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Jay Meena et le soft tennis : une première médaille historique

À Nagoya, un frisson d’histoire a traversé la délégation indienne. Jay Meena, 34 ans, a enfin arraché ce que le soft tennis du pays attendait depuis toujours : une première médaille aux Jeux asiatiques.

Meena, trois Jeux pour une délivrance

Troisième participation, premier coup d’éclat. Sur les courts d’Aichi-Nagoya, Meena a tenu bon dans un quart de finale étouffant face au Philippin Sherwin Nuguit, conclu au bout de sept manches, 4-3. Un score sec sur le papier, mais une bataille en montagnes russes : 0-4, 4-2, 2-4, 5-3, 2-4, 7-5.

Il démarre mal, subit, encaisse. Mené d’entrée, il se retrouve dos au mur. Puis il s’accroche, rallonge les échanges, impose son rythme, grignote les jeux. La tension grimpe à chaque point, le match bascule d’un camp à l’autre. Au moment où la pression devient presque insoutenable, Meena serre le jeu, arrache le 7-5 décisif et se hisse dans le dernier carré.

Ce billet pour les demi-finales vaut déjà du métal. Dans ce sport, les deux perdants des demies montent ensemble sur le podium. Sans encore connaître la couleur, Meena tient au minimum le bronze, et avec lui la première médaille de l’histoire de l’Inde en soft tennis aux Jeux asiatiques.

Avant ce quart d’anthologie, l’Indien avait déjà envoyé un signal en phase de groupes : un 4-0 net et sans bavure face au Pakistanais Arain Hussain dans le groupe D, pour filer en quarts avec confiance. Aujourd’hui, il jouera une place en finale. Une marche de plus, et ce premier jalon historique pourrait se transformer en véritable conte doré.

Le tir féminin ajoute du bronze au tableau

Pendant que Meena ouvrait une brèche dans l’histoire de son sport, le stand de tir offrait une autre raison de sourire à l’Inde. En skeet par équipes chez les femmes, Raiza Dhillon, Parinaaz Dhaliwal et Maheshwari Chauhan ont accroché le bronze avec un total de 331 points.

Raiza Dhillon et Parinaaz Dhaliwal ont toutes deux rendu une carte solide de 111 sur 125, Maheshwari Chauhan ajoutant 109 unités. Une performance collective cohérente, sans coup de mou fatal, qui place l’Inde sur le podium derrière deux poids lourds : la Chine, en or avec 346 points, et le Kazakhstan, en argent.

Une médaille de plus dans une discipline qui continue de nourrir régulièrement le tableau indien aux Jeux asiatiques.

Manu Bhaker reste dans la course

Le tir a encore offert un autre motif d’optimisme. Double médaillée olympique, Manu Bhaker a validé son billet pour la finale du pistolet 10 m air comprimé individuel. En qualification, elle a livré une prestation solide, suffisamment maîtrisée pour se frayer un chemin jusqu’à la lutte pour les médailles.

Sur cette même épreuve, Suruchi Inder Singh et Esha Singh s’arrêtent aux portes de la finale, éliminées en qualifications. Une déception individuelle pour elles, mais l’Inde sait qu’elle aura encore une cartouche à jouer avec Bhaker dans le match qui compte vraiment.

Entre la trajectoire renversante de Jay Meena sur les courts de soft tennis, le bronze assuré au skeet féminin et la présence de Manu Bhaker en finale, la journée à Aichi-Nagoya a pris des allures de tournant. Reste une question, simple et brûlante : jusqu’où cette génération peut-elle pousser le plafond des ambitions indiennes sur la scène asiatique ?