La Grande-Bretagne remporte le barrage et atteint le « Final Eight »
La pression n’aura pas duré bien longtemps au Copper Box Arena. En deux jours, la Grande-Bretagne a balayé l’Équateur et validé son billet pour les Davis Cup Finals de novembre, s’offrant même le luxe de conclure dès le double dominical. Score sans appel : 3-0 dans ce barrage disputé à Londres, salle comble, ambiance de phase finale.
Un double clinique pour plier le suspense
Dimanche, Henry Patten et Neal Skupski sont entrés sur le court avec une mission simple : finir le travail. Ils l’ont exécutée avec une froide précision. En 6-3, 6-4 face à Gonzalo Escobar et Diego Hidalgo, le duo britannique a offert à son pays une place assurée dans le « Final Eight » de Bologne.
Aucun break concédé, pas la moindre balle de break à sauver, une complémentarité qui saute aux yeux alors même qu’ils ne jouent pas ensemble sur le circuit ATP. Patten, numéro un mondial en double, et Skupski, tout frais champion de l’US Open, ont imposé leur loi dès les premiers échanges. Service tranchant, retours agressifs, prises de filet maîtrisées : l’Équateur n’a jamais trouvé la clé.
Sur le court, Henry Patten a laissé éclater un soulagement mêlé de fierté : lui et son partenaire savaient que Leon Smith comptait sur eux pour éviter un dimanche à rallonge. Mission accomplie au premier essai.
Une campagne relancée après des doutes
Ce succès a une portée qui dépasse largement ce week-end londonien. La Grande-Bretagne n’avait plus atteint le tableau à élimination directe de la Coupe Davis depuis 2023. La dynamique semblait grippée, les certitudes fragiles. Et ce barrage n’était pas abordé dans les meilleures conditions.
Jack Draper a mis fin à sa saison en avance. Jan Choinski et Jacob Fearnley manquaient à l’appel, blessés. Puis, coup dur de dernière minute : Cameron Norrie, numéro deux britannique, a dû renoncer vendredi après une douleur au bras ressentie à l’entraînement. Sur le papier, l’Équateur restait outsider. Dans les faits, Leon Smith se retrouvait avec une équipe jeune, remodelée, et un vrai risque de faux pas.
Les doutes n’ont pas résisté au samedi.
Samuel, le déclic d’un nouveau visage
Toby Samuel, quasiment inconnu du grand public il y a encore un an, a ouvert la voie. Longtemps cantonné au-delà de la 250e place mondiale, le Britannique a explosé cette saison pour grimper jusqu’au 95e rang. À Londres, il disputait son tout premier match de Coupe Davis.
Nerfs tendus, début compliqué, un set concédé d’entrée face à Andres Andrade : 4-6. Le genre de scénario qui peut faire vaciller un novice. Samuel a choisi l’option inverse. Il s’est accroché, a serré le jeu, a pris la balle plus tôt, jusqu’à renverser complètement la rencontre : 6-4, 6-1. Un match qui ressemble à un manifeste. La Coupe Davis aime ces bascules-là.
Fery en patron, sans trembler
Juste derrière, Arthur Fery a confirmé l’élan. Lui non plus n’a pas l’expérience des grands rendez-vous en sélection. Il ne vivait que sa deuxième apparition en Coupe Davis. Mais sur le court, le statut de numéro un britannique du week-end ne l’a pas écrasé, au contraire.
Face à Alvaro Guillen Meza, Fery a livré une prestation pleine de maîtrise. Un premier set accroché, gagné 7-5, puis une démonstration : 6-0. Le public s’est levé, sentant que le tournant du week-end était déjà passé. À 2-0, l’Équateur n’avait plus qu’un mince fil auquel s’accrocher. Le double allait le couper net.
Skupski, de la génération Murray au rôle de doyen
Neal Skupski connaît la maison. Sa première cape remonte à 2019, à l’époque où la sélection tournait autour de Jamie Murray, Andy Murray ou Dan Evans. Cette fois, à 36 ans, il est le vétéran du groupe. Seizième apparition en Coupe Davis, mais la même flamme.
De retour après dix-huit mois marqués par les plus grands titres de sa carrière, il a savouré cette nouvelle campagne avec une équipe rajeunie, portée par un public entièrement acquis à sa cause. La salle, compacte, a joué son rôle : chaque point gagné par les Britanniques sonnait comme une piqûre de rappel pour l’Équateur.
Patten, lui, s’est fondu dans le décor comme s’il avait toujours été là. Statut de numéro un mondial assumé, attitude de leader discret, efficacité maximale. Le duo a imposé un standard de jeu qui donne une idée du potentiel britannique pour la suite.
Bologne en ligne de mire
La Grande-Bretagne retrouvera donc en novembre le « Final Eight » de la Coupe Davis, ce rendez-vous qu’elle regardait de loin depuis 2023. Cette fois, elle y arrivera avec un visage différent, moins dépendant de ses cadres historiques, plus ouvert à cette nouvelle vague incarnée par Samuel et Fery, encadrée par des spécialistes de double au sommet comme Patten et Skupski.
Le Copper Box Arena a vu naître quelque chose ce week-end : non pas une surprise, mais une confirmation. Malgré les absences, malgré les pépins de dernière minute, la Grande-Bretagne a tenu son rang. Reste une question, désormais : ce groupe rajeuni et libéré pourra-t-il transformer ce billet pour Bologne en véritable campagne pour le titre ?




