Félix Auger-Aliassime éliminé au deuxième tour de l'US Open
La nuit est tombée très vite sur le tournoi de Félix Auger-Aliassime. Tête de série numéro 3, demi-finaliste l’an passé, le Canadien quitte déjà l’US Open dès le deuxième tour, renversé par Karen Khachanov, 6-7 (5), 6-3, 6-2, 6-2, au terme d’un match où son corps l’a lâché bien plus que son tennis.
Un premier set prometteur, puis le trou noir
« Après un set et demi, je ne me sentais plus bien, j’étais étourdi, je voyais des taches », a-t-il expliqué après la rencontre. Il a tenté de s’accrocher, espérant que la gêne passerait. Elle ne passera jamais.
À partir du milieu du deuxième set, son jeu se délite. Les appuis deviennent lourds, le regard se perd, le langage corporel se ferme. En face, Khachanov, joueur rompu aux marathons de Grand Chelem, ne se pose pas de questions et serre l’étau.
Le service en vrac, les fautes qui s’empilent
Les chiffres racontent l’histoire cruellement. Auger-Aliassime ne met que 58 % de premières balles en jeu. Il concède 20 balles de break, en abandonne sept. Son service, habituellement arme majeure, devient une source d’ennuis permanents.
Huit doubles fautes, 47 fautes directes contre seulement 30 pour Khachanov. Les deux hommes frappent 12 aces chacun, mais la comparaison s’arrête là. Le Russe joue juste, propre, constant. Le Canadien, lui, se bat surtout contre ses sensations.
« Karen est un excellent joueur, mais je ne peux battre ni lui ni personne dans ce tableau en me sentant comme aujourd’hui », a lâché Auger-Aliassime, lucide, sans chercher d’excuse technique là où tout relevait du physique.
Un classement menacé, des questions sans réponse
Cette sortie de route tranche avec son parcours de l’an dernier, quand il avait atteint le dernier carré avant de s’incliner face à Jannik Sinner, futur finaliste. Cette fois, le tournoi se termine dès le jeudi, et avec lui une partie de ses certitudes.
Son rang de numéro 4 mondial, le meilleur de sa carrière, se retrouve désormais clairement en danger. Les points à défendre étaient importants, l’élimination précoce pèse lourd.
Le plus inquiétant, c’est que le malaise reste inexpliqué. Le Canadien assure qu’il se sentait parfaitement bien avant d’entrer sur le court. Pas de signal d’alarme, pas de gêne à l’échauffement. Le corps a lâché en plein match, sans prévenir.
Il a annoncé qu’il ferait des examens dès son retour chez lui pour comprendre l’origine de ces vertiges. « Je pensais que ça passerait, mais ce n’est jamais passé. C’est la fin de mon tournoi, retour à la table à dessin », a-t-il résumé, sonné.
Un nouveau coach en vue
Au-delà de l’épisode médical, une autre transition est en cours. Après avoir mis fin à sa collaboration avec Frederic Fontang plus tôt cet été, Auger-Aliassime se retrouve sans coach principal dans une phase charnière de sa carrière.
Il espère pouvoir annoncer un nouvel entraîneur dans quelques semaines. Une décision qui pèsera lourd dans la suite de sa saison, au moment où son jeu, son corps et son classement demandent tous des réponses claires.
Les Canadiennes brillent en double
Pendant que la tête d’affiche masculine du tennis canadien sortait par la petite porte, les joueuses du pays ont, elles, brillé en double.
Têtes de série numéro 2 en double dames, Gabriela Dabrowski et la Brésilienne Luisa Stefani ont expédié Irina Khromacheva et Anastasia Detiuc, 6-1, 6-3. Quatre aces, 21 coups gagnants contre seulement neuf pour leurs adversaires : le duo a imposé sa loi sans trembler.
Dabrowski, qui a décroché l’an dernier son deuxième titre de double à l’US Open avec Erin Routliffe, poursuit sa route avec Stefani. Elles affronteront au prochain tour les gagnantes du duel entre Sara Errani et Lilli Tagger d’un côté, et les jumelles américaines Kristina et Annika Penickova de l’autre.
Autre victoire nette : Leylah Fernandez, associée à l’Indonésienne Janice Tjen, a balayé Nika Radisic et Isabelle Haverlag, 6-1, 6-1. Une démonstration, bouclée sans traîner, qui les envoie vers un choc prometteur face à Routliffe, désormais associée à Aldila Sutjiadi.
Des rendez-vous qui comptent encore
La campagne canadienne n’est donc pas terminée à Flushing Meadows. Fernandez doit encore revenir sur le court en simple pour un troisième tour relevé face à Jessica Pegula, tête de série numéro 3, tandis que Denis Shapovalov se prépare à défier Ben Shelton, huitième tête de série, chez les hommes.
Pour Auger-Aliassime, en revanche, l’US Open 2026 s’arrête sur une sensation de vide. Un match perdu, un corps à décoder, un staff à reconstruire. La prochaine fois qu’il reviendra à New York, il saura que la question ne sera pas seulement de savoir jusqu’où il peut aller.
Elle sera de savoir quel joueur, et quel homme, il sera devenu d’ici là.




