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Ferrari célèbre Schumacher à Monza : un hommage et un défi

À Monza, Ferrari rallume l’étoile Schumacher et Mercedes sacrifie l’Italie pour le titre d’Antonelli

Ferrari, trente ans après : Monza se pare de rouge et d’or

À domicile, Ferrari ne se contente pas de courir. La Scuderia célèbre une histoire. Celle de Michael Schumacher, trente ans après son arrivée à Maranello et vingt ans après sa dernière victoire en Grand Prix, à Shanghai en 2006.

Pendant des années, Ferrari avait tourné autour du titre sans jamais l’attraper. Puis Schumacher est arrivé, et la Scuderia a changé de dimension. En 1999, le titre constructeurs met fin à seize ans de disette. En 2000, l’Allemand ramène enfin une couronne pilotes à Ferrari, la première depuis Jody Scheckter en 1979. La digue cède : de 2000 à 2004, il empile cinq titres consécutifs avec la voiture rouge pour porter son total à sept.

Monza, où il s’est imposé cinq fois avec Ferrari, devient ce week-end un véritable sanctuaire. Pour l’occasion, l’écurie italienne aligne une livrée unique, pensée comme un hommage direct à son champion. Sur le museau, sept étoiles. Une pour chaque titre mondial. Un symbole simple, brutal, impossible à manquer.

Les pilotes du jour, Lewis Hamilton — l’autre septuple champion du monde — et Charles Leclerc, s’inscrivent eux aussi dans ce clin d’œil appuyé à l’histoire. Leurs combinaisons reprennent les sept étoiles et le logo de Schumacher. Sur la grille, au cœur du “Temple de la Vitesse”, Ferrari roulera avec le poids de la mémoire et la fierté d’un héritage assumé.

Antonelli, leader du championnat… et relégué sur la grille

Pendant que Ferrari regarde dans le rétroviseur, Mercedes joue l’avenir immédiat. Kimi Antonelli arrive à Monza en patron du championnat, avec 59 points d’avance sur ses deux plus proches poursuivants. Vingt ans à peine, déjà leader mondial, et un premier Grand Prix national à la maison.

Mais le décor est trompeur : l’Italien sait qu’il part avec un handicap. L’équipe allemande a confirmé dès le week-end précédent, aux Pays-Bas, qu’Antonelli prendrait une pénalité moteur à Monza. Le règlement est implacable : au-delà du quota de composants autorisés sur la saison, chaque nouvel élément coûte des places sur la grille au premier Grand Prix où il est utilisé.

Mercedes n’a pas été épargnée par les soucis de fiabilité cette année. Antonelli a abandonné à Barcelone, George Russell a été frappé par des problèmes au Canada puis en Belgique. Pour viser le titre, l’écurie n’a plus le luxe d’attendre.

Toto Wolff l’a assumé sans détour : les chiffres ont parlé. Les simulations internes désignent Monza comme le meilleur endroit pour encaisser le choc. Le patron l’a rappelé : les algorithmes ne connaissent ni les drapeaux, ni les hymnes. Le calcul est froid, la décision tranchée. Le championnat avant le romantisme du “home race”.

Le Temple de la Vitesse, terrain de chasse des remontées

Si Mercedes choisit Monza pour ce pari stratégique, ce n’est pas un hasard. Le circuit italien, avec ses immenses lignes droites et ses zones de freinage violentes, récompense la vitesse pure et les dépassements agressifs. Un endroit où un moteur neuf et puissant peut transformer une pénalité en spectacle.

La voiture d’Antonelli dispose d’un groupe propulseur performant. Sur ce tracé, les opportunités de dépassement ne manquent pas. L’histoire récente du Temple de la Vitesse le confirme : ceux qui partent loin ne sont pas condamnés à l’anonymat.

  • Pierre Gasly a triomphé ici en partant dixième avec AlphaTauri, aujourd’hui Racing Bulls.
  • Max Verstappen a remporté l’édition 2022 malgré une pénalité de cinq places sur la grille.
  • Lewis Hamilton, lui, a déjà transformé un départ depuis la dernière ligne en cinquième place à l’arrivée.
  • L’an passé encore, Isack Hadjar a démarré depuis la voie des stands avec Racing Bulls pour arracher un point en finissant dixième.

Monza aime les scénarios renversés. Ferrari y convoque le fantôme glorieux de Schumacher, Mercedes y sacrifie le confort de son leader pour sécuriser son avenir. Entre hommage au passé et calcul froid pour le titre, le week-end s’annonce comme un test brutal : jusqu’où Kimi Antonelli pourra-t-il remonter dans le jardin des tifosi, avec le poids d’un championnat sur les épaules ?