Evan Ferguson : le retour tant attendu à Brighton
Evan Ferguson commence à réapparaître à l’horizon de Brighton. Pas encore sur la feuille de match, pas encore ballon au pied sous les projecteurs de la Premier League, mais déjà dans les mots de son entraîneur. Et ce n’est jamais anodin.
Le buteur international irlandais, 21 ans, sort d’un long tunnel. Une blessure à la cheville, une opération en mars, un prêt écourté à la Roma alors qu’il venait d’y inscrire cinq buts en 22 rencontres de Serie A. Puis des mois de soins, de rééducation, de patience forcée. Le temps s’est étiré, la progression aussi.
Fabian Hurzeler, lui, refuse de cocher une date sur le calendrier. Avant la réception de Leeds United samedi, l’entraîneur de Brighton a préféré la prudence à la promesse.
« Il se rapproche », a-t-il assuré. « Il est dans sa rééducation. Je ne peux pas donner d’échéance claire sur le moment où il sera de retour. »
Le club a pourtant démarré la saison à plein régime. Un 4-0 autoritaire contre Aston Villa pour lancer l’exercice, puis un spectaculaire 4-3 perdu sur la pelouse de Chelsea. Des matches ouverts, des buts, du rythme. Mais sans Ferguson, toujours cantonné au travail invisible, loin du tumulte des week-ends.
Hurzeler n’a pas oublié quel joueur l’attend au bout de ce processus. Brighton non plus.
« Tout le monde sait de quoi Evan est capable. Il l’a prouvé il y a quelques années ici à Brighton », a rappelé le technicien. « Je pense qu’il faisait partie des meilleurs attaquants de la Premier League, donc j’espère qu’il pourra se remettre sur les rails. »
Difficile de le contredire. Trois ans plus tôt, le natif du comté de Meath devenait le premier adolescent depuis Wayne Rooney à inscrire 10 buts en Premier League sur une année civile. Une statistique qui avait fait lever les têtes et réveillé les comparaisons flatteuses. Mais sa jeune carrière a vite été rattrapée par les pépins physiques, comme un contretemps permanent au moment de franchir un cap.
C’est là que se situe désormais le vrai défi. Plus seulement dans la cheville, mais dans la tête.
Hurzeler l’a dit sans détour : le plus important, ce n’est pas uniquement que Ferguson recouvre ses moyens athlétiques, c’est qu’il retrouve la confiance totale en son corps.
« J’espère qu’il va remettre son esprit dans la bonne position », a-t-il expliqué. « Je pense que c’est la clé après ce genre de blessures : se remettre sur les rails et avoir une confiance complète en son propre corps. »
Le message est clair. Tant que le doute subsiste, tant que la peur d’un appui mal assuré ou d’un contact appuyé rôde, le très haut niveau reste hors de portée.
« Ce n’est que si vous vous sentez vraiment en sécurité et que vous faites confiance à votre corps que vous êtes capable de jouer au plus haut niveau », a insisté l’Allemand. « C’est la priorité maintenant, et ensuite on verra ce qui se passera. »
Brighton peut se permettre d’attendre un peu. L’équipe marque, produit du jeu, tient son rang. Mais l’idée de récupérer un Ferguson pleinement opérationnel, celui qui martyrisait les défenses à 18 ans, change l’ampleur des ambitions.
Le club sait ce qu’il a entre les mains. Le joueur sait ce qu’il a déjà montré. Reste une question, simple et brutale : quand la confiance et le corps s’aligneront-ils enfin pour lui permettre de redevenir l’attaquant que la Premier League attend encore de revoir ?




