logo

Hommage à Lionel Messi : la 10e minute de silence en Argentine

Le football argentin va retenir son souffle ce week-end. À la 10e minute de chaque match de championnat, les arbitres lèveront le bras, arrêteront le jeu, et les stades entreront dans une minute d’applaudissements. Pas pour un titre. Pas pour un but. Pour un adieu.

Un hommage à Lionel Messi, 39 ans, qui a tiré un trait définitif sur sa carrière internationale avec l’Argentine.

Une pause pour un numéro 10 éternel

Le symbole est évident. La 10e minute, pour le numéro 10. La décision a été officialisée par l’Association du football argentin, qui a annoncé que tous les matchs du week-end seraient interrompus au même moment pour célébrer l’homme qui a redessiné l’histoire de l’Albiceleste.

« En hommage à la carrière de Lionel Messi avec la sélection argentine, à la 10e minute de jeu de toutes les rencontres, les arbitres arrêteront le match et une minute générale d’applaudissements aura lieu », a indiqué la fédération.

Un message simple, presque intime, conclu par un appel : « Nous espérons vous voir sur les terrains – rejoignez-nous dans cette reconnaissance ! »

Les tribunes répondront. Elles le font depuis près de vingt ans.

Le dernier chapitre en sélection s’est écrit à New York

Messi a officialisé lundi sa retraite internationale, quelques semaines après sa dernière apparition sous le maillot argentin : la finale de la Coupe du monde 2026, perdue face à l’Espagne en juillet. Une défaite cruelle, mais qui n’efface rien.

Car le moment clé, lui, reste gravé à Doha. Capitaine d’une équipe qu’il a portée jusqu’au titre mondial en 2022 au Qatar, Messi a enfin soulevé le trophée qui lui échappait, celui qui le plaçait définitivement aux côtés des plus grands de l’histoire du jeu.

Avec 207 sélections, il est le joueur le plus capé de l’histoire de l’Argentine. Avec 125 buts, il en est aussi le meilleur buteur. Des chiffres qui, dans ce pays, dépassent le simple registre statistique. Ils racontent une génération entière.

Le faux adieu de 2016, le vrai de 2024

Ce n’est pas la première fois que Messi dit stop à la sélection. En 2016, abattu après une nouvelle défaite en finale de Copa América contre le Chili, avec un penalty manqué lors de la séance de tirs au but, il avait annoncé sa retraite internationale. C’était alors la quatrième finale perdue en neuf ans pour l’Argentine.

Le pays avait retenu son souffle, déjà. Il était revenu, porté par l’urgence de gagner enfin avec sa sélection ce qu’il empilait déjà avec ses clubs.

La suite est connue : une Copa América remportée, puis une deuxième, et cette Coupe du monde 2022 qui a tout changé. L’Argentine a fini par gagner. Messi aussi.

Cette fois, la décision semble définitive. En août, marqué par la mort de son père Jorge, décédé à 68 ans après une longue maladie, Messi avait reconnu réfléchir à son avenir. Lors de l’annonce de sa retraite internationale, il a expliqué que ce drame familial l’avait rendu « encore plus convaincu qu’avant » qu’il prenait la bonne décision.

De Budapest à la légende

Tout avait commencé en 2005, presque discrètement. Un remplacement à la 63e minute, lors d’un match amical remporté 2-1 contre la Hongrie. Une première cape, sans éclat particulier, dans un match dont peu se souviennent.

Le reste, en revanche, est inscrit dans chaque mur, chaque bar, chaque terrain vague d’Argentine.

Formé très jeune à La Masia, le centre de formation du FC Barcelona, où il est arrivé à 13 ans, Messi n’a jamais joué en club au plus haut niveau dans son pays. Le lien avec l’Argentine s’est donc construit ailleurs : dans les maillots bleu et blanc, dans les compétitions internationales, dans ces nuits où le pays s’arrêtait pour le regarder.

Il est aujourd’hui le deuxième meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde avec 21 réalisations, derrière Kylian Mbappé (22). Il occupe aussi la deuxième place au classement des buteurs en sélections, derrière Cristiano Ronaldo (146). Des repères d’une ère qu’il a partagée avec ses plus grands rivaux, sans jamais en sortir diminué.

Une légende qui continue à Miami

Si l’histoire avec l’Albiceleste est terminée, celle avec le ballon, elle, continue. Messi reste joueur d’Inter Miami, en Major League Soccer, avec un contrat courant jusqu’à la fin de la saison 2028. L’Argentine ne le verra plus en sélection, mais le monde du football n’a pas encore rangé son génie au rayon des souvenirs.

Ce week-end, pourtant, le pays tout entier va se comporter comme si l’on refermait un livre. Une minute d’applaudissements, à la 10e minute, sur chaque pelouse du championnat. Une minute pour dire merci. Une minute pour un joueur qui a offert à l’Argentine ses plus grandes douleurs, puis ses plus grandes joies.

Et après cette minute, le jeu reprendra. Sans lui, mais dans un pays où, désormais, chaque enfant qui enfile un numéro 10 sait exactement à qui il doit ce rêve.