Glamorgan met fin à dix ans de disette en battant Surrey
Dix ans qu’ils attendaient ça. À l’Oval, terre souvent hostile, Glamorgan a enfin retrouvé le goût de la victoire en red-ball, pliant Surrey par 184 runs et validant, avec autorité, sa place en Division One pour la saison prochaine.
Sur le papier, la mission semblait presque irréelle pour Surrey : 612 runs à aller chercher, un record mondial à battre, et quatre jours de pression galloise. Sur le terrain, ils ont résisté, parfois brillamment. Mais la pression a fini par fissurer les défenses, une à une.
Patel rallume l’espoir, Glamorgan éteint la lumière
Surrey repart au matin du quatrième jour sur 177 pour 2, avec un mince fil d’espoir et un nom en lettres capitales : Ryan Patel. Le gaucher est déjà bien installé, il file vers les 100, il frappe Timm van der Gugten tout droit pour une limite qui le propulse dans les 90. Le ton est donné : Surrey n’a pas l’intention de se coucher sans se battre.
Face à lui, Ollie Pope tangue. Il joue, il manque, il s’en sort de justesse sur un coup mal contrôlé qui frôle le champ intérieur. Van der Gugten insiste, inlassable, ligne après ligne. Le danger est permanent.
C’est finalement Zain ul Hassan qui fait sauter la première digue. Premier changement, troisième balle, Pope se laisse tenter, pousse la batte, effleure. Chris Cooke, collé aux stumps, ne laisse rien tomber. La partnership de 168 s’écroule, et avec elle une bonne partie de la confiance de Surrey.
Patel, lui, s’accroche. Il finit par atteindre son premier century de la saison, un simple côté jambe face à Mason Crane, presque discret au regard de l’enjeu. À ses côtés, Dan Lawrence entre en scène à grands coups de batte, agressif, frappant Van der Gugten jusqu’à la corde. Surrey respire de nouveau, au moins jusqu’au déjeuner.
Le tournant juste avant la pause
Alors que la session semble filer vers une accalmie, Glamorgan frappe au moment le plus cruel pour un batteur : la dernière balle avant le lunch. Mir Hamza trouve la ligne, Patel pousse, et Ben Kellaway surgit au gully. Plongeon sur sa droite, prise parfaite. Quatre heures de résistance balayées en un instant. Patel s’en va à 132, Surrey perd son pilier.
Au retour, Lawrence tente de reprendre le fil. Il inverse la batte, reverse-sweep plein de confiance, la balle file à la limite, Surrey dépasse les 300. Le geste est audacieux, presque provocateur. Il tente de le répéter quelques overs plus tard. Cette fois, la balle monte, flotte, et Asa Tribe jaillit depuis le slip pour conclure. Lawrence s’en va, l’élan de Surrey avec lui.
L’étau se resserre : les spinners à la manœuvre
Senteur de fin de match. Glamorgan dégaine alors un plan clair : tout spin. Kellaway épaulé par Mason Crane, les deux encerclent des batteurs désormais sous pression.
Crane frappe immédiatement un grand coup. Un bijou de leg-spin, qui tourne violemment et vient fracasser le off stump d’Adam Thomas. Surrey perd un wicket de plus, et voit ses derniers espoirs se poser sur les épaules de Ben Foakes.
Foakes et Tom Lawes s’accrochent. Ils bloquent, laissent passer, punissent les erreurs. Leur partenariat de 49 ralentit la marche de Glamorgan, grignote des overs, instille un doute : et si Surrey tenait le nul ?
Van der Gugten revient avec le nouveau ballon. Et il ne fait pas de sentiments. Une balle tendue, basse, transperce la défense de Foakes, le middle stump vole. Image forte : le spécialiste du sauvetage renvoyé, Surrey à découvert.
Crane conclut, Van der Gugten scelle l’histoire
Tom Lawes reste, calme, solide. Il choisit ses coups, repousse les meilleures balles, claque les plus faibles vers la corde. Il se rapproche de son cinquantième run, symbole d’une résistance courageuse. Mais Crane le piège, le bloque devant les stumps, lbw. Lawes tombe à 45, les derniers espoirs de Surrey avec lui.
La fin arrive vite. James Taylor voit Van der Gugten s’élancer une dernière fois. La balle passe, nette, imparable. Les stumps explosent, Glamorgan peut enfin exulter.
Deux wickets chacun pour Van der Gugten, Ray Toole, Zain ul Hassan et Crane, une défense collective sans faille, et un succès qui met fin à une série de quatre matches sans victoire. Surtout, un doublé en Championship face à Surrey, et une certitude : la saison prochaine, Glamorgan sera bien en Division One.
À l’Oval, ce n’est pas seulement un match que les Gallois ont gagné. C’est un vieux complexe qu’ils ont laissé derrière eux. La question est simple désormais : jusqu’où ce groupe peut-il aller avec une telle confiance retrouvée ?




