figée.
Un message, un timing et une question
Dans ce décor, le « Hope is still alive » de Krunal Pandya ne sonne pas comme une formule creuse. Il arrive au moment où l’Inde teste, ajuste, ouvre des portes à de nouveaux profils tout en surveillant ses blessés majeurs. Il arrive aussi après une campagne d’IPL où il a prouvé qu’il n’était pas qu’un nom du passé.
Les sélections pour une courte série contre l’Afghanistan ne décident pas d’une carrière. Elles dessinent en revanche une tendance, un état d’esprit, une hiérarchie provisoire. Krunal n’y figure pas, mais il n’est pas sorti du champ. Il s’accroche à ce qu’il contrôle encore : ses performances, son attitude, son message.
Les trois T20I au Arun Jaitley Stadium diront beaucoup de choses sur la profondeur actuelle du cricket indien. Ils diront aussi, en creux, si l’espoir de Krunal Pandya n’est qu’une phrase sur un écran ou le prélude à un retour que personne ne pourra ignorer bien longtemps.




