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Gasly remporte sa première pole à Monza, Piastri pénalisé

Pierre Gasly a choisi le bon endroit pour écrire une nouvelle page de sa carrière. Quatre ans après y avoir remporté sa première victoire, le Français a décroché à Monza sa toute première pole position en Formule 1, au terme d’une séance de qualification tendue, marquée aussi par une sanction lourde de conséquences pour Oscar Piastri.

Gasly, neuf ans de chasse pour une pole

La scène est presque familière désormais : le tracé royal de Monza, le soleil couchant, et Pierre Gasly qui arrache quelque chose d’inattendu. Cette fois, ce n’est pas un podium ou une victoire volée aux géants, mais une pole position arrachée de haute lutte, avec Alpine, face aux Mercedes et aux Red Bull.

Au volant de sa monoplace Renault, Gasly a signé un tour en 1’21’’786. Un tour propre, incisif, millimétré. Suffisant pour repousser George Russell de 0’’060 seulement. Un souffle. Mais un souffle qui change tout sur une grille de départ.

Le Français était le dernier des prétendants à s’élancer pour son ultime tentative. Pression maximale, tour parfait. Il savait qu’il tenait quelque chose dès les premiers secteurs. La confirmation tombe sur la radio, puis sur les écrans : pole position. Les mécaniciens Alpine explosent de joie dans le garage, comme si ce tour effaçait d’un coup les frustrations accumulées, dont la plus récente, la perte de son podium de Monaco en juin dernier.

Gasly ne découvre pas Monza. Il y a remporté sa première victoire en 2020, déjà en déjouant tous les pronostics. Cette fois, le circuit italien lui offre une première pole, au terme d’une quête qu’il résume lui-même : neuf ans à courir après cette opportunité.

Les signes étaient là. Meilleur temps de Q1, quatrième en Q2, toujours dans le bon wagon. Mais personne n’osait vraiment l’installer favori. Il s’en est chargé lui-même.

George Russell, prétendant au titre, n’a pu que saluer la performance du Français. Le Britannique, battu sur la piste comme il l’avait été un peu plus tôt sur un jeu d’échecs dans le paddock, a reconnu un tour « incroyable » de Gasly et la vitesse impressionnante d’Alpine à Monza. Il avait la pole en ligne de mire, mais son dernier tour a été perturbé par la gestion de l’écart avec Max Verstappen devant lui. À ce niveau, la moindre hésitation coûte cher.

Piastri puni, la grille se réorganise

Pendant que Gasly savourait, Oscar Piastri, lui, découvrait l’autre face du samedi à Monza. Le pilote McLaren, auteur du troisième temps en qualification, a écopé d’une pénalité de trois places sur la grille pour avoir gêné Liam Lawson, au volant de la Red Bull, durant la séance.

Les commissaires ont estimé que l’Australien avait effectivement entravé le tour rapide de Lawson. Verdict : Piastri glisse de la troisième à la sixième place sur la grille. Un coup dur pour celui qui occupe la septième place du championnat pilotes et qui semblait en position idéale pour viser au minimum un podium.

Cette sanction a un effet domino sur la hiérarchie. Derrière Gasly en pole et Russell en première ligne, Ferrari verrouille désormais la deuxième ligne avec Charles Leclerc et Lewis Hamilton. Une configuration qui promet un départ explosif, avec les tifosi prêts à pousser la Scuderia au-delà de ses limites, et Hamilton toujours à l’affût des grandes occasions.

Piastri, lui, se retrouve sur la troisième ligne, aux côtés d’un certain Max Verstappen, quadruple champion du monde. Un voisinage qui change complètement la physionomie de son début de course : au lieu d’attaquer d’emblée les leaders, il devra gérer un départ au cœur du peloton de pointe, face à l’un des meilleurs partants de la grille.

Antonelli repoussé, un leader en retrait

Autre élément clé de ce samedi : la position de Kimi Antonelli. Le leader du championnat, installé confortablement en tête avec 59 points d’avance sur Russell et Hamilton, n’a signé « que » le septième temps en qualification. Un résultat déjà en retrait par rapport à ses standards, mais qui se transforme en véritable recul sur la grille à cause de pénalités moteur.

Le pilote Mercedes s’élancera bien plus loin que ne le laisserait penser son chrono. Un scénario qui ouvre un peu le jeu au championnat, au moins pour ce week-end, et qui place la responsabilité sur les épaules de Russell et Hamilton, mieux placés pour profiter de la situation.

Monza n’aime pas les courses linéaires. Une pole inattendue, un favori repoussé dans le fond du peloton, une Ferrari en embuscade, un champion quadruple au milieu de la troisième ligne, un jeune Australien pénalisé pour avoir gêné une Red Bull : tout est en place pour une course où la moindre erreur se paiera au prix fort.

Gasly partira devant, seul face à une meute affamée. Il a déjà gagné ici, il sait ce que Monza peut offrir. Reste une question, simple et brutale : cette fois, la pole sera-t-elle le début d’un triomphe… ou d’un siège sous pression jusqu’au drapeau à damier ?