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Fury–Joshua : Le combat se déroulera au Principality Stadium de Cardiff

Le feuilleton a enfin trouvé son décor. Sauf retournement de dernière minute, le choc poids lourds entre Tyson Fury et Anthony Joshua devrait se tenir au Principality Stadium de Cardiff, le vendredi 11 décembre, sous le toit fermé de l’enceinte galloise.

Les derniers détails se négocient encore entre Netflix, l’organisateur saoudien Sela et les deux camps, mais la capitale du pays de Galles a pris une longueur d’avance. L’annonce officielle est attendue dans les prochains jours.

De Manhattan à Cardiff, un virage brutal

Il y a encore quelques semaines, tout semblait ficelé pour New York. Madison Square Garden tenait la corde, au point que les plans d’une conférence de presse à Manhattan commençaient déjà à se dessiner. L’Amérique, ses lumières, sa mythologie boxe… Le décor paraissait écrit.

Puis la clause. Celle d’Anthony Joshua, inscrite noir sur blanc dans son contrat avec Sela : le combat devait avoir lieu sur le sol britannique. Tyson Fury, lui, ne disposait d’aucune restriction de ce type. Cette différence a tout fait basculer.

Netflix et les organisateurs poussaient pour les États-Unis, séduits par le prestige de New York et la facilité de programmation pour le marché américain. Eddie Hearn et Matchroom ont même étudié le coût d’une compensation pour faire sauter l’obligation de combattre au Royaume-Uni.

Le bras de fer a failli tout faire exploser. Fury a publiquement accusé Joshua de faire traîner, laissant planer l’ombre d’une trilogie contre Oleksandr Usyk. L’affiche Fury–Joshua, longtemps fantasmée, a vacillé.

Puis Fury a lâché du lest. Une fois le principe d’un combat en Grande-Bretagne accepté, une autre équation s’est imposée : où trouver un stade capable de répondre aux exigences de diffusion mondiale, sans condamner les fans à grelotter sous la pluie de décembre ?

La réponse, presque par élimination, a mené à Cardiff.

Wembley écarté, le toit de Cardiff en sauveur

Sur le papier, Wembley Stadium avait tout du choix naturel. Le temple du football anglais, la symbolique, la capacité, l’aura. Pour un affrontement entre les deux poids lourds britanniques majeurs de leur génération, le cadre semblait idéal.

Mais la réalité logistique a vite rattrapé le rêve. Le combat, d’abord envisagé en novembre, glisse désormais vers décembre. Organiser un gala en plein air à cette période au Royaume-Uni, avec des dizaines de milliers de spectateurs et une production télé mondiale, frôle la prise de risque déraisonnable. Froid mordant, pluie, vent, matériel exposé : la liste des dangers est longue.

Basculer sur une salle couverte comme l’O2 Arena à Londres aurait levé la menace météo, mais au prix d’un sacrifice massif sur la billetterie. Trop petit pour un tel événement, trop modeste pour un duel présenté comme le plus grand rendez-vous de la boxe britannique du XXIe siècle.

Le Principality Stadium coche les cases que les autres ne peuvent pas aligner. Son toit rétractable permet de conserver l’échelle et le grondement d’un grand stade, tout en enfermant le spectacle dans un cocon protégé des éléments. Officiellement, l’enceinte offre un peu moins de 74 000 places assises, mais la configuration boxe permet d’aller au-delà.

Anthony Joshua y a déjà laissé son empreinte. En 2017, il y défend ses ceintures WBA et IBF face à Carlos Takam devant près de 80 000 spectateurs, avant d’y revenir cinq mois plus tard pour ajouter la WBO contre Joseph Parker. Cardiff sait vibrer pour lui, et les promoteurs le savent.

L’obsession des horaires américains

Reste un autre paramètre, moins visible mais tout aussi décisif : l’horloge américaine. Netflix vise le prime-time sur la côte Est des États-Unis. Pour y coller, le ring walk au Royaume-Uni est calibré autour de 1h00 GMT, soit 20h00 à New York.

Ce choix complique brutalement la donne pour Londres. Wembley est soumis à un couvre-feu strict à 23h00 pour les événements. Le maire de Londres, Sadiq Khan, a bien apporté son soutien, et les dirigeants de Wembley se sont montrés ouverts à la discussion. Mais obtenir toutes les autorisations nécessaires auprès du Brent Council et des instances locales de sécurité pour un début de combat à 1h00 relevait du parcours administratif semé d’embûches.

Cardiff, là encore, offre un chemin plus dégagé. La Welsh Rugby Union, propriétaire et gestionnaire du Principality Stadium, a très vite fait savoir qu’elle serait ravie d’accueillir le combat, et qu’un finish au cœur de la nuit ne poserait pas de problème de principe.

Un combat à ces heures-là exige tout de même une mécanique lourde : transports prolongés, déploiement policier renforcé, gestion des flux au centre-ville. Mais la ville et le stade disposent déjà d’un précédent solide. En 2007, Joe Calzaghe avait unifié les titres super-moyens face à Mikkel Kessler dans cette même enceinte, avec un premier coup de gong à 2h00 du matin pour satisfaire la chaîne américaine Showtime.

Cardiff connaît donc le scénario. Le toit se fermera, les lumières s’abaisseront, et si tout se confirme, Fury et Joshua entreront sur le ring bien après minuit, dans une ville qui aura accepté de se mettre à l’heure des États-Unis pour la plus grande affiche de boxe britannique de ce siècle. Reste une question : après tant d’années de rendez-vous manqués, qui osera vraiment laisser passer cette nuit-là ?