Iraola prépare son premier match à Anfield contre Nottingham Forest
Andoni Iraola n’a eu besoin que d’un match officiel pour comprendre où il venait de mettre les pieds. Dimanche, à Newcastle, Dominik Szoboszlai a arraché un point dans les dernières secondes. Anfield l’attend désormais, Nottingham Forest aussi. Et autour, le vacarme du mercato ne faiblit pas.
Jeudi, au AXA Training Centre, le Basque s’est présenté face aux médias avec un double dossier brûlant : préparer son premier match de Premier League à Anfield et gérer une fin de marché où Liverpool tente de se réinventer sur les ailes.
Barcola au cœur du projet offensif
Le nom qui fait vibrer la ville, c’est Bradley Barcola. Liverpool a trouvé un accord de principe avec Paris Saint-Germain pour l’ailier international français. La structure du deal est posée : un montant garanti légèrement supérieur à 100 millions d’euros, avec des bonus pouvant pousser l’opération vers les 120 millions, selon les performances individuelles et collectives.
Iraola, lui, reste dans sa ligne : pas un mot de trop sur un joueur qui n’est pas encore officiellement à lui. « Nous essayons de recruter à ce poste, nous n’avons pas les nombres », glisse-t-il simplement. Il espère « de bonnes nouvelles bientôt », mais reconnaît que « ce n’est pas encore fait ».
Le message est clair : Liverpool a ciblé les ailes comme priorité absolue depuis le départ de Mohamed Salah. Barcola est au centre de cette refonte, mais l’entraîneur rappelle qu’il vit, comme tout le monde, dans l’incertitude d’une fin de mercato où tout peut encore basculer.
Un mercato sous tension… et sous contraintes
Iraola ne s’en cache pas : il a une idée précise de ce qu’il veut. « Depuis le début, nous savons ce que nous cherchons. Le club le sait aussi. C’est une question de conclure les deals », explique-t-il.
Les besoins sont identifiés : des joueurs de couloir en priorité, d’autres postes à ajuster à cause de blessures de longue durée. Il admet qu’ils sont « probablement un joueur en moins à certains postes » et que ces absences ont dicté une partie de la stratégie.
Mais il vit, comme tout entraîneur fin août, avec une forme d’inconfort permanent : « C’est très inconfortable pour moi, tu gères des incertitudes tout le temps. Dans quatre ou cinq jours, nous saurons ce que nous avons et nous pourrons faire des plans réels. »
Même les cadres ne sont pas à l’abri des secousses de ce marché. Interrogé sur Cody Gakpo, très en vue lors du premier match, Iraola loue son influence et son attitude… tout en refusant de garantir quoi que ce soit : marché ouvert, gros investissements, opportunités de dernière minute, tout reste possible.
Un milieu ciblé, mais pas abandonné
Depuis Newcastle, les débats tournent autour du milieu et de ses transitions défensives. Iraola savait à quoi s’attendre. « Je m’y attendais en arrivant ici, tout serait amplifié », admet-il.
Il défend pourtant ses joueurs : pour lui, Liverpool a « contrôlé le match », avec une possession « significative » et une attaque « assez directe ». Il estime que son équipe était « plus proche de marquer que Newcastle » sur la majorité de la rencontre.
Sur les buts encaissés, il ne se défausse pas. Il pointe surtout le premier, lié à la manière dont l’équipe était positionnée au moment de la perte de balle. Le second, moins. Il insiste sur la progression déjà visible « au cours du match » dans la manière de gérer les transitions.
Le cœur du sujet, c’est l’équilibre. Comment laisser Ryan Gravenberch porter le ballon, comme sur l’action qui mène au but contre Monaco, sans laisser la maison ouverte derrière ? « On ne peut pas attaquer avec tout le monde », concède Iraola. Mais il refuse de figer ses milieux : ce ne sera pas systématiquement « un qui reste, un qui part ». Face à un bloc bas, les deux peuvent monter. Tout est question de lecture, de « sentir » le moment.
Jacquet, promesse et rappel à la réalité
Dans ce contexte, la prestation de Jacquet a offert un rayon de lumière. « Il a très bien joué pour son premier match », souligne Iraola. Le jeune défenseur a fini épuisé, remplacé dans les dernières minutes, mais son entraîneur a aimé ce qu’il a vu : confiance balle au pied, solidité sans ballon.
Le Basque tempère aussitôt : il est « très jeune » et il faudra accepter ses erreurs. Message classique, mais nécessaire dans un environnement où chaque performance est disséquée.
Chiesa, Elliott, McConnell : la dure loi des choix
Le point infirmerie est bref mais lourd de conséquences. Fede Chiesa n’est pas disponible : il a ressenti une gêne au dos lors du match contre Como. Harvey Elliott, lui, reste en dehors du groupe, non pas par manque de travail mais par choix tactique.
Iraola rappelle qu’il ne peut sélectionner que 20 joueurs. Elliott « progresse chaque semaine », assure-t-il, mais pour l’instant, il préfère d’autres options pour garder un certain « équilibre sur le banc ». C’est ce qui a ouvert la porte à James McConnell dans le groupe. Nouvelle semaine, nouvelles chances, prévient-il. À chacun de s’accrocher.
Forest, le mauvais souvenir d’Anfield
Nottingham Forest arrive samedi à 12h30 avec un statut particulier : celui de cauchemar récent pour Liverpool. Sous Arne Slot, les Midlanders ont remporté leurs deux derniers déplacements à Anfield, 1-0 puis 3-0, pour un score cumulé de 4-0. Une anomalie pour ce stade, une réalité pour le vestiaire.
Iraola sait qu’il hérite d’un adversaire qui a laissé des cicatrices. Il connaît aussi bien Oliver Glasner, qu’il décrit comme « très réussi » dans son travail. Il voit déjà la forme de l’équipe : bloc solide, peu d’occasions concédées. Le match contre Leeds en est, pour lui, un parfait exemple, décidé sur un coup franc dans la dernière minute.
Le plan est clair : « Nous devrons gagner nos duels, rien ne sera gratuit. Il faudra être bons avec le ballon et patients. » Car Forest possède aussi des armes tranchantes en transition, capables de punir la moindre perte.
Anfield, émotion et exigence
Pour Iraola, ce rendez-vous ne ressemble pas aux autres. « C’est un moment spécial pour moi, mon premier match de Premier League à Anfield », confie-t-il. Il dit avoir déjà senti quelque chose en pré-saison, une atmosphère différente.
Il sait pourtant qu’il ne pourra pas se laisser absorber par l’émotion. L’enjeu est double : prendre trois points face à une équipe qui a pris l’habitude de repartir d’Anfield avec le sourire, et lancer une ère nouvelle sous fond de révolution offensive.
Entre un deal colossal pour Bradley Barcola à finaliser, des couloirs à renforcer, un milieu à rééquilibrer et un passé récent à effacer contre Nottingham Forest, Iraola n’a pas de temps à perdre. Anfield, lui, n’attendra pas.




