Elena Rybakina, reine du circuit après l'US Open
Elena Rybakina tient enfin son trophée à Flushing Meadows. Une coupe lourde, symboliquement plus encore que physiquement. Quelques jours après avoir délogé Aryna Sabalenka de la première place mondiale WTA, la Kazakhstanaise a confirmé son nouveau statut en dominant la Biélorusse en finale de l’US Open, au terme d’un bras de fer tendu et spectaculaire : 6-4, 5-7, 6-2.
Ce n’est pas seulement un titre. C’est une prise de pouvoir.
Une finale sous pression… maîtrisée
Le décor était parfait pour un choc de patronnes. D’un côté, Sabalenka, championne sortante à New York, joueuse de puissance par excellence. De l’autre, Rybakina, désormais n°1 mondiale, au jeu plus linéaire en apparence mais tranchant, implacable, presque clinique dans les grands rendez-vous.
Le premier set donne le ton. Rybakina impose très vite sa cadence, fixe Sabalenka sur sa ligne, fait parler la précision plus que la brutalité. Le 6-4 qui tombe ressemble à une déclaration : la nouvelle n°1 n’est pas venue défendre une place, mais l’incarner.
Le match se tend au deuxième set. Sabalenka s’accroche, refuse de lâcher son territoire. Rybakina mène, sert pour le match, mais se fait surprendre. La Biélorusse s’engouffre dans la brèche, arrache le set 7-5. Dans le stade, on sent la bascule possible. Une autre, moins sûre d’elle, aurait vacillé.
La réaction d’une n°1
C’est précisément là que Marion Bartoli, ancienne lauréate de Wimbledon, voit la marque des grandes. Interrogée par Sky Sports Tennis, la Française ne cache pas son admiration devant la manière dont Rybakina a relancé la machine au début du troisième set.
« Pouvez-vous imaginer que son meilleur résultat ici n’était qu’un huitième de finale ? C’est extraordinaire, de venir avec toute la pression du monde, en sachant qu’elle avait le rang de n°1 mondiale sur sa raquette, et de réussir à gagner le titre », souligne Bartoli.
La clé, pour elle, se situe dans cette capacité à effacer la frustration du deuxième set : « La façon dont elle a rebondi au début du troisième set ce soir, pour moi, était absolument extraordinaire. On aurait dit qu’elle avait complètement oublié ce qui s’était passé à la fin du deuxième, quand elle s’est fait reprendre sur son jeu de service. Elle a juste continué à avancer, encore et encore. »
Sur le court, cela se traduit par une prise de contrôle totale. Rybakina retourne plus tôt, agresse la deuxième balle de Sabalenka, étouffe peu à peu la Biélorusse. Les jeux défilent, le 6-2 final a des allures de démonstration mentale autant que tennistique.
« La façon dont elle a attaqué le service de Sabalenka en permanence, en la mettant sous une telle pression… La qualité de frappe de balle de cette jeune femme, c’est autre chose, insiste Bartoli. Elle peut tout faire sur un court de tennis. Il ne lui manque plus que Roland-Garros pour compléter le Grand Chelem en carrière. »
Une championne de marathons
Ce titre new-yorkais s’inscrit déjà dans l’histoire. Dans l’ère Open, Rybakina devient la première joueuse à remporter l’US Open en gagnant des matches en trois sets en quart de finale, en demi-finale et en finale.
Trois fois poussée dans ses retranchements. Trois fois sortie par le haut.
À 27 ans, la Kazakhstanaise affiche une solidité physique qui saute aux yeux, mais c’est surtout sa résistance mentale qui frappe. Elle ne panique pas, ne s’éparpille pas. Elle encaisse, ajuste, frappe plus fort au moment où l’échange compte le plus.
Avec ce sacre, Rybakina porte à trois son total de titres du Grand Chelem, après Wimbledon 2022 et l’Open d’Australie en début d’année. Trois surfaces, trois contextes, un même fil rouge : une capacité rare à élever son niveau quand la pression devient écrasante.
Il ne lui manque plus qu’une chose pour boucler la boucle : conquérir Roland-Garros. La question n’est plus de savoir si elle en a le talent. La vraie interrogation, désormais, c’est quand le circuit acceptera vraiment l’évidence : Elena Rybakina n’est plus seulement une grande championne. Elle est en train de construire un règne.




