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Grand Prix d’Italie 2026 : Monza en pleine effervescence

Le Temple de la Vitesse ne déçoit jamais. À Monza, le 53e tour n’est même pas en vue que la course a déjà basculé plusieurs fois, entre coups d’éclat, crash spectaculaire et scénario de championnat relancé.

Sur la feuille de temps, George Russell mène devant Pierre Gasly, Max Verstappen pointe déjà troisième, et Franco Colapinto a grimpé jusqu’en quatrième position devant Oscar Piastri. Mais cette photographie ne dit rien du chaos, ni du choc qui a figé le circuit italien.

Un départ brûlant, Gasly sous pression immédiate

Les feux s’éteignent. Quatre, cinq, puis le rugissement. Pierre Gasly jaillit et se décale aussitôt vers l’intérieur pour défendre sa pole. Derrière, c’est déjà la mêlée : Charles Leclerc tasse Lewis Hamilton vers les graviers au premier virage. Le septuple champion s’en sort, mais l’avertissement est clair. On ne lui fera pas de cadeau aujourd’hui.

Oscar Piastri se jette sur Max Verstappen au deuxième chicane. Le Néerlandais tient bon, résiste et garde sa position. La Red Bull se place ensuite dans les rétros de Leclerc, prête à frapper. Devant, Gasly sait qu’il n’a aucun répit. Russell, à bord de la Mercedes, colle, observe, prépare son moment.

Les choix de pneus donnent déjà le ton : gommes mediums pour la première ligne, softs pour les Ferrari, qui misent sur un début de course agressif. Sur la grille, Flavio Briatore est venu glisser quelques mots à Gasly. Une scène qui sent la vieille école, la pression, et les grandes occasions.

Russell frappe, Verstappen s’invite, Monza retient son souffle

Le moment de Russell arrive. Le Britannique se jette sur Gasly à la chicane, plonge à l’intérieur et s’empare de la tête. Attaque nette, propre, imparable. La Mercedes prend le commandement.

Gasly ne se laisse pas enterrer pour autant. Derrière, Leclerc en profite un instant pour passer à son tour à la chicane, mais le Français réplique dans Curva Grande et reprend la deuxième place. Duel à haute vitesse, à l’ancienne, porté par un public partagé entre la ferveur pour Ferrari et la curiosité pour ce poleman inattendu.

La pression monte encore d’un cran quand Verstappen décide de forcer le destin. Cette fois, c’est à Ascari qu’il s’attaque à Leclerc. Un dépassement rare, risqué, mais parfaitement exécuté. La Red Bull passe, et Max grimpe dans le trio de tête. Piastri, lui, sent l’opportunité : il harcèle Leclerc jusqu’à la Parabolica.

C’est là que tout bascule.

Leclerc perd l’arrière, fracas à la Parabolica

À l’entrée de la Parabolica, la Ferrari de Leclerc décroche brutalement. L’arrière se dérobe, la voiture part en dérive et finit sa course de côté dans le mur. Impact violent, choc sec. Le Monegasque sort seul de la voiture, visiblement sonné, isolé, abattu, au bord du circuit. Monza se tait une seconde.

La direction de course n’hésite pas : safety car, puis drapeau rouge. Le mur a encaissé trop fort, il faut réparer. La course est stoppée. Leclerc, lui, traverse ce qui ressemble à un moment de solitude cruelle, loin du rêve de victoire à domicile.

Course figée, hiérarchie chamboulée

Au moment de l’interruption, Russell mène devant Gasly. Verstappen a déjà remonté au troisième rang, Colapinto s’est hissé quatrième, devant Piastri. Les Haas se sont invitées dans le top 10, avec Oliver Bearman devant Esteban Ocon. Gabriel Bortoleto pointe 11e, juste devant Kimi Antonelli, déjà bien remonté après s’être élancé 19e.

L’Italien, annoncé comme l’avenir de Ferrari, remonte le peloton à domicile. Le scénario rêvé par les tifosi, même si la Scuderia souffre en tête de course. Liam Lawson, lui, a déjà gagné une quinzaine de positions après un départ depuis la voie des stands. Une remontée discrète mais impressionnante.

La voiture de sécurité s’efface, puis le drapeau rouge tombe. Les commissaires s’affairent devant un mur sérieusement endommagé. Le choc de Leclerc a laissé des traces.

Monza, 30 ans après Schumacher, entre nostalgie et tumulte

Ce Grand Prix d’Italie n’est pas qu’une bataille sportive. Il porte aussi une charge symbolique. Trente ans se sont écoulés depuis la première victoire de Michael Schumacher à Monza avec Ferrari. Pour marquer le coup, Rubens Barrichello et Sebastian Vettel ont ressorti la mythique Ferrari F2002.

Hier, Barrichello a fait rugir le V10 sur l’asphalte lombard. Aujourd’hui, Vettel a pris le relais au volant de cette machine de légende. Un rappel sonore et visuel d’une époque où Monza vibrait au rythme d’une domination rouge, parfois écrasante, souvent prévisible.

Le contraste avec ce dimanche est frappant. Le plateau est ouvert, les scénarios se brisent en quelques tours, et rien ne semble écrit.

Gasly, Russell, Antonelli : les questions qui restent

À la relance, une interrogation domine : Pierre Gasly peut-il transformer cette première pole en deuxième victoire en F1 ? Russell, lui, a l’occasion rêvée de réduire son retard au championnat sur Kimi Antonelli, contraint à une remontée depuis le fond de grille.

Les Ferrari, déjà malmenées en qualifications, peuvent-elles encore offrir à Monza la victoire dont le public rêve, après le crash de Leclerc ? Antonelli peut-il retourner le circuit en poursuivant sa remontée éclair ?

Le Temple de la Vitesse est plein à craquer, les moteurs refroidissent sous le drapeau rouge, mais la tension ne retombe pas. La course n’a pas encore livré son verdict, et une chose est sûre : à Monza, cette année, rien ne ressemble à ces dimanches “prévisibles” que l’on regrettait à moitié.