Kent domine Worcestershire dans le Rothesay County Championship
Au St Lawrence Ground, la lumière a baissé, mais la tension, elle, n’a fait que monter. Kent a pris une sérieuse option sur la victoire en Rothesay County Championship Division Two, en fixant à Worcestershire un objectif massif de 380 runs, avant de voir les visiteurs se battre pour survivre à la fin du troisième jour.
À 84 pour 3, Worcestershire est encore très loin du compte. Mais tant que Brett D’Oliveira (24*, solide, calme) et Adam Hose (23*, appliqué) restent au milieu, l’espoir ne s’est pas complètement évaporé.
Northeast signe son retour en maître
La journée appartenait d’abord à Sam Northeast. Reparti sur 96, il n’a pas tardé à faire basculer son score dans la centaine, d’un simple coup de poignet. Une glissade délicate de Ben Allison vers le troisième homme, quatre runs, et le St Lawrence retrouvait une vieille connaissance dans son costume favori.
Son 132 n’est pas seulement un chiffre. C’est son premier century à Canterbury depuis son retour au club cette saison, un rappel brutal de ce que Kent avait perdu… et vient de récupérer.
Avec Daniel Bell-Drummond, Northeast a tissé la plus grosse association du match, 127 runs pour le quatrième guichet. Bell-Drummond, lui, a franchi la barre symbolique des 10 000 runs en first-class pour Kent, avant de tomber sur la dernière balle de la session, 44 au compteur, en renvoyant une balle neuve directement dans les mains d’Allison. Un coup d’arrêt net, juste avant la pause.
La reprise a été encore plus cruelle pour Kent. Northeast, encore en rythme, a vu ses middle et leg stumps voler dès la première balle après le déjeuner, fauchés par une inswinger de Tom Taylor. Une sortie brutale, à l’image de la manière dont Worcestershire s’accrochait à ce match.
Taylor se bat, Kent s’envole
Taylor a mené l’attaque des Pears avec une vraie autorité. Ses 4-68 dans cette deuxième manche complètent un match à sept guichets, performance majeure qui a maintenu Worcestershire dans le coup alors que Kent menaçait de s’échapper.
Grant Stewart a tenté de casser le rythme, envoyant Allison pour un six puissant au-dessus de midwicket. L’illusion n’a pas duré. Taylor est revenu, encore, pour lui faire perdre son middle stump pour 15.
Keith Dudgeon n’a pas eu cette chance de s’installer : huit balles, aucune course, une légère déviation vers le first slip, encore sur Taylor. Mais Kent a trouvé un peu de profondeur avec Chris Benjamin et Matt Milnes. Les deux ont construit un partenariat précieux de 45 runs, Milnes ajoutant 20 avant de se faire piéger lbw par Adam Finch.
Benjamin, lui, a tenu la baraque avec 36, mais a fini isolé, sans partenaire. Beyers Swanepoel a d’abord nettoyé Matt Quinn, puis une erreur de jugement a achevé la manche : sur un extra run tenté après une faute de main de Henry Cullen, Benjamin a appelé Hasan Mahmud. Swanepoel, en backing up, a récupéré la balle, et Mahmud a été run out, laissant Benjamin bloqué au non-striker’s end, impuissant. Kent, finalement, 358 tout pile. Assez pour mettre une énorme pression.
Milnes frappe, Worcestershire vacille
Face à un objectif de 380, chaque erreur compte double. Worcestershire l’a appris très vite.
Matt Quinn a frappé dès son deuxième lancer, éjectant Rehan Edavalath et installant immédiatement le doute dans le camp visiteur. Dan Lategan a suivi, piégé lbw par Milnes, qui a ensuite fait tomber Jake Libby pour 18. Trois guichets déjà, et le tableau affichait 39 pour 3. La montagne devenait presque verticale.
À ce moment-là, Kent dominait tout : le score, le rythme, l’atmosphère. On sentait la victoire se rapprocher à chaque over.
Puis D’Oliveira et Hose ont décidé de ralentir la chute. Pas de coups spectaculaires, pas de folie. Juste une résistance patiente, des défenses fermes, quelques frappes bien choisies. Run après run, les deux ont repoussé l’échéance, grignotant un peu de sérénité dans une situation pourtant précaire.
La lumière, elle, a fini par s’éteindre avant leurs espoirs. Avec 11,5 overs encore possibles, l’arbitre a renvoyé tout le monde au vestiaire, laissant Worcestershire à 84 pour 3, encore à 286 runs d’un improbable succès.
Une dernière journée sous haute tension
Les chiffres sont clairs : 286 runs à marquer, sept guichets en main. Kent a la main, sans discussion. Worcestershire, lui, n’a plus le droit à la moindre faute.
Si D’Oliveira et Hose prolongent leur résistance et transforment cette fin de journée en véritable partenariat d’ancrage, le dernier jour peut encore basculer dans un bras de fer inattendu. Si Kent trouve tôt la brèche, cette rencontre entre candidats à la montée pourrait tourner à la démonstration.
À Canterbury, tout se jouera désormais sur une question simple : Worcestershire peut-il transformer cette lueur dans la pénombre en véritable lumière, ou Kent va-t-il conclure avec l’autorité d’un prétendant sérieux à la promotion ?




