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Jasprit Bumrah écrase l’Afghanistan et fait l’histoire du T20I

Le soir tombe sur l’Arun Jaitley Stadium, les projecteurs prennent le relais et Jasprit Bumrah commence, comme souvent, par le silence. Six balles, aucune course. Une over vierge pour ouvrir le deuxième T20I face à l’Afghanistan. Une de plus, mais pas une de trop.

Cette maiden-là n’est pas anodine. C’est la treizième de sa carrière en T20I. Elle le propulse seul en tête parmi les lanceurs issus des nations Full Member, devant le Zimbabwéen Richard Ngarava, resté bloqué à douze. Un détail statistique ? Pas vraiment. Dans un format où chaque point compte, réussir à fermer le robinet à ce point relève de l’exception.

Bumrah, maître du vide

Bumrah disputait son 98e T20I. Presque cent matches au plus haut niveau, et toujours cette capacité à imposer son tempo, à faire ralentir le jeu quand tout, autour, appelle la frénésie.

Avec cette treizième over vierge, il grimpe au quatrième rang de l’histoire des T20I pour le nombre de maidens, à égalité avec la Thaïlandaise N Senamontree, qui en compte elle aussi 13 en 59 rencontres. Devant eux, un trio venu des nations associées : le Kényan SO Ngoche (16), l’Ougandais F Nsubuga (19) et le Rwandais Muhammad Nadir (19).

Le contraste est saisissant : les trois hommes qui le devancent appartiennent à des équipes en marge du gotha, habituées à des contextes moins exposés. Bumrah, lui, réalise ses exploits dans le vacarme permanent, sous la pression d’une sélection indienne scrutée à chaque balle. C’est pourtant lui, désormais, le mieux classé des lanceurs issus d’une Full Member dans ce registre très particulier.

Samson allume, l’Inde plie la série

Pendant que Bumrah écrivait une nouvelle ligne de son palmarès, le reste de l’équipe ne s’est pas contenté d’admirer. L’Inde a bouclé l’affaire avec autorité, s’imposant par sept guichets et 31 balles d’avance pour mener 2-0 dans cette série de trois matches.

La poursuite de 160 n’a jamais vraiment tremblé. Sanju Samson a donné le ton, déchaîné : 57 points en 22 balles, un coup de massue sur les espoirs afghans. À ses côtés, Abhishek Sharma a frappé fort et vite, 39 runs en 19 livraisons, quatre sixes, deux fours, une déclaration d’intention plus qu’une simple contribution.

Ishan Kishan, lui, a fermé la porte avec sang-froid. Invaincu à 38 sur 23 balles, trois fours, deux sixes, il a guidé l’Inde jusqu’à 163/3, sans laisser le moindre suspense s’installer.

Les jeunes bras répondent présent

Avant que les batteurs ne déroulent, la balle avait parlé pour l’Inde. Nitish Kumar Reddy a signé une performance de choix : 3/24, des chiffres qui pèsent lourd dans un T20I où chaque erreur se paie cash. À ses côtés, Arshdeep Singh a ajouté 2/35, grignotant l’alignement afghan jusqu’à le limiter à 159/8.

L’Afghanistan a tenté de construire, de relancer, mais s’est heurté à une attaque indienne compacte, où chaque phase trouvait son homme. Et au cœur de cette mécanique, le premier sortant, toujours le même : Bumrah, avec son over initiale qui a immédiatement fixé le ton.

Une série pliée, et un symbole

Une série gagnée, une domination affirmée, et au milieu de tout cela, un chiffre : 13 maidens. Il résume à lui seul ce que représente Jasprit Bumrah dans ce format. Un lanceur capable de faire ce que le T20 déteste : retirer le rythme, étouffer l’initiative, imposer le doute balle après balle.

L’Inde a la série en main. Bumrah, lui, a un peu plus encore la sienne. La question n’est plus de savoir s’il battra les records venus d’Ouganda, du Rwanda ou du Kenya. La vraie interrogation est ailleurs : jusqu’où pourra-t-il repousser les limites de ce que peut être un lanceur dans le cricket le plus court ?