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Elena Rybakina, reine des majeurs malgré des défaites inattendues

Elena Rybakina vient de boucler une saison de Grands Chelems 2026 presque irréelle : 17 victoires pour seulement 2 défaites. Un ratio de championne installée, pas de météore de passage. À New York, elle a dominé Aryna Sabalenka pour s’offrir l’US Open, le troisième majeur de sa carrière après l’Open d’Australie en janvier et Wimbledon 2022.

Sur dur, elle impose une loi presque implacable. Mais l’année n’a pas été une promenade de santé. Deux noms ont fissuré son armure : Yuliia Starodubtseva et Elise Mertens. Deux matches, deux alertes, deux histoires très différentes.

La gifle de Paris

La première secousse est venue de Roland-Garros. Le décor parfait pour un accident : la terre battue, surface où Rybakina reste la plus prenable, même si les signaux étaient au vert. Elle venait de remporter un cinquième titre sur ocre à Stuttgart et d’atteindre les quarts de finale à Rome. De quoi nourrir l’idée d’une vraie campagne parisienne.

Le départ confirme cette impression. Premier tour maîtrisé contre Veronika Erjavec, 6-2, 6-2. Rybakina déroule, impose son rythme, plante ses services comme des banderilles. Rien n’annonce la tempête.

Puis arrive Yuliia Starodubtseva, 55e mondiale, sans référence majeure au plus haut niveau. Jamais au-delà du deuxième tour en Grand Chelem. Sur le papier, le piège classique, mais que les grandes évitent d’ordinaire. Pas cette fois.

Rybakina prend le premier set 6-3. Logique respectée. Et puis tout bascule. Starodubtseva lâche ses coups, prend la balle tôt, renverse l’échange, s’empare du deuxième set 6-1. Le troisième devient un bras de fer mental. Rybakina se retrouve accrochée, poussée au tie-break. Elle cède 7-6(4).

C’est sa défaite la plus précoce en Grand Chelem depuis l’US Open 2024, où elle avait dû renoncer sur blessure au dos. Là, aucune excuse physique. Juste une joueuse en confiance de l’autre côté du filet, qui signe la plus grande victoire de sa carrière et renvoie la Kazakhe à ses doutes sur terre battue.

La revanche new-yorkaise

La saison, pourtant, ne s’arrête pas à ce coup d’arrêt. Starodubtseva, elle, connaît ensuite un trou d’air : six défaites de suite, une glissade hors du top 70. Puis un rebond, discret mais réel. À l’US Open, l’Ukrainienne atteint pour la deuxième fois de sa carrière le troisième tour en Grand Chelem.

Et le tirage offre un scénario en or : un remake face à Rybakina. Même adversaire, autre décor, autre surface, autre contexte. Cette fois, l’ancienne championne de Wimbledon ne laisse pas passer l’occasion.

Le premier set est tendu, accroché, se joue au cordeau. Rybakina serre le jeu dans le tie-break et s’en sort 7-6(6). Le plus dur est fait. Derrière, elle impose sa puissance, contrôle les échanges, conclut 6-3. La vengeance est nette, sans brutalité mais avec autorité.

Ce succès lance définitivement sa marche vers le titre à New York. Pour Starodubtseva, la récompense n’est pas une victoire, mais un cap franchi : grâce à ce parcours, elle va intégrer le top 50 pour la première fois, avec un nouveau meilleur classement à la 43e place mondiale. Une trace durable laissée par cette saison où elle aura, un temps, fait vaciller l’une des patronnes du circuit.

Wimbledon, autre faux pas inattendu

Entre Paris et New York, un autre accroc a rappelé que la domination de Rybakina n’était pas totale. Et cette fois, le décor avait tout d’un territoire conquis : Wimbledon.

Sur gazon, la Kazakhe est une référence. Titrée en 2022, souvent citée parmi les grandes favorites, elle y avance d’ordinaire avec une assurance tranquille. Mais l’édition 2026 se termine pour elle au troisième tour. Un coup de froid.

Face à elle, Elise Mertens, 25e tête de série. Le face-à-face penche lourdement en faveur de Rybakina avant le match : sept victoires en huit confrontations. Les chiffres racontent une domination, presque une habitude. Ils voleront en éclats.

Mertens s’accroche dans un premier set tendu, qu’elle arrache au tie-break 7-6(4). Le coup est rude pour Rybakina, qui ne parvient pas à relancer la machine. Le deuxième set tourne à sens unique : 6-1 pour la Belge, qui signe l’une des grandes surprises du tournoi.

En quelques semaines, deux joueuses que personne n’annonçait en bourreaux de favorites ont fait tomber l’une des reines du circuit. Starodubtseva à Roland-Garros, Mertens à Wimbledon : les deux seules à avoir battu Elena Rybakina en Grand Chelem en 2026.

Une saison de majeurs qui change de dimension

Ces deux défaites n’effacent rien. Elles éclairent même sous un autre angle la performance globale : malgré ces faux pas, Rybakina termine son année de Grands Chelems avec un bilan de 17 victoires pour 2 défaites, le meilleur de sa carrière sur une saison complète.

L’Open d’Australie remporté en début d’année, l’US Open arraché face à Aryna Sabalenka, une constance de très haut niveau sur dur, des signaux encourageants sur terre malgré Paris, et ce Wimbledon manqué qui rappelle que la marge reste fine au sommet.

Reste une question, simple et brutale : quand une joueuse qui domine autant les majeurs commence à corriger ses rares failles, jusqu’où peut-elle encore pousser les frontières de sa propre ère ?