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Hewett et Reid, rois du double fauteuil à l’US Open

Cinq ans qu’ils attendaient ce moment. Cinq ans que le trophée du double fauteuil masculin à l’US Open leur échappait. À Flushing Meadows, Alfie Hewett et Gordon Reid ont repris possession de “leur” titre, au bout d’un renversement dont ils ont le secret.

Menés d’un set et d’un break, bousculés d’entrée par Martin de la Puente et Ruben Spaargaren, les Britanniques ont semblé vaciller. Le premier acte, perdu 6-2, raconte un début de finale à sens unique : l’Espagnol et le Néerlandais agressifs, précis, sans complexes ; Hewett et Reid en retard sur chaque accélération, en difficulté au service, presque méconnaissables pour un duo de cette trempe.

Puis le match a changé de couleur.

Le réveil des légendes

Break concédé d’entrée dans le deuxième set, regards sombres, tension palpable. Et pourtant, c’est souvent dans ces moments-là que les grandes paires se réinventent. Hewett hausse le ton en retour, Reid verrouille la volée, les échanges s’allongent, la pression monte de l’autre côté du filet. Le rapport de force bascule.

Le 6-3 du deuxième set n’est pas seulement un score. C’est une reprise de contrôle. Une manière de rappeler à De la Puente et Spaargaren qu’en face, ce ne sont pas deux noms de plus sur un tableau, mais une référence absolue de la discipline.

Tout se joue alors dans un match tie-break, ce couperet que les deux hommes connaissent par cœur. Là encore, rien de facile. Les points sont arrachés, disputés, parfois sauvés au courage. Mais point après point, l’expérience pèse. Hewett trouve les lignes, Reid ferme les angles. Le 10-7 final scelle une remontée à leur image : rugueuse, maîtrisée, implacable quand il le faut.

Un 30e Majeur pour Reid, une paire historique

Pour Gordon Reid, ce titre a une saveur particulière. À 34 ans, il décroche son 30e titre du Grand Chelem en double, onze ans après le premier. Un chiffre vertigineux. Vingt-six de ces couronnes ont été conquises aux côtés d’Alfie Hewett. Une association qui dure, qui gagne, qui résiste au temps.

“Nous n’avions plus gagné ici depuis cinq ans, c’est quelque chose que nous voulions vraiment, pour lequel nous étions très motivés”, a soufflé Hewett, 28 ans, encore sur l’adrénaline du succès. Il a aussi prévenu : “Ce ne sera pas le dernier, nous avons encore beaucoup de doubles à jouer à l’avenir.” Une promesse plus qu’une formule.

Reid, lui, a rappelé la longévité de ce tandem : plus de treize ans qu’ils jouent ensemble. Treize ans de voyages, de finales, de titres, de défaites encaissées à deux. “Et il n’en a pas encore marre de moi”, a-t-il lancé avec un sourire, avant d’ajouter qu’il espérait “quelques années de plus” à ce niveau.

Le public, le décor et la suite

Cette finale n’a pas seulement offert un nouveau chapitre à leur palmarès. Elle a aussi montré ce que le tennis en fauteuil peut produire de plus spectaculaire, sous les projecteurs de New York. “Ce sont ce genre de matchs que nous voulons jouer devant un public aussi incroyable. Je suis heureux que nous ayons pu vous offrir un petit spectacle ce soir”, a confié Hewett.

Mission accomplie. Le duo britannique a rappelé pourquoi il reste une référence mondiale, même quand le temps passe, même quand de nouvelles menaces émergent. Sixième titre commun à l’US Open, une dynastie qui se prolonge et une question qui s’impose déjà : qui pourra vraiment déloger Hewett et Reid de ce trône-là dans les années à venir ?