Les États-Unis remportent leur cinquième titre mondial consécutif
Les Américaines ont vacillé. Elles ont même été bousculées comme rarement. Mais au bout de quarante minutes, l’histoire est la même : les États-Unis règnent encore sur le basket mondial.
Menées tôt dans le match, les tenantes du titre ont renversé la France (97-79) dimanche pour décrocher une cinquième Coupe du monde consécutive, prolongeant une invincibilité ahurissante de vingt ans sur les grandes compétitions, Jeux olympiques et Mondiaux confondus.
La revanche manquée de la France
Le décor avait tout d’un acte II. Quelques semaines après une finale olympique perdue d’un point à Paris, la France retrouvait les Américaines, cette fois pour une première finale mondiale de son histoire. Jusqu’ici, aucune équipe n’avait approché les Bleues à moins de vingt points dans ce tournoi. Elles arrivaient lancées, libérées, avec l’impression de tenir enfin leur moment.
Et le début de rencontre leur donne raison.
Breanna Stewart, capitaine américaine et meilleure marqueuse de la finale avec 22 points, plante le ton d’entrée et offre cinq longueurs d’avance aux siennes. Les États-Unis semblent vouloir étouffer la partie très vite. Mais la France refuse le rôle de figurante.
Portées par une Gabby Williams incandescente, les Bleues trouvent la mire longue distance, enchaînent les tirs primés et font exploser la défense américaine. Le run est brutal : 21-2. En quelques minutes, la France s’envole et creuse un écart de 14 points au début du deuxième quart-temps. Le banc américain reste interdit, le public commence à y croire : la montagne USA vacille enfin.
Le tir qui change tout
Sous pression, les Américaines arrêtent l’hémorragie, possèdent enfin quelques stops défensifs et grignotent patiemment. Rien de spectaculaire, juste une lente remontée, possession après possession.
La bascule intervient sur la dernière action de la première mi-temps. Les Bleues mènent encore de deux points, la salle retient son souffle. Caitlin Clark remonte le ballon, fixe, recule, déclenche au buzzer. Le tir à trois points transperce le filet. Symbolique. Les États-Unis n’ont plus que deux longueurs de retard à la pause, et l’impression très nette d’avoir repris la main sur le tempo du match.
La France, elle, vient de laisser filer une première occasion de faire douter plus longtemps le géant américain.
Le troisième quart comme signature
Au retour des vestiaires, le scénario bascule pour de bon. Les Américaines montent d’un cran, puis de deux. Défense plus agressive, mains partout sur les lignes de passe, rebonds sécurisés, contre-attaques éclairs. La marque s’inverse, puis s’envole.
Le troisième quart-temps tourne au naufrage pour les Européennes : 30-12. La France, si fluide en première période, se crispe, perd son adresse extérieure, multiplie les erreurs de lecture. Face à elles, les États-Unis déroulent leur basket total, celui qui écrase les tournois depuis deux décennies.
Les tirs longue distance finissent de faire sauter le verrou. Deux triples consécutifs de Kahleah Copper et Jackie Young donnent un avantage de 58-51 à Team USA. À partir de là, les Américaines ne se retourneront plus.
L’écart se creuse, la France craque
La France cherchait la revanche, elle se heurte à un mur. Chaque tentative de retour se brise sur une défense américaine redevenue impitoyable. Les lignes de pénétration se ferment, les secondes s’égrènent, la lucidité s’évapore.
Au début du quatrième quart-temps, Caitlin Clark frappe encore derrière l’arc. Nouveau tir primé, et l’écart grimpe à 19 points. Le symbole est cruel : la meneuse, déjà décisive au buzzer avant la mi-temps, enterre cette fois les derniers espoirs français.
Les Bleues ne lâchent pas, mais ne trouvent plus la faille. Elles butent sur une équipe américaine redevenue ce qu’elle est depuis vingt ans : une machine à titres, capable de passer en mode rouleau compresseur dès que le danger se précise.
La France doit se contenter de l’argent, la meilleure performance de son histoire en Coupe du monde. Une médaille qui pèse lourd, mais qui laissera longtemps un goût d’inachevé après avoir mené de 14 points face à l’ogre américain.
L’Espagne se console avec le bronze
Plus tôt dans la journée, l’Espagne a pansé ses propres plaies. Battues de justesse par les États-Unis en demi-finale après avoir tenu tête aux grandes favorites jusqu’à 58-58, les Espagnoles ont parfaitement réagi en dominant l’Allemagne 81-58 pour s’offrir le bronze.
Cette fois, pas de frayeur. L’Espagne contrôle la rencontre de bout en bout face à des hôtes courageuses mais limitées, qui n’avaient encore jamais atteint le dernier carré de la compétition en tant que pays unifié.
Iyana Martin signe un match plein, à un souffle d’un double-double : 20 points et neuf passes décisives, meilleure passeuse de la rencontre. Une prestation de patronne pour boucler une campagne où l’Espagne aura frôlé l’exploit suprême contre les Américaines.
Les États-Unis, eux, poursuivent leur règne sans partage. Vingt ans sans défaite en Jeux olympiques ou Coupe du monde, cinq titres mondiaux de rang, une finale encore retournée après avoir été au bord du gouffre. La question n’est plus de savoir qui peut les battre. Elle est de savoir quand quelqu’un y parviendra enfin.




