Glenn Phillips et son catch incroyable qui a changé le match
Glenn Phillips, l’instant de génie qui a fait basculer la nuit
On voit des catches spectaculaires chaque saison en Caribbean Premier League. Mais celui de Glenn Phillips, une main tendue dans le ciel lourd de Guyane, appartient à une autre catégorie. Le genre d’action qui fige un stade, arrache un rire incrédule même à son auteur et change la couleur d’une poursuite.
Trinidad & Tobago Knight Riders couraient après un objectif révisé à 182, sous la pression du DLS et d’un tableau de bord déjà nerveux. Sunil Narine venait à peine d’arriver, deux balles à peine pour trouver le rythme. Dwaine Pretorius, lui, n’a pas attendu. Un short ball, bien dirigé, qui monte juste assez pour provoquer le réflexe : Narine se jette dedans, tir à plat vers le côté leg, plein fouet, sans retenue.
La suite tient du ralenti de cinéma.
Placée à deep square leg, la silhouette de Glenn Phillips s’active instantanément. Départ fulgurant sur la droite, regard rivé sur une balle qui semble un instant lui échapper. Une fraction de seconde de flottement, comme si la trajectoire se brouillait dans la nuit humide. Puis un frein brutal, un ajustement de corps, et ce bras droit qui se déploie, tendu au maximum. La main accroche la balle au sommet de son vol, une seule paume pour défier la logique. Attraper ça à l’entraînement serait déjà une prouesse. Le faire en match, en pleine course, relève de l’insolence.
Phillips reste figé une seconde, bouche entrouverte, avant de laisser échapper un petit rire, mélange de surprise et de satisfaction. Narine, lui, s’en va pour un seul run en deux balles, et TKR s’enfonce un peu plus dans ses problèmes.
Hetmyer rallume la soirée après la pluie
Ce moment de magie défensive s’inscrit dans une rencontre hachée, presque brisée en deux par la pluie. Guyana Amazon Warriors avait déjà perdu deux wickets dans le powerplay quand l’averse s’est abattue, imposant une interruption de plus de 90 minutes. À la reprise, un homme a pris le contrôle : Shimron Hetmyer.
Le gaucher a livré une démonstration brutale et méthodique. Son deuxième century en CPL, en seulement 40 balles. Des frappes propres, des choix de coups calculés, une gestion parfaite du tempo. Il a reconstruit, puis accéléré, jusqu’à pousser Guyana à 185/5 en 16 overs, total gonflé par un caméo précieux de Romario Shepherd en fin d’essay. Dans le contexte réduit par la pluie, c’était un score massif.
Le calcul DLS a ensuite imposé à Trinidad & Tobago Knight Riders une cible de 182. Un rythme élevé à tenir dès la première balle, sans marge pour les hésitations.
Pooran embrase, Nabi éteint
Colin Munro a tenté d’installer la base avec quelques limites bien frappées. Des signaux encourageants, vite contredits par la chute de Narine, victime de l’exploit de Phillips. La pression a alors changé de nature : plus de risques, moins de temps.
Nicholas Pooran a répondu comme il sait le faire, par l’attaque frontale. Un assaut agressif, des frappes nettes, et TKR qui grimpe à 50 dès le cinquième over. La poursuite est vivante, le vestiaire se réchauffe, le public commence à y croire.
Puis Mohammad Nabi s’est invité dans le scénario.
Le vétéran a renversé la dynamique en quelques overs. Trois wickets cruciaux, dont celui de Pooran, véritable cœur de la résistance. Chaque prise a grignoté un peu plus la confiance de TKR. Quand Imran Tahir a piégé Justin Greaves lbw, le tableau affichait 68/5 dans le huitième over. La pente devenait vertigineuse.
Hales se rebelle, Guyana tient la ligne
Dans ce décor d’effondrement, Alex Hales et Akeal Hosein ont tenté de recoller les morceaux. Une association de 43 runs pour le sixième wicket, construite contre le chronomètre et contre un bowling de plus en plus sûr de lui. Hales, surtout, a retrouvé des sensations longtemps attendues : premier fifty de sa saison, en seulement 23 balles. Des frappes franches, un timing retrouvé, l’impression, un instant, que la poursuite pouvait renaître.
Joshua Da Silva a ajouté trois boundaries en fin d’innings, grignotant l’écart, forçant Guyana à rester concentré jusqu’à la dernière balle. Mais le mal était déjà fait plus tôt. Les Warriors n’ont jamais vraiment perdu la main, gardant toujours une longueur d’avance, un wicket au bon moment, un over bien tenu.
Au final, l’écart se réduit, mais la réalité reste nette : victoire de Guyana Amazon Warriors par neuf runs. Un succès construit sur le coup de marteau de Hetmyer, la science de Nabi, et scellé, dans la mémoire collective, par une main tendue de Glenn Phillips dans la nuit caribéenne.
Dans une saison où chaque point pèse lourd, ce genre de soirée peut-il marquer le tournant pour Guyana… et le début des questions pour TKR ?




