Fatih Terim s'enflamme pour le choix de Salah à Trabzonspor
À Trabzon, on parle déjà de transfert du siècle. Pas en Angleterre, pas en Espagne, pas en Italie. En Turquie. Et c’est Fatih Terim lui‑même qui allume la mèche.
À la veille d’un Trabzonspor–Galatasaray déjà brûlant par tradition, l’« Empereur » a posé des mots lourds de sens sur l’arrivée de Mohamed Salah à Papara Park. Pour lui, ce n’est pas un simple gros coup. C’est un basculement.
Terim s’incline : « Un des transferts les plus importants de l’histoire du championnat »
Interrogé par le site turc « 61saat », l’ancien sélectionneur de la Turquie et légende de Galatasaray n’a pas cherché à minimiser.
« Nous parlons d’un joueur qui est au plus haut niveau depuis des années avec Liverpool, et qui a tout gagné. La Europa League, la Champions League, des Coupes du monde des clubs. C’est un joueur indispensable », a-t-il rappelé, comme pour mesurer l’ampleur de ce qui vient de se produire.
Le constat est simple : convaincre un joueur de ce calibre de revêtir le maillot de Trabzonspor relevait de la mission impossible. Les sirènes des Émirats et de l’Arabie saoudite hurlaient, les géants d’Espagne, d’Italie et d’Angleterre guettaient. Les montants proposés au Proche‑Orient donnaient le vertige.
Et pourtant, Salah a dit non.
Il a fermé la porte à des offres astronomiques venues des Émirats arabes unis et d’Arabie saoudite. Il a ignoré les promesses de projecteurs permanents dans les plus grands championnats d’Europe. Il a choisi la Mer Noire.
Pour Terim, ce choix a une portée symbolique énorme pour tout le football turc : « N’importe quel club au monde rêverait de le recruter », a-t-il insisté. « Mais au final, il a choisi Trabzonspor, et cela en soi est un immense accomplissement. »
Un coup de maître signé Ertuğrul Doğan
Dans ce tableau, le président Ertuğrul Doğan occupe une place centrale. Terim n’a pas mâché ses mots pour saluer la direction de Trabzonspor.
« Le président Ertuğrul Doğan et son administration méritent toute l’appréciation et les félicitations. Amener un joueur de cette valeur mondiale n’est absolument pas une chose facile, puisqu’il peut aller où il veut. Ce qui s’est passé est un moment important et mérite les louanges. »
Derrière la phrase, une réalité : Trabzonspor vient de réussir ce que la plupart des clubs de Süper Lig n’osent même pas imaginer. Ramener une superstar en pleine lumière, pas en fin de carrière anonyme. Un joueur qui sort tout juste d’années passées à disputer les plus grands trophées européens.
Pour la ligue turque, c’est un signal. Pour les concurrents, un avertissement.
Déjà la star numéro un du championnat
Le discours de Terim n’arrive pas dans le vide. Salah, lui, a déjà commencé à parler sur le terrain.
En cinq matches de Trendyol Süper Lig, l’Égyptien a planté 4 buts et délivré une passe décisive. Rythme de métronome. Impact immédiat. Il s’est installé sans préavis comme la tête d’affiche du championnat.
Chaque prise de balle attire les regards. Chaque accélération rappelle pourquoi les clubs du Golfe étaient prêts à lui offrir des montagnes d’argent. Mais c’est Papara Park qui en profite.
Trabzonspor, neuvième avec 7 points, cherche encore son équilibre. Devant ses supporters, l’équipe a besoin de certitudes. Salah en est déjà une. Un point fixe dans un collectif en construction.
En face, Galatasaray arrive lancé, presque parfait, avec 13 points et la première place. Un choc de trajectoires. Un choc de récits, aussi : la légende de Galatasaray, Terim, encensant le pari audacieux de Trabzonspor, juste avant que les deux clubs ne se retrouvent face à face.
Un choix qui dépasse un simple transfert
Ce qui fascine dans ce dossier, ce n’est pas seulement le niveau du joueur. C’est le contexte qu’il a refusé.
À l’heure où tant de stars cèdent aux appels des Émirats et de l’Arabie saoudite, Salah a pris la route inverse. Il n’a pas choisi le championnat le plus riche. Il n’a pas choisi la voie la plus confortable. Il a opté pour un environnement bouillant, exigeant, parfois instable, mais passionné jusqu’à l’excès.
Terim le sait mieux que quiconque : la Süper Lig se nourrit de ce genre d’histoires. De ces décisions qui redonnent du poids au terrain, à l’ambiance, à la ferveur populaire.
Trabzonspor a désormais son totem offensif. La ligue turque, elle, tient son nouveau visage. Reste une question brûlante : combien de temps ce choix fort de Salah va-t-il rebattre les cartes du pouvoir en Turquie ?




