Grand Prix d’Italie : Monza entre argent et domination
Le temple de la vitesse a encore tenu ses promesses. À Monza, là où les tifosi viennent d’ordinaire célébrer Ferrari, c’est bien Mercedes qui a pris possession des lieux, portée par un Kimi Antonelli déchaîné et un Lewis Hamilton en mode chasseur. Et au milieu de ce chaos, Max Verstappen a, lui, trouvé le moyen de s’emparer de la tête de la course.
Le drame pour Leclerc, le silence pour les tifosi
La journée avait pourtant commencé avec l’espoir rouge habituel. Puis tout s’est effondré en quelques secondes. Charles Leclerc perd le contrôle, s’envole hors de la piste et termine sa course dans les barrières de pneus. Impact violent, drapeau rouge immédiat. Le Monégasque sort vite de la voiture, visiblement indemne, mais son Grand Prix d’Italie s’arrête net.
Dans les tribunes, le murmure se transforme en silence. Ferrari perd son héros à domicile, très tôt, beaucoup trop tôt. Et pour les tifosi, le coup de massue ne s’arrête pas là : quelques tours plus tard, Lewis Hamilton glisse jusqu’à la huitième place au quatrième tour. Monza gronde, Monza soupire. La fête rouge tourne au cauchemar.
Un départ électrique, Gasly et Russell au coude-à-coude
Tout avait commencé dans une intensité brute. Au premier départ, Pierre Gasly jaillit parfaitement et vire en tête au premier virage. Derrière, Lewis Hamilton élargit, sort de la trajectoire et perd trois places d’un coup. Le ton est donné : ce Grand Prix ne pardonnera rien.
Très vite, la bataille en tête se resserre. George Russell déborde Gasly au deuxième tour, le Français réplique, reprend les commandes, avant de céder à nouveau face à la Mercedes. Cette fois, Russell semble installer son rythme. Dans leur sillage, Max Verstappen grimpe déjà au troisième rang, prêt à bondir à la moindre ouverture.
Puis vient l’accident de Leclerc, le drapeau rouge, l’interruption. La FIA annonce une reprise à 10 h 39 (heure de la côte Est). Le temps se fige, les mécaniciens s’affairent, le public tente de reprendre son souffle.
Nouveau départ, nouvelle furie
Relance. « Lights out and away we go… again. » George Russell s’arrache parfaitement, Lewis Hamilton aussi. Le septuple champion gagne plusieurs positions d’un coup, profitant du chaos du peloton. Plus loin, la course se complique pour Alpine : Franco Colapinto se rate et glisse jusqu’à la 15e place.
La tension remonte d’un cran à chaque tour. Hamilton remonte, Verstappen se rapproche, Gasly s’accroche. Et dans l’ombre, presque hors champ, un nom commence à remonter les classements à une vitesse folle : Kimi Antonelli.
Antonelli, la remontée insensée
Parti 19e, le leader du championnat n’a rien d’un figurant. Tour après tour, il avale les voitures, profite des relances, des erreurs, des opportunités. Quand la course entre dans sa phase décisive, le voilà déjà dans le top 10. Puis dans le top 8. Puis plus haut encore.
Alors que Lewis Hamilton se hisse en troisième position, Kimi Antonelli, lui, fait exploser les chronos et se retrouve cinquième. Une charge spectaculaire, presque irréelle à ce niveau. Le pilote Mercedes ne se contente pas de défendre son avance au championnat, il l’illustre, il l’impose.
À ce moment-là, Monza ne voit plus seulement l’argent comme une menace pour Ferrari. L’argent domine.
Verstappen prend le pouvoir
Devant, la pression devient intenable. George Russell a longtemps semblé tenir le bon bout, solide en tête après sa prise de pouvoir sur Gasly. Mais Max Verstappen ne lâche jamais une proie aussi facilement.
Quand l’occasion se présente, le Néerlandais frappe. Il s’empare du commandement de la course. Simple, clinique, implacable. Une fois en tête, il impose son tempo, comme si la suite n’était plus qu’une formalité.
Russell doit désormais gérer. Hamilton, revenu en troisième place, surveille tout ce qui se passe devant lui, tout en se protégeant de ceux qui arrivent derrière. Antonelli, lui, continue de grignoter, comme si partir 19e n’était qu’un détail anecdotique.
Monza, théâtre d’une bascule
Le scénario a tout renversé : Ferrari hors-jeu avec l’abandon de Leclerc, les tifosi sonnés, Alpine à la peine, et Mercedes qui transforme Monza en démonstration de force. Kimi Antonelli, leader du championnat, a pris la course à rebours pour mieux la dominer. Lewis Hamilton, d’abord en difficulté, a retrouvé le chemin de l’attaque. George Russell a mené, longtemps, avant de céder à Verstappen. Et Max, encore une fois, a trouvé le moyen de s’installer en tête.
À la sortie de ce Grand Prix, une question s’impose : dans un temple historiquement rouge, combien de temps encore les tifosi accepteront-ils de voir l’argent et le bleu foncé dicter la loi sur leur propre terre ?




