Kim Birrell triomphe au US Open et atteint le deuxième tour
Kim Birrell dompte la nuit, la pluie et une balle de match pour enfin s’inviter au deuxième tour de l’US Open. Il lui aura fallu quatre participations à New York pour briser ce plafond de verre. Cette fois, la Queenslandaise a tenu bon : victoire 3-6, 7-6 (7-4), 6-3 face à la Croate Petra Marcinko, sur le court 7 de Flushing Meadows, après un feuilleton étalé sur deux jours.
Une nuit blanche, une balle de match, et un déclic
Dimanche soir, Birrell est au bord du gouffre. Menée un set à rien, en danger permanent sur son service, elle se retrouve à défendre une balle de match dans le douzième jeu du deuxième set. Elle s’en sort. Juste assez pour accrocher un tie-break. Mais même là, Marcinko prend le mini-break et semble filer vers la sortie pour l’Australienne.
Puis la pluie s’invite. Quatorze heures d’attente, de tension, de pensées qui tournent en boucle. Birrell parle d’une nuit agitée. Rien d’étonnant : on ne s’endort pas facilement quand on sait qu’on reviendra sur le court menacée d’élimination.
Mardi matin à New York, la reprise change tout. Birrell revient plus compacte, plus agressive, plus claire dans ses intentions. Elle renverse le tie-break, arrache le deuxième set, et d’un coup, le match bascule. Marcinko recule, Birrell avance. Le troisième set se joue à l’usure, et c’est l’Australienne qui dicte le tempo, jusqu’à conclure 6-3. Une libération.
Une revanche personnelle sur Marcinko… et sur Flushing Meadows
Ce succès a un goût particulier. Il y a deux mois, sur le gazon d’Eastbourne, Petra Marcinko l’avait balayée en deux sets, après lui avoir infligé un 6-0 d’entrée. Leur tout premier duel, en février au Texas, avait pourtant tourné à l’avantage de Birrell. Cette troisième manche dans leur face-à-face ressemblait à un test mental autant que tennistique.
Elle le réussit avec panache. À 28 ans, la joueuse de la Gold Coast efface aussi un autre démon : ses trois précédentes apparitions à l’US Open s’étaient toutes arrêtées au premier tour, en 2023, 2024 et 2025. Cette fois, elle s’offre enfin une place au deuxième tour, et l’une des plus belles victoires de sa carrière.
La récompense est double : un duel annoncé corsé contre Ekaterina Alexandrova, 19e mondiale, et un chèque garanti de 190 000 dollars américains, avec la promesse d’un pactole encore plus conséquent si elle prolonge l’aventure mercredi.
Vukic cède, la colonie australienne reste en nombre
Pendant que Birrell survivait à la pluie et à la pression, Aleksandar Vukic, lui, n’a pas réussi à renverser son propre thriller interrompu par les intempéries. Repris en cinquième set face au Japonais Rei Sakamoto, déjà mené d’un break, il n’a jamais trouvé l’ouverture. Sakamoto, impérial au service à la reprise, empile six points consécutifs sur sa mise en jeu et verrouille une victoire au forceps : 6-4, 6-7 (5-7), 6-4, 3-6, 6-4.
L’Australie n’a toutefois pas dit son dernier mot à New York. Quatre autres représentants entrent en scène pour tenter d’imiter Birrell et Taylah Preston, déjà qualifiée : Alexei Popyrin, Rinky Hijikata, James Duckworth et Maya Joint jouent tous une place au deuxième tour.
Popyrin se mesure à un nom bien connu de Flushing Meadows : Grigor Dimitrov, ancien demi-finaliste, contraint cette année de passer par les qualifications après une longue absence sur blessure. Rinky Hijikata, lui, se voit offrir un choc frontal avec la tête de série numéro 3, Felix Auger-Aliassime. Mission lourde, mais pas impossible.
James Duckworth affronte l’Italien Matteo Arnaldi, solide et accrocheur, tandis que Maya Joint se frotte à Liudmila Samsonova, l’une des outsiders les plus respectées du tableau.
Et au-dessus de tout ce petit monde plane la figure d’Alex de Minaur, numéro 7 mondial, qui lance sa quête de titre face à l’Italien Andrea Guerrieri, issu des qualifications. Un tableau chargé, des défis partout, mais une certitude déjà acquise pour l’Australie : à force de résistance et de nuits sans sommeil, Kim Birrell a enfin trouvé sa place à New York. Reste à voir jusqu’où cette première brèche peut l’emmener.




