Les étoiles montantes de la Coupe du monde FIBA
La Coupe du monde FIBA bat son plein, et si la sélection des États-Unis empile les stars et les titres, le tournoi raconte aussi une autre histoire : celle des joueuses qui, loin du maillot américain, sont en train de marquer la compétition de leur empreinte.
Six nations ont déjà composté leur billet pour les quarts de finale – USA, Hongrie, France, Belgique, Espagne, Allemagne – et derrière l’armada américaine se dessine un casting international de très haut niveau. Voici celles qui font vibrer le Mondial loin de Team USA.
Emma Meesseman, le cerveau de la Belgique
Emma Meesseman connaît déjà les sommets, WNBA Finals MVP en poche. À la Coupe du monde, elle joue exactement comme on l’attend d’une superstar : 18,3 points, 50 % de réussite au tir, 8 rebonds, 6,3 passes de moyenne.
Elle ne se contente pas de remplir les cases. Elle orchestre tout. Belgique a terminé la phase de groupes en 3-0, avec notamment un succès de référence contre une Australie bourrée de talents. Meesseman a imposé son tempo, posé son empreinte sur chaque possession importante. C’est le genre de tournoi où une joueuse bascule d’exceptionnelle à incontournable.
Gabby Williams, moteur total de la France
La France aussi a signé un sans-faute en groupes (3-0), portée par une Gabby Williams incandescente. Son profil ? Tout faire, tout le temps. Son rendement ? Digne d’une candidate au titre de meilleure joueuse du tournoi.
Elle tourne à 18,7 points par match, à 58,8 % de réussite, avec un ahurissant 55 % derrière l’arc, plus 4,7 rebonds et 3,3 passes. Personne ne marque plus qu’elle dans cette Coupe du monde. Williams ne se contente pas de scorer, elle dicte l’intensité des Bleues. Jeudi, la France affrontera le vainqueur de Puerto Rico – Chine en quart. Avec Williams dans cet état de grâce, ce match ressemble déjà à un nouveau test de sa domination.
Iyana Martin, la jeunesse décomplexée de l’Espagne
À 20 ans seulement, Iyana Martin joue comme si elle avait déjà dix campagnes internationales dans les jambes. La meneuse de Portland Fire porte l’Espagne avec une maturité bluffante.
Ses chiffres parlent d’eux-mêmes : 17,3 points de moyenne, 56,2 % au tir, 43,8 % à trois points, 3 passes décisives. Elle est devenue la première joueuse de moins de 21 ans, ce siècle, à inscrire au moins 20 points lors de deux matchs de Coupe du monde consécutifs. Dans un tournoi où chaque possession compte, Martin ne tremble pas. Elle accélère, punit, assume les tirs lourds. L’Espagne a trouvé sa nouvelle référence offensive.
Julie Vanloo, la deuxième lame belge
Si la Belgique caracole en tête de son groupe, ce n’est pas seulement l’œuvre d’Emma Meesseman. Julie Vanloo signe un tournoi majeur, dans l’ombre toute relative de sa star.
Elle affiche 16,3 points de moyenne, 51,4 % de réussite au tir, 44,8 % de loin, plus 4 passes. Vanloo apporte ce mélange de justesse et d’audace qui fait basculer les matchs serrés. Quand Meesseman attire les défenses, c’est souvent Vanloo qui frappe. Et tant que ce duo reste à ce niveau, la Belgique peut viser très haut.
Marine Johannes, l’étincelle bleue
Avec Marine Johannes, la France sait qu’elle dispose d’une arme capable de renverser un match en quelques minutes. La joueuse de New York Liberty l’a encore rappelé dans cette Coupe du monde.
Deuxième meilleure marqueuse des Bleues, elle tourne à 17 points par rencontre, avec un impressionnant 52 % à trois points. Sa capacité à enchaîner les tirs difficiles, à longue distance, ouvre le terrain et libère des espaces pour ses coéquipières. Dans la quête d’une médaille d’or, Johannes représente ce facteur X que peu de défenses parviennent à contenir quand elle s’enflamme.
Ezi Magbegor, le pilier australien
Capitaine, leader, principale option offensive : Ezi Magbegor porte l’Australie sur ses épaules. La star de Seattle Storm tourne à 15,7 points par match, à 59,5 % de réussite, avec 42,9 % à trois points et 6,3 rebonds.
Elle impose sa présence des deux côtés du terrain. Et avec l’annonce du forfait d’Alanna Smith pour le reste du tournoi en raison d’une blessure à la jambe, son rôle prend encore une autre dimension. Si l’Australie veut rester dans la course aux médailles, tout passera par la constance et la domination de Magbegor.
Dorka Juhász, la tour de contrôle hongroise
Saison compliquée avec Minnesota Lynx, mais tout autre visage avec la Hongrie. Dorka Juhász redevient une force irrésistible sous le maillot national.
En quatre matchs, elle tourne à 15,3 points, 50 % de réussite, et surtout 11 rebonds par match. Un double-double de moyenne qui a porté la Hongrie jusqu’aux quarts de finale. Dans une compétition où la bataille du rebond conditionne souvent le résultat, Juhász a imposé sa loi dans la raquette et ouvert la voie à un quart de finale historique.
Xu Han, la tour chinoise
À l’intérieur, peu de joueuses imposent autant leur présence que Xu Han. La pivot de New York Liberty signe des chiffres monstrueux : 17,3 points, 11,3 rebonds, 2,7 passes, 52 % au tir, 54,5 % à trois points.
Elle domine le cercle, protège le sien, étire la défense adverse par son adresse extérieure. La Chine joue sa survie face à Puerto Rico mercredi matin. Une victoire l’enverrait en quart contre la France. Dans ce contexte, chaque possession de Xu Han sous le cercle ou derrière la ligne à trois points pourrait peser lourd dans le destin de son équipe.
Sevgi Uzun, lumière dans la nuit turque
La Turquie quitte la compétition avec un bilan de 0-3, mais son tournoi n’a pas été totalement sombre. Sevgi Uzun a offert une lueur éclatante dans une campagne difficile.
L’ancienne arrière WNBA a terminé meilleure passeuse de la Coupe du monde avec 8,3 assists par match, tout en inscrivant 17,7 points de moyenne. Elle a shooté à 53 % au total, 45 % à trois points. Son équipe s’arrête là, mais Uzun a rappelé qu’elle fait partie des meneuses les plus créatives et efficaces du plateau mondial.
Djeneba N’Diaye, le coup d’éclat malien
Mali ne verra pas les phases finales, mais sa Coupe du monde restera dans les mémoires. La sélection a signé un exploit retentissant en renversant l’Espagne, 82-73, pour seulement sa deuxième victoire de l’histoire du tournoi, la première depuis un succès en prolongation en 2010.
Au cœur de ce moment historique : Djeneba N’Diaye. Elle a tourné à 17 points de moyenne, 50 % de réussite, 45 % à trois points sur trois matchs, avec 19 points lors du succès face à l’Espagne. Dans un tournoi dominé par les grandes puissances, N’Diaye et le Mali ont rappelé qu’une soirée parfaite peut tout bousculer.
Team USA reste l’ogre annoncé, portée par Breanna Stewart, Napheesa Collier, Jackie Young et une nouvelle vague emmenée par Caitlin Clark, Angel Reese ou Paige Bueckers. Mais derrière l’armure américaine, ce sont ces performances venues de Belgique, de France, d’Espagne, d’Australie, de Hongrie, de Chine, de Turquie ou du Mali qui donnent à cette Coupe du monde sa texture, ses surprises, ses héroïnes.
La suite du tournoi dira si l’une d’elles peut renverser la hiérarchie. Ou au moins forcer le monde entier à retenir son nom.




