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Gordon Strachan alerte : Leeds doit protéger Dominic Calvert-Lewin

Gordon Strachan tire la sonnette d’alarme : Leeds doit protéger Dominic Calvert-Lewin. Et vite.

L’ancien meneur de jeu, héros du titre, observe l’attaquant anglais avec une pointe d’inquiétude. Trop de coups, trop souvent, trop longtemps. Selon lui, le buteur vit le match comme un sac de frappe humain : « Il est constamment mis au sol, frappé, bousculé. C’est non-stop pour Calvert-Lewin. »

Strachan, qui s’exprimait pour Grosvenor Sport, venait tout juste de le voir à l’œuvre. Il était en tribune dimanche pour ce nul arraché face à Brentford. Un point qu’il juge précieux, et pas seulement pour le classement. Pour la référence aussi.

Car dans son regard, Brentford n’est pas un simple adversaire du milieu de tableau. C’est une équipe complète, structurée, redoutable : « Brentford est une top équipe, vraiment. Tu parles d’un collectif abouti, c’est eux. Leurs trois milieux, je serais incapable de dire lequel est le meilleur. Pareil pour leurs trois attaquants. Je sais juste qu’ils sont tous bons. »

Les milieux, excellents. Les attaquants de côté, qu’il préfère appeler « attaquants excentrés », donnent une vraie profondeur au système. Et Strachan va plus loin : à ses yeux, Brentford ressemble aujourd’hui davantage à une vraie équipe que Manchester United.

Dans ce contexte, la prestation de Calvert-Lewin prend une autre dimension. L’attaquant a passé l’après-midi à lutter, dos au but, face à deux grands défenseurs centraux qu’il qualifie de « merveilleux ». Chocs, duels aériens, ballons dosés à la limite. Il encaisse, encore et encore, tente de conserver, de faire remonter le bloc. Et malgré ce régime brutal, il trouve le moyen de marquer. « Assez phénoménal », souffle Strachan.

Mais derrière l’admiration, la préoccupation revient. Le danger n’est pas seulement physique. Il est mental. À force d’être la cible de tous les chocs, Calvert-Lewin porte trop sur ses épaules. Trop de responsabilités, trop de ballons à jouer loin de la surface, là où il s’use plus qu’il ne fait mal.

Pour Strachan, la solution est claire : on ne peut plus le laisser se débrouiller seul en pointe. Il faut du soutien, un relais, un numéro 10 ou un milieu capable de se projeter près de lui. Créer une « zone de retombée » autour du buteur, un espace où un coéquipier vient prendre une partie des coups, des duels, des ballons difficiles. « Peu importe qui monte, dit-il en substance, du moment qu’il y a quelqu’un autour de lui. Ça enlève 50 % des coups que Calvert-Lewin reçoit. »

L’ancien capitaine voit même un modèle à suivre : Erling Haaland. Pas pour le volume de buts, mais pour la manière de vivre le match. Haaland reste souvent à distance du jeu, laisse les autres venir au contact, encaisser les charges, gérer les premières passes. Lui attend. Il se tient à l’écart, flotte entre les lignes, pour mieux surgir dans la surface. C’est là qu’il fait mal.

Strachan aimerait que Leeds protège Calvert-Lewin de la même manière. Le tenir un peu plus loin de la mêlée, le préserver des duels incessants, lui permettre de passer plus de temps dans la zone de vérité plutôt qu’au milieu des coups. « Je m’inquiète parce qu’il prend tout sur lui, et ça lui rend très difficile l’accès à la surface », explique-t-il.

Son constat sur le match de dimanche reste pourtant élogieux. En première période, il se trouvait juste à côté de l’action, au plus près des contacts. Il a vu Calvert-Lewin se faire « rentrer dedans » par ces deux grands centraux, lutter pour garder le ballon, résister à la pression. Et malgré ce traitement, il a trouvé le chemin du but. Un exploit, à ses yeux.

Reste une dernière idée, plus radicale. Strachan ne cache pas qu’il signerait sans hésiter pour un « autre Calvert-Lewin » dans l’effectif. Un deuxième attaquant du même profil, capable de partager la charge, les coups, les responsabilités. Mais il sait aussi ce que coûte ce genre de profil sur le marché. « Si tu peux recruter un autre Calvert-Lewin, fais-le. Mais où trouves-tu un autre Calvert-Lewin qui ne va pas te coûter 40-50 millions de livres pour ce type d’attaquant ? »

La question claque comme un rappel à la réalité. Leeds tient un avant-centre qui accepte tout, encaisse tout, et marque encore. La vraie décision, désormais, ne porte plus seulement sur la façon de le faire marquer davantage. Elle porte sur la façon de le garder debout jusqu’à la fin de la saison.