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Jai Opetaia domine Noel Mikaelian et vise l’unification

Dans un duel de très haut niveau chez les cruiserweights, Jai Opetaia a rappelé pourquoi il est considéré comme l’un des hommes à abattre de la catégorie. L’Australien a dominé Noel Mikaelian avant de l’emporter par TKO au 9e round, au terme d’une montée en puissance méthodique et cruelle.

Opetaia trop complet, Mikaelian stoppé au 9e round

Dès le premier round, le ton est donné. Opetaia, gaucher, plante un premier left cross, cogne au corps, puis travaille déjà dans le clinch, là où il fait mal. Mikaelian reste patient, derrière un jab prudent, mais chaque initiative est punie. Un choc de têtes provoque un début d’enflure autour de l’œil gauche d’Opetaia, sans changer la dynamique : dans les échanges rapprochés, c’est lui qui dicte.

Mikaelian tente de casser le rythme au 2e round avec des séries au corps. Les deux gardent une défense haute, très soignée, mais Opetaia est plus actif, plus varié, plus à l’aise dans les sorties de clinch. Un crochet du droit de Mikaelian juste avant le gong rappelle toutefois qu’il reste dangereux.

Le 3e round marque son meilleur passage. Grâce à ses feintes, Mikaelian parvient à freiner la production d’Opetaia. Il trouve un superbe counter right sur le menton, enchaîne à l’intérieur, gagne les échanges tardifs. Sur ces trois minutes-là, sa précision et son timing font la différence.

La réponse d’Opetaia est immédiate. Au 4e, il ouvre le coffre à outils : gros uppercut à l’intérieur, enchaîné avec un left hand sec, travail au corps, puis courtes touches propres en sortie de clinch. Harvey Dock le rappelle à l’ordre pour avoir retenu avec la main libre, mais dans le ring, la hiérarchie se dessine. L’Australien montre “le package complet” : volume, angles, variété.

À partir du 5e, le combat se met à tourner à sens unique. Opetaia s’installe derrière le jab, ajoute un joli left hook, martèle le corps, domine chaque corps à corps. Mikaelian tient, mais ne réussit pas à lier plus d’un coup à la fois. Il réplique par éclairs, un “sneaky” right hand ici ou là, jamais suffisant pour inverser la tendance.

Les rounds 6 et 7 confirment la même histoire : Mikaelian a besoin d’un ajustement, il ne le trouve pas. Opetaia est plus occupé, plus inventif, plus tranchant. Le 7e apporte tout de même un frisson : un gros right hand de Mikaelian fait vaciller Opetaia, qui est obligé de s’accrocher. Le challenger glisse ensuite sur ses appuis et tombe à genoux, sans knockdown. Opetaia récupère vite, repart de l’avant, enferme son adversaire dans les cordes et termine le round en patron.

Le 8e round ressemble à une longue descente pour Mikaelian. Opetaia plante des jabs durs, contre à merveille, tourne autour, change de rythme. L’Allemand d’origine arménienne n’est tout simplement pas assez actif. Ses droites arrivent trop courtes, étouffées par le jeu de jambes et la défense d’Opetaia. Une nouvelle alerte survient pour un travail à la limite de la ceinture, qui offre quelques secondes de répit à Mikaelian, sans enrayer le rouleau compresseur australien.

La rupture arrive au 9e. Opetaia multiplie les contre-jabs propres, trouve un court left hand en sortie de clinch, puis déclenche une grosse combinaison à mi-distance. Mikaelian est secoué, recule vers les cordes, retenu par celles-ci. Harvey Dock juge logiquement qu’il s’agit d’un knockdown, puis, après un dernier regard dans les yeux du boxeur, met un terme au supplice. TKO au 9e round.

Juste après, David Benavidez, champion unifié, rejoint le ring pour serrer la main d’Opetaia. Les deux hommes se jaugent, se promettent à demi-mot un futur choc d’unification. Si ce combat se matérialise, ce soir aura servi d’avertissement : Opetaia n’est pas seulement spectaculaire, il est terriblement complet.

Cortes dompte la furia de Magsayo

En ouverture du main card, Andres Cortes a signé une victoire solide et stratégique face à Mark Magsayo chez les lightweights, s’imposant par décision unanime sur trois cartes identiques : 97-93.

Le début de combat est marqué par l’agressivité intelligente de Cortes. Au 1er round, il se montre déjà très actif à l’intérieur, travaille le corps, s’ouvre des angles, et réussit à s’extirper des cordes à coups de combinaisons propres. Magsayo répond avec quelques éclairs, notamment un right uppercut pour sortir d’une mauvaise position, mais le round bascule légèrement pour l’Américain.

Le Philippin corrige vite le tir. Au 2e, il prend l’initiative, déclenche le right cross, enchaîne des combinaisons qui se terminent au corps, ajoute un counter left hook bien senti. Il frappe en premier, avec puissance, et impose son tempo. Cortes réplique sur la fin, mais le round est clairement pour Magsayo.

À partir du 3e, le combat change de visage. Cortes devient le véritable patron de l’espace. Il avance, coupe le ring, trouve des lead right hands, gagne les échanges en courte distance. Lors d’un échange au corps, le gant de Magsayo touche le tapis après un body shot : l’arbitre Celestino Ruiz compte un knockdown, qui sera finalement annulé après visionnage vidéo entre les rounds. Sur le plan psychologique, Cortes n’en a pas moins pris l’ascendant.

Le 4e round est une nouvelle démonstration de pression contrôlée. Cortes cadre, place un gros counter right alors que Magsayo se jette, force ce dernier à prendre un genou après un overhand right. Là encore, le scénario est cruel pour lui : ce knockdown sera à son tour annulé après consultation de la vidéo. Reste que sur le ring, Magsayo subit.

Cortes continue d’appuyer au 5e. Jab solide, entrée en distance maîtrisée, travail au corps, contre-attaques sur les erreurs techniques de Magsayo, souvent trop allongé dans ses frappes. Un lead left hook propre vient ponctuer un round très maîtrisé.

Le 6e confirme le même schéma. Magsayo tente de renverser la table avec une pression constante et un uppercut au corps. Cortes répond par un uppercut à l’intérieur, puis reprend le contrôle grâce à son jab et son expérience d’amateur. Dans les clinchs, la différence de maîtrise saute aux yeux : Cortes gagne la bataille physique et technique, fait payer chaque approximation.

Au 7e, Magsayo croit provoquer un tournant en forçant Cortes à reculer sur un body shot qui le fait tomber brièvement à genoux. Ruiz décide immédiatement qu’il ne s’agit pas d’un knockdown, au grand désarroi du camp Cortes. Le Philippin lâche plus ses mains, mais l’Américain reprend vite la main, hausse le volume, touche proprement. Round serré, mais encore une fois, Cortes semble garder la main.

Magsayo refuse toutefois de disparaître. Au 8e, alors que Cortes paraît plus grand, plus actif, plus précis, le Philippin trouve un beau hook à l’intérieur qui ouvre une coupure au-dessus de l’œil droit de Cortes. L’Américain encaisse un uppercut, répond par une droite, mais cette fois le meilleur travail global est pour Magsayo, qui signe sans doute son plus beau round du combat.

Le 9e offre un nouveau bras de fer. Cortes continue de placer ses counter right hands avec un timing chirurgical. Il esquive un large left hand de Magsayo, qui trébuche presque à travers le ring. Puis, dans les dernières secondes, Magsayo place un left hook rapide qui fait vaciller Cortes. Les deux hommes échangent à courte distance, l’intensité monte d’un cran.

Tout se joue sur le dernier round. Magsayo apparaît plus frais, se rue à l’attaque, envoie des combinaisons, tente le tout pour le tout. Cortes réplique au corps, même quand il est retenu, mais le Philippin prend l’initiative et “gagne” le sprint final. Trop tard. Les juges rendent un verdict clair : 97-93, 97-93, 97-93 pour Andres Cortes, qui reste invaincu, tandis que le réveil tardif de Magsayo laisse un parfum de regrets.

Vanhouter expédie Akpejiori en un round… malgré une alerte physique

Chez les lourds, Da’Mazion Vanhouter a livré une démonstration de puissance expresse face à Raphael Akpejiori, stoppé dès le 1er round par TKO.

Akpejiori, ancien basketteur universitaire passé par un essai en NFL, tente d’entrer doucement dans le combat avec un jab au corps. Mauvaise idée. Vanhouter, réputé gros frappeur, déclenche immédiatement des coups de puissance et commence à le pilonner.

Un énorme overhand right fait vaciller Akpejiori, qui doit s’agripper pour survivre. La pression monte d’un cran. Vanhouter enchaîne, place une combinaison violente, puis une nouvelle droite qui l’envoie au tapis. Akpejiori se relève au compte, mais ses jambes trahissent son état.

Vanhouter repart à l’assaut, le frappe “d’un poteau à l’autre”. Dans un clinch, il tombe à genoux et semble se blesser à l’épaule. L’arbitre interrompt pour vérifier, moment de flottement. On pourrait croire l’élan cassé. Non. Vanhouter reprend, remet la marche avant, renvoie Akpejiori au sol. Cette fois, c’est terminé. TKO au 1er round, temps officiel : 1’58.

À la sortie du ring, le jeune poids lourd (12-0, 9 KOs), passé pro à seulement 155 livres en 2022 avant de grimper jusqu’aux lourds, résume son ambition sans détour : il est venu pour devenir le meilleur. Sur la foi de ce qu’il a montré, il vient d’envoyer un message bruyant à toute la division.

La soirée s’achève avec des trajectoires claires : un Opetaia qui réclame l’unification, un Cortes qui confirme son statut d’invaincu en maîtrisant un ancien champion du monde, et un Vanhouter qui frappe à la porte des grands chez les lourds. La question est simple : qui osera se mettre en travers de ces trois-là dans les mois à venir ?