L’Inde débute l’Asia Cup 2026 avec une victoire écrasante
L’Inde démarre l’Asia Cup 2026 en trombe et en questions
Portée par trois wickets chacune de Nandni Sharma et Deepti Sharma, l’Inde a étrillé la Thaïlande de 94 runs à Dubaï pour lancer sa campagne de l’Asia Cup 2026. Une victoire large, nette au tableau d’affichage. Moins lisse dans le détail.
La Thaïlande, lancée dans une chasse à 160, n’a jamais vraiment existé. Balayée pour 65. Une seule résistance, celle de Nannapat Koncharoenkai, solide mais isolée, 41 runs en 48 balles, comme un îlot au milieu du naufrage. Autour d’elle, le silence : aucune autre joueuse en double chiffre, et le 6 de Suleeporn Laomi comme deuxième meilleur score. Tout est dit.
Shafali en feu, puis le trou d’air
La journée avait pourtant commencé comme un manifeste de puissance indienne. Envoyée au bâton, l’Inde a frappé fort, très fort. Shafali Verma a transformé le powerplay en zone de frappe personnelle : 64 runs en 36 balles, un démarrage qui a immédiatement étouffé l’adversaire. À l’autre bout, Smriti Mandhana a joué le rôle d’accélératrice secondaire, 10 balles, quatre limites, juste assez pour donner le ton avant de repartir.
Les chiffres du début donnent la mesure de la domination : 38 runs en trois overs, 65 à la fin du powerplay. La Thaïlande subit, recule, encaisse. Shafali continue de pilonner, cette fois épaulée par la débutante Pratika Rawal, plus mesurée, plus prudente dans ses coups. Le contraste fonctionne. L’Inde semble lancée vers un total monstrueux.
Puis vient la première fissure. Le partenariat vient tout juste de passer la barre des 50 runs quand Rawal est surprise par une balle de Suleeporn Laomi qui reste basse après le rebond. Stumps renversés, dynamique cassée. Ce n’est pas qu’un simple wicket. C’est le début d’une chute brutale.
En l’espace de 50 balles, l’Inde passe de 91 pour 1 à 137 pour 9. Huit wickets pour seulement 46 runs. Laomi, déjà décisive avec Rawal, ajoute deux victimes de plus à sa collection et sème le doute dans un camp indien qui semblait jusqu’alors intouchable. Les batteuses défilent, le rythme se grippe, les coups sûrs se transforment en risques mal maîtrisés.
Il faudra les gros coups de Kranti Gaud en fin d’innings pour redonner un peu d’air. Ses frappes dans les deux derniers overs permettent d’arracher 22 runs supplémentaires et de porter le total à 159. Un score solide, mais loin du carnage annoncé après le départ de Shafali.
La riposte thaïlandaise n’aura jamais lieu
Si l’Inde a vacillé au bâton, elle s’est rapidement rassurée balle en main. Dès le premier over de la poursuite, Nattakam Chantam est nettoyée par Kranti Gaud. La Thaïlande perd son ouverture et, avec elle, une bonne partie de sa confiance. La pente devient raide, trop raide.
Sree Charani frappe deux fois, coupe les premiers espoirs de reconstruction. Puis la double lame Nandni–Deepti entre en scène. Les deux off-spinners démontent méthodiquement le milieu et le bas de l’ordre de frappe thaïlandais. Trois wickets chacune, une pression constante, aucune échappatoire. Les batteuses adverses tombent les unes après les autres, incapables de gérer la variation, la trajectoire, le tempo imposé.
Koncharoenkai tente bien de tenir la baraque. Elle reste, accumule, 41 runs en 48 balles, essaie de donner un semblant de structure à l’innings. Mais sans soutien, sa résistance se transforme en simple note positive dans un score collectif famélique. Quand elle finit par céder, il ne reste plus qu’à constater l’écart abyssal entre les deux équipes.
Une démonstration… avec avertissement
Sur le papier, l’Inde signe exactement ce qu’on attend d’une favorite : victoire massive, bowling dominant, star en feu en haut de l’ordre. Dans le détail, l’effondrement de 91 pour 1 à 137 pour 9 offre toutefois un rappel utile. Cette équipe peut détruire un adversaire en quelques overs. Elle peut aussi se compliquer la vie toute seule.
Pour l’instant, le message envoyé au reste du tournoi est clair : avec une Shafali Verma lancée de cette manière et une armée de lanceuses capables de balayer un lineup pour 65, l’Inde reste l’équipe à battre.
La vraie question, désormais, n’est pas de savoir si elle peut gagner largement. Mais si, face à une opposition plus robuste que la Thaïlande, elle saura éviter ces trous d’air qui, un jour ou l’autre, coûtent des titres.




