Joao Pedro comparé à Haaland et Benzema par Xabi Alonso
Xabi Alonso n’a pas cherché ses mots. Pour le manager de Chelsea, Joao Pedro n’est plus seulement un attaquant en forme en ce début de saison. Il appartient déjà au cercle très fermé des buteurs d’élite de la Premier League, au point d’être placé sur la même ligne qu’Erling Haaland… et de rappeler par séquences un certain Karim Benzema.
Le Brésilien de 24 ans traverse un début d’exercice incandescent : deux buts, deux passes décisives lors de ses trois premiers matches, et un premier titre de Joueur du mois en Premier League décroché vendredi. Une récompense arrachée devant son coéquipier Cole Palmer, lauréat précédent en septembre 2024. À Stamford Bridge, la hiérarchie offensive a clairement changé de visage.
« Joao est là, Haaland est là »
Interrogé sur une éventuelle comparaison avec Erling Haaland, meilleur buteur du dernier championnat avec 27 réalisations, Alonso n’a pas esquivé.
« Je dirais oui », a répondu l’Espagnol, sans détour. « Si vous comptez combien de top attaquants nous avons en Premier League, je suis sûr que Joao [Pedro] est dedans, Haaland est évidemment dedans. Donc je le juge à ce niveau-là. »
Les chiffres donnent du poids à son discours. Arrivé l’été dernier, Joao Pedro est devenu dès sa première saison le premier véritable numéro neuf de Chelsea à franchir la barre des 20 buts sur un exercice depuis Diego Costa. Au total, il affiche déjà 25 buts et 11 passes décisives en 57 matches sous le maillot des Blues.
Face à lui, le monstre statistique Haaland n’est pas en reste : 42 buts et neuf passes décisives lors de ses 57 dernières rencontres avec Manchester City. L’écart reste réel, mais l’ombre du Norvégien ne semble plus écraser le Brésilien aux yeux de son entraîneur.
Un « neuf »… mais pas seulement
Là où Haaland incarne l’archétype du finisseur pur, Joao Pedro offre un registre plus large. Sa carrière l’a déjà vu évoluer milieu offensif, numéro 10, ailier. Un attaquant qui décroche, combine, attire les défenseurs, plus qu’un simple prédateur de surface.
C’est justement cette palette qui pousse Alonso à convoquer un autre nom, bien plus lourd encore dans l’histoire récente du football européen : Karim Benzema, son ancien partenaire au Real Madrid.
« Sur beaucoup de choses, il me rappelle Benzema, parce qu’il est bon dans la surface, il est bon en dehors, il est bon quand il vient sur son côté gauche, il est bon de la tête, il est très complet, il est intelligent », détaille l’Espagnol. « Oui, il est encore jeune, il a encore des choses à développer, mais il possède déjà énormément de qualités absolument exceptionnelles. »
La référence n’est pas anodine. Benzema, 38 ans, Ballon d’Or et aujourd’hui libre de tout contrat, a empilé 523 buts en 994 matches avec la sélection française, Lyon, le Real Madrid puis les clubs saoudiens Al-Ittihad et Al-Hilal. C’est ce type de profil complet, capable de tout faire briller autour de lui, qu’Alonso croit distinguer chez son numéro neuf.
Un contrat XXL et un statut assumé
Chelsea ne s’y est pas trompé. Le club londonien a verrouillé son joyau offensif le mois dernier avec un nouveau contrat courant jusqu’en 2034. Signe fort : Joao Pedro a récupéré le prestigieux numéro 9 au début de la saison, un maillot lourd d’héritage à Stamford Bridge.
Loin de le paralyser, ce poids semble le galvaniser. Ses performances, son influence dans le jeu, son langage corporel sur le terrain : tout indique un joueur qui s’installe au centre du projet, et qui accepte pleinement les attentes qui vont avec.
La blessure du Mondial, le ressort de la saison
La trajectoire n’a pourtant pas été linéaire. Cet été, Joao Pedro a vécu une vraie gifle sportive : sa non-convocation surprise avec le Brésil pour la Coupe du monde. Une décision prise par Carlo Ancelotti, sélectionneur de la Seleção et ancien coach d’Alonso au Real Madrid.
Le Brésilien a depuis retrouvé la Seleção, rappelé pour les rencontres internationales de septembre face à la Nouvelle-Zélande et à l’Inde. Entre-temps, la question s’imposait : cette mise à l’écart a-t-elle servi de carburant à sa saison ?
« Il avait déjà assez de motivation », coupe Alonso. « Il avait tout ça en lui, je n’avais pas besoin d’aller là-dessus. C’était douloureux pour lui, mais c’est du passé. Nous sommes concentrés sur ce qu’il fait bien et sur ce qu’il peut encore améliorer. »
Le technicien espagnol insiste autant sur l’homme que sur le joueur : « Il a été exceptionnel. Pas seulement sur le plan footballistique, mais aussi dans sa personnalité, sa maturité, son envie. Il a un objectif très clair cette saison : faire une grande campagne et marquer beaucoup de buts.
Le décor est planté. Un numéro 9 prolongé jusqu’en 2034, comparé à Benzema, hissé au niveau d’Haaland, porté par une blessure sportive transformée en moteur. À lui, désormais, de prouver que ces mots ne sont pas que des éloges de septembre, mais le prélude à une saison qui peut redéfinir le paysage des attaquants en Premier League.




