Filip Hrgovic remporte le titre IBF des lourds en renversant Moses Itauma
Filip Hrgovic a enfin atteint le sommet. Deux ans après avoir vu son premier rêve mondial s’ouvrir en deux sous les coups de Daniel Dubois et les coupures qui ont forcé l’arrêt, le Croate est revenu hanter la catégorie reine. Cette fois, en face, il n’y avait pas seulement un adversaire. Il y avait le spectre invaincu de Moses Itauma, le « boogeyman » annoncé des lourds.
Le pari semblait démesuré. Il est devenu historique. Hrgovic est désormais champion du monde IBF des poids lourds.
Itauma intouchable, Hrgovic à terre
Dans les premiers rounds, le combat ressemble à une démonstration de Moses Itauma. Plus grand, plus long, Hrgovic n’en tire aucun avantage. Il subit. Il cherche la distance, ne la trouve jamais vraiment. Le jeune phénomène de 21 ans, lui, voit tout, anticipe tout.
Les touches pleuvent au corps, à la tête, propres, nettes. Itauma varie, casse le rythme, impose le sien. Dans le deuxième round, une large gauche balaie la garde du Croate et l’envoie au tapis. Hrgovic ne connaît ce goût amer du sol que pour la deuxième fois de sa carrière. Le message est brutal : la nouvelle génération ne compte pas attendre son tour.
Itauma continue d’empiler les rounds. Son volume baisse légèrement au fil des minutes, mais sa précision reste chirurgicale. Il choisit ses coups, garde Hrgovic dans l’incertitude, l’empêche de s’installer. À la mi-combat, il n’y a pas débat : sur n’importe quelle feuille de juge raisonnable, le Britannique d’origine est très loin devant.
Le tournant cruel du huitième round
Puis vient ce huitième round, charnière, paradoxal. C’est Itauma qui déclenche l’orage. Une série au corps semble plier Hrgovic. Le Croate encaisse, recule, plie sans rompre. Itauma sent l’odeur du sang, accélère, cherche le finish, ouvre les vannes.
Le problème, c’est qu’il les ouvre trop longtemps.
Hrgovic survit. Il absorbe, serre les dents, s’accroche à son expérience de trentenaire. Quand la cloche sonne, un homme a vidé son réservoir. Ce n’est pas celui qu’on croyait. À 34 ans, le Croate sort de l’orage meurtri, mais encore debout. Le jeune prodige, lui, a laissé une partie de son invincibilité dans cette tentative de conclusion prématurée.
Hrgovic ressuscite, Itauma s’effondre
Le neuvième round ressemble à un basculement de scénario. Hrgovic, soudain plus frais, avance. Il impose enfin sa carcasse, son poids, son pressing. En face, Itauma vacille. Ses jambes ne répondent plus. Il tangue, trébuche, se cogne presque aux cordes. Le ring devient trop grand pour lui.
Le Croate le harcèle, le pousse à l’errance. Chaque pas d’Itauma semble lourd, chaque respiration coûteuse. La domination totale des huit premières reprises se dissout en quelques dizaines de secondes. La jeunesse qui impressionnait se transforme en vulnérabilité crue.
À 30 secondes de la fin du neuvième, le coin d’Itauma prend une décision lourde mais lucide : la serviette vole. Combat terminé. Renversement total. Le colosse annoncé imbattable vient de découvrir la face la plus dure de la boxe professionnelle : on ne gagne pas un championnat du monde sur six bons rounds.
Les cartes officielles n’ont pas encore été rendues publiques, mais elles ne changeront rien à la vérité du soir. Jusqu’au début de ce neuvième round, Itauma dominait tout. Hrgovic, lui, n’avait gagné que le droit de rester là. C’est ce droit qu’il a transformé en couronne mondiale.
Itauma sonné, Hrgovic enfin au sommet
L’image est frappante au moment du verdict : Moses Itauma met de longues minutes à se relever. Il reste assis dans son coin, vidé, pendant que l’annonce officielle consacre l’homme qu’il martyrisait encore une demi-heure plus tôt. Avant ce samedi, il n’avait jamais dépassé le sixième round. La marche vers le championnat du monde, ce soir, s’est révélée trop haute, trop tôt.
Filip Hrgovic, lui, tient enfin sa ceinture IBF des lourds. Arrachée dans la douleur, contre le favori, après avoir été surclassé pendant huit reprises. Une conquête à l’ancienne, faite de résistance, d’orgueil et d’un sens cruel du timing.
La catégorie reine vient de changer de visage. Reste une question brûlante : ce soir marque-t-il l’avènement tardif d’un Hrgovic enfin libéré, ou le premier avertissement d’une ère Itauma qui devra apprendre dans la défaite avant de régner à son tour ?
Résultats de la soirée – carte Moses Itauma vs Filip Hrgovic
- Moses Itauma vs Filip Hrgovic, pour le titre vacant IBF des poids lourds
- Sam Noakes bat Denys Berinchyk par décision unanime (100-90, 99-91, 98-92), poids légers
- Nelson Hysa bat Thomas Narmo par KO au 2e round (0:36), poids lourds
- Constantin Ursu bat Ben Vaughan par TKO (arrêt du médecin) au 8e round (0:03), poids welters
- Guido Vianello vs Moses Jolly se termine par un nul unanime (76-76), poids lourds
- Arbnor Jashari bat Numan Hussain aux points (59-55), super plumes
- Aloys Junior bat Serhif Musah aux points (60-54), poids lourds-légers
- Zayn Ahmed bat Liam Fitzmaurice par TKO au 2e round (2:47), super coqs
- Hassan Ishaq bat Enzo Bahiano Munoz aux points (40-36), super coqs
- Frankie Wood bat Callum Lee par TKO au 6e round (1:21), poids plumes
- Tony Curtis bat Imad Naseeb aux points (58-56), super mouches
- Sam King bat Jack Swallow aux points (40-36), poids moyens




