Jeux asiatiques : le Pakistan rajeuni sous Sahibzada Farhan
Le Pakistan débarquera aux Jeux asiatiques avec un visage méconnaissable. Pas de Babar Azam. Pas de Shaheen Afridi. Ni Haris Rauf, ni Naseem Shah. Aux commandes, un nom bien plus discret sur la scène internationale : Sahibzada Farhan, promu capitaine, épaulé par Abdul Samad comme vice-capitaine.
Un signal fort. Et une vraie rupture de ton.
Un groupe sans ses cadres
Le comité de sélection a tranché : les quatre têtes d’affiche ne figurent pas dans la liste retenue pour le tournoi. Reste une question, lourde de sous-entendus : sont-ils mis au repos ou déjà hors du projet pour cette compétition précise ? La direction ne l’a pas clarifié, laissant la porte ouverte à toutes les lectures.
Ce qui est certain, c’est que ce Pakistan-là sera celui des prétendants, des joueurs en quête de reconnaissance, plus que celui des intouchables.
Autour de Farhan et Samad, le groupe s’articule autour de profils jeunes, agressifs, taillés pour le cricket T20 : Abrar Ahmed, Ahmed Daniyal, Akif Javed, Ali Raza, Arafat Minhas, Haider Ali, Hasan Nawaz, Maaz Sadaqat, Mohammad Wasim Jnr, Saad Masood, Saim Ayub, Sufyan Moqim et Usman Khan, qui assurera le rôle de wicket-keeper.
Camp express à Karachi avant le grand saut
La sélection s’est rassemblée à Karachi dimanche. Pas de mise en scène, pas de grandes déclarations : un camp de travail, simple et dense, programmé de lundi 21 septembre à jeudi 14 septembre, avant le départ pour le Japon dans la nuit de jeudi.
Le calendrier est serré, presque compressé. Le staff devra installer des automatismes, définir des rôles, bâtir une hiérarchie en quelques séances. Une préparation à la fois courte et décisive pour un groupe qui n’a pas l’habitude de jouer ensemble sous une telle pression.
Cinq joueurs rejoindront d’ailleurs le camp en décalé : Usman Khan, Saim Ayub, Maaz Sadaqat, Hasan Nawaz et Sufyan Moqim. Tous sont retenus par leurs engagements en franchise, qu’ils honoreront jusqu’à la finale de la Caribbean Premier League (CPL). Ils arriveront donc avec du rythme, mais peu de temps pour s’intégrer pleinement aux schémas mis en place à Karachi.
Un tableau qui repousse le choc Inde–Pakistan
Le tournoi masculin de cricket aux Jeux asiatiques débutera le lundi 24 septembre. Le décor est posé : India, Pakistan, Sri Lanka et Bangladesh sont directement propulsés en quarts de finale, statut oblige.
Le tirage, lui, raconte une autre histoire. India et Pakistan ne pourront se croiser qu’en match pour la médaille de bronze… ou en finale pour l’or. Aucun scénario ne les oppose en demi-finales. Il faudra donc que les deux géants fassent le travail jusqu’au bout pour offrir au tournoi l’affiche que tout le continent espère.
Les deux équipes joueront leurs quarts de finale le même jour, lundi 28 septembre. Une journée qui peut basculer dans la routine ou dans le chaos, selon la manière dont ces sélections, très différemment construites, gèreront l’enjeu.
L’Inde arrive au complet, le contraste est saisissant
Pendant que le Pakistan mise sur un groupe rajeuni, l’Inde fait le pari inverse : la Board of Control for Cricket in India (BCCI) a choisi d’envoyer une équipe de très haut niveau, avec Shreyas Iyer en capitaine.
Jasprit Bumrah, Sanju Samson, Ishan Kishan, Vaibhav Sooryavanshi et Tilak Varma figurent tous dans l’effectif. Le groupe sera dirigé par VVS Laxman, tandis que Gautam Gambhir prendra en charge la prochaine série d’ODI face aux West Indies.
Le contraste est net. D’un côté, une sélection pakistanaise qui ressemble à un laboratoire à ciel ouvert. De l’autre, une formation indienne qui traite les Jeux asiatiques comme un rendez-vous majeur, presque une répétition générale.
Un test de caractère pour le Pakistan
Pour Sahibzada Farhan, c’est une opportunité immense. Capitaine d’un Pakistan sans ses totems, il devra imposer son autorité, son style, et prouver qu’il peut mener une équipe nationale dans un contexte exigeant, loin de la zone de confort des tournées classiques.
Pour les sélectionneurs, ce tournoi servira de baromètre. Certains de ces joueurs peuvent-ils s’installer durablement dans le paysage, bousculer la hiérarchie et se faire une place aux côtés des Babar, Shaheen ou Rauf quand ces derniers reviendront ?
La réponse ne se lira pas dans les discours, mais dans les overs, les prises de risque, la gestion des moments chauds. Le Pakistan a choisi de tourner une page, au moins le temps d’une compétition. Reste à savoir si cette parenthèse deviendra un point de bascule pour l’avenir de son cricket international.




