Elena Rybakina renverse Zheng et devient n°1 mondiale
Elena Rybakina a mis un set à se réveiller. Ensuite, elle a pris le contrôle du court et, avec lui, du classement mondial. Battue dans la première manche, bousculée par la puissance de Zheng Qinwen, la Kazakhstanaise a fini par imposer sa loi pour s’imposer 3-6, 6-1, 6-4 en quart de finale de l’US Open et décrocher, dans le même mouvement, la place de n°1 mondiale.
Mercredi, à New York, ce n’était pas seulement une qualification en demi-finale qui se jouait. C’était un passage de témoin au sommet du tennis féminin.
De la tempête au contrôle total
Le début de match a appartenu à Zheng Qinwen. Plus agressive, plus juste, la Chinoise a frappé fort d’entrée et empoché le premier set 6-3, faisant douter une Rybakina empruntée, en retard dans les échanges et trop permissive au service.
Puis la rencontre a basculé.
Rybakina a resserré le jeu, retrouvé sa première balle, planté ses frappes à plat dans les zones. Le score du deuxième set – 6-1 – raconte bien la correction infligée. Zheng, submergée, a reculé, incapable de tenir le rythme imposé par la future n°1 mondiale.
La troisième manche a été plus tendue, plus nerveuse. Zheng a tenté de relancer la bataille, mais la Kazakhstanaise a gardé la main, solide dans les moments chauds, pour conclure 6-4 et valider sa place dans le dernier carré.
Une nouvelle n°1 pour l’histoire
Avec cette victoire, l’enjeu dépasse largement le seul tableau de Flushing Meadows. Rybakina est désormais assurée de détrôner Aryna Sabalenka lundi au sommet du classement WTA, quel que soit le résultat final du tournoi.
À 27 ans, elle devient la première joueuse – et le premier joueur, hommes compris – de l’histoire du Kazakhstan à occuper la place de n°1 mondiale en simple. Elle rejoint aussi un club très fermé : celui des 30 joueuses qui ont déjà régné sur le classement WTA.
La chute de Sabalenka n’est pas anodine. La Biélorusse met fin à une série de 99 semaines consécutives au sommet, la sixième plus longue domination de l’histoire du circuit féminin. Au total, elle aura passé 107 semaines sur le trône, une marque qui la place parmi les grandes patronnes de l’ère moderne.
Mais cette fois, la pression de la saison et la régularité de Rybakina ont eu raison de son règne.
Une course à trois qui tourne à l’avantage de Rybakina
La bataille pour la première place se jouait à trois en arrivant à New York. Rybakina, Jessica Pegula et Coco Gauff pouvaient toutes repartir de l’US Open avec le statut de n°1 mondiale.
Les scénarios étaient clairs : Pegula et Gauff devaient soulever le trophée et espérer une élimination précoce de Rybakina, avant les demi-finales. La Kazakhstanaise a fermé la porte à toutes les spéculations en atteignant ce dernier carré. À partir de là, plus rien ni personne ne pouvait l’empêcher de grimper au sommet.
La récompense d’une saison où elle a constamment talonné Sabalenka, frappant à la porte du trône sans jamais lâcher prise.
Gauff au rendez-vous, Andreeva brisée à deux points du rêve
Sur la route de la finale, Rybakina croisera une joueuse qui connaît déjà la lumière de New York : Coco Gauff. L’Américaine, ancienne lauréate de l’US Open, a dû frôler l’abîme avant de se hisser en demi-finale.
Face à Mirra Andreeva, 19 ans, championne de Roland-Garros, Gauff a sauvé deux balles de match avant de renverser la situation 2-6, 7-6 (9/7), 6-2. Une survie arrachée à la force du mental, dans une ambiance électrique, qui la propulse à un match d’une nouvelle finale à domicile.
Au micro, Gauff n’a pas tourné autour du pot : « Elena est la nouvelle numéro un mondiale. Ça va être un match difficile. Ce sont pour ces moments-là qu’on joue. » Le décor est planté.
Le trône, oui, mais la chasse au titre d’abord
Rybakina, elle, refuse de se laisser griser par ce changement de dimension. Le statut de n°1 mondiale marque un tournant dans une carrière, mais la Kazakhstanaise reste fidèle à sa ligne.
« Ce n’est qu’un chiffre pour l’instant. Mon objectif, c’est de gagner les tournois que je joue », a-t-elle rappelé, lucide sur la volatilité du classement. « C’est un accomplissement incroyable, mais on sait à quel point tout peut changer vite dans le tennis. »
Son palmarès parle déjà pour elle : Wimbledon 2022, Australian Open en début d’année, et désormais une nouvelle campagne majeure où elle vise un troisième titre du Grand Chelem.
Sabalenka encore en embuscade
L’histoire pourrait offrir un épilogue parfait. Si Elena Rybakina et Aryna Sabalenka gagnent leurs demi-finales, elles se retrouveront en finale de l’US Open, pour un remake de leur duel de l’Australian Open cette saison, remporté en trois sets par la Kazakhstanaise.
Sabalenka, reléguée bientôt au rang de n°2, n’a pas encore dit son dernier mot. Elle doit d’abord écarter Jessica Pegula dans l’autre demi-finale. La Biélorusse n’a plus la main sur le classement, mais elle peut encore frapper fort sur le terrain le plus exposé de l’année.
Rybakina, déjà assurée de s’asseoir sur le trône, a désormais une autre cible en ligne de mire : quitter New York non seulement en nouvelle patronne du circuit, mais aussi avec le trophée de l’US Open serré dans la main.




