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Harry Brook et Jos Buttler brillent à Southampton

Harry Brook et Jos Buttler ont remis le feu à Southampton. Même stade, même format, même carnage. Pour la deuxième fois de l’été, le public de l’Utilita Bowl a vu l’attaque anglaise transformer un T20 en démonstration : 254 pour 4, un succès de 119 points contre le Sri Lanka, et un premier soir parfait sous le regard du nouveau mentor du white-ball, Kevin Pietersen.

Brook capitaine, buteur et bourreau

Harry Brook, promu capitaine en white-ball, a signé une soirée de patron. 114 points invaincu sur 49 balles, un rythme dément, une autorité totale. Il a plié le match en un passage. Le cinquième over de l’Angleterre restera comme son manifeste : 30 points, six limites en six balles face au gaucher Dunith Wellalage. Trois six, trois quatre. Une leçon.

La première balle, un six un peu chanceux vers le long-on, a glissé sur le coussin. Les cinq suivantes ont été chirurgicales : un quatre au-dessus de la tête du lanceur, un autre vers le long-on, un scoop en six au-dessus du fine leg, un maximum sur le long-off, puis un dernier quatre derrière le point. Le tout avec un calme glaçant.

Brook a atteint son deuxième siècle en T20 international en seulement 42 balles. Dans l’histoire de l’Angleterre, seul Phil Salt a fait plus vite, avec un cent en 39 balles contre l’Afrique du Sud en 2025. Ce soir, Salt était absent sur blessure (cuisse), laissant une place à Aneurin Donald. Brook, lui, a occupé tout l’espace.

Sur le banc, Kevin Pietersen souriait. L’ancien géant du cricket anglais, plus de 14 000 runs internationaux entre 2004 et 2014, voyait son héritier supposé découper le Sri Lanka. Ben Stokes, à distance, s’en mêlait sur les réseaux : selon lui, Brook possède un talent que même le « génie » de Pietersen n’atteint pas. Puis il a rectifié, par respect : deux phénomènes, mais Brook au-dessus, à ses yeux.

Buttler change de costume, pas de menace

Cette fois, les rôles étaient inversés par rapport au festival de juillet contre l’Inde, déjà ici à Southampton. Ce jour-là, Jos Buttler avait frappé un cent, Brook était resté sur 95*, et l’Angleterre avait empilé 257 pour 3 pour clore un sweep 4-0. Contre le Sri Lanka, Buttler a laissé la vedette à son successeur au brassard, sans jamais cesser de martyriser les lanceurs.

Pour son premier innings depuis la finale du Hundred à Lord’s le 16 août, Buttler a claqué 80 sur 49 balles. Fluide, brutal par séquences, toujours en contrôle. Avec Brook, il a ajouté 128 points pour le deuxième guichet en seulement 60 balles. Un partenariat qui a transformé un départ prometteur en avalanche.

Avant eux, Aneurin Donald, pour sa première sélection, avait offert un éclair. 12 points sur 5 balles, un six côté leg, un quatre en extra-cover, puis un loft manqué vers Wellalage. Une apparition brève, mais assez explosive pour annoncer le ton de la soirée.

Au total, Brook et Buttler ont frappé 28 limites à eux deux. Le Sri Lanka n’a jamais trouvé le moindre plan pour les contenir. Ni variations, ni longueur, ni spin n’ont changé le scénario : chaque erreur de longueur était punie, chaque hésitation transformée en punition.

Baker, Rashid et un Sri Lanka sans réponse

Si l’attaque anglaise a écrasé le début de soirée, la balle a ensuite confirmé la différence abyssale entre les deux équipes. Le Sri Lanka, lancé à la poursuite de 255, n’a jamais vraiment commencé sa chasse. 135 tous out en 19 overs, une treizième défaite consécutive contre l’Angleterre dans ce format, une série noire qui remonte à 2014.

Sonny Baker, rapide, précis, économe, a signé ses premiers pas marquants en white-ball pour l’Angleterre. Trois guichets pour 12 points en quatre overs. Il a notamment nettoyé les stumps de Kamil Mishara (10), symbole d’un plan clair : attaquer, viser, ne rien offrir.

Adil Rashid, bousculé un instant par Dasun Shanaka, a rappelé pourquoi il reste le maître du spin anglais. Deux six consécutifs concédés, puis une merveille de livraison qui trouve l’arête de Shanaka (24 sur 14). Un changement de trajectoire, un léger drift, et le capitaine sri-lankais repart, la batte secouée, l’espoir aussi.

Le reste a suivi la même pente. Sous la houlette de Brook, impeccable aussi dans sa gestion des changements de lanceurs, l’Angleterre a étouffé le moindre début de partenariat. Jamie Overton (2 pour 20) et Liam Dawson (2 pour 23) ont partagé quatre guichets, Baker a fini le travail, et seul Wellalage a résisté un peu avec 33 sur 21 balles, quatre quatre et deux six. Trop peu, trop tard.

Le Sri Lanka était déjà à 69 pour 5 à la moitié de la poursuite. À ce stade, la question n’était plus de savoir s’ils pouvaient gagner, mais s’ils éviteraient l’humiliation. Ils ne l’ont pas vraiment évitée.

Cardiff en ligne de mire, Donald de retour chez lui

Cette victoire porte la marque d’un groupe qui sait ce qu’il fait en T20. L’Angleterre en est désormais à 21 succès sur ses 24 derniers matches dans le format. Le Sri Lanka, lui, reste enfermé dans une spirale contre cet adversaire qu’il ne parvient plus à inquiéter.

Prochaine étape : Cardiff, jeudi soir. Une occasion de plier la série avec un match d’avance, avant un dernier rendez-vous à Emirates Old Trafford samedi. Pour Brook, l’enjeu dépasse le simple résultat : confirmer que cette équipe peut se réinventer autour de lui, sous l’œil d’un mentor comme Pietersen.

Pour Aneurin Donald, le décor change mais l’histoire s’annonce spéciale. Le batteur de Derbyshire, formé à l’académie de Glamorgan, va retrouver le pays de sa naissance. Il devient le premier international issu du cru de Cardiff depuis Simon Jones, héros des Ashes 2005. Après un caméo à Southampton, il visera cette fois un rôle plus central.

L’Angleterre a lancé l’ère Pietersen en white-ball avec un feu d’artifice. La question est simple désormais : combien de temps ce duo Brook–Buttler peut-il maintenir ce niveau de destruction, et qui, dans ce format, se sent encore capable de leur tenir tête ?