Elena Rybakina remporte son premier titre à l'US Open
Elena Rybakina n’a pas seulement conquis un trophée samedi à New York. Elle a pris un trône. En dominant Aryna Sabalenka 6-4, 5-7, 6-2 en finale, la Kazakhstanaise s’est offert son premier titre à l’US Open et a officialisé, raquette en main, la passation de pouvoir au sommet du tennis féminin.
Elle savait déjà qu’elle deviendrait n°1 mondiale lundi, aux dépens de Sabalenka. Elle a choisi de le faire avec panache, en ravissant à la Biélorusse le titre qu’elle détenait depuis deux ans à Flushing Meadows. Changement d’ère, acte II : après les chiffres, le symbole.
Une finale de patronnes
Affiche de rêve : n°1 contre n°2, pour la troisième fois seulement depuis 2000 dans une finale féminine à New York. Les deux précédentes avaient sacré Serena Williams, tête de série n°1, face à Venus en 2002 puis Victoria Azarenka en 2013. Cette fois, c’est la n°2 qui a renversé la hiérarchie.
Rybakina, 27 ans, avait déjà frappé un grand coup en janvier en remportant l’Open d’Australie, déjà sur dur, déjà face à Sabalenka, à Melbourne Park. Samedi, elle a rejoué le scénario à sa manière, plus heurtée, plus nerveuse, mais tout aussi implacable dans les moments qui comptent.
Sabalenka arrivait en reine de New York. Dix-neuf victoires consécutives à l’US Open, aucune défaite depuis la finale perdue contre Coco Gauff en 2023, et l’ambition de devenir la première joueuse depuis Serena Williams (2012-2014) à réussir le triplé à Flushing Meadows. La série s’est brisée sur une Rybakina solide, patiente, puis féroce quand l’ouverture s’est présentée.
Le tournant du troisième set
Le premier set, accroché, a tourné en faveur de Rybakina, plus précise dans les échanges de fond et plus lucide sur les points clés. Sabalenka a réagi avec l’orgueil qu’on lui connaît, arrachant le deuxième set 7-5 pour prolonger le combat et entretenir l’idée d’un nouveau retour gagnant dans son jardin new-yorkais.
Le début du troisième acte a offert un instant de doute. Rybakina a laissé éclater sa frustration après un revers lâché trop large sur une balle de break dès le premier jeu. Un geste, un cri, un regard vers son clan. On aurait pu croire à une fissure. C’était en réalité le dernier sursaut de nervosité avant la prise de pouvoir définitive.
Jeu après jeu, elle a resserré le jeu, pris la balle plus tôt, étouffé la puissance de Sabalenka. Le bras de la Biélorusse s’est tendu, les fautes se sont accumulées, la confiance a basculé. À 6-2 dans ce troisième set, la nouvelle patronne du circuit s’est écroulée de soulagement, consciente de la portée du moment.
« C’est difficile de trouver les mots, honnêtement, a reconnu Rybakina après sa victoire. Je ne m’attendais pas à quelque chose comme ça en arrivant dans ce tournoi. Je gérais une petite blessure, mais tout s’est aligné de mon côté. »
En face, Sabalenka, battue mais digne, a salué son lien particulier avec New York : « Je me suis vraiment sentie comme à la maison ici et j’ai hâte de revenir l’an prochain. J’aurais aimé mieux jouer, mais ce sera pour l’année prochaine. »
Une rivalité qui s’installe
Ce succès n’efface pas la dynamique globale entre les deux joueuses. Sabalenka menait 10-7 dans leurs confrontations avant cette finale et avait remporté leurs deux duels précédents cette saison, à Indian Wells et Miami, tous deux sur dur. Rybakina a réduit l’écart et, surtout, a frappé dans les plus grands rendez-vous.
Après Wimbledon en 2022, l’Open d’Australie en 2024 et désormais l’US Open, la joueuse née à Moscou mais représentant le Kazakhstan compte trois titres du Grand Chelem sur trois surfaces différentes. Il ne lui manque plus qu’un sacre à Roland-Garros pour compléter le Grand Chelem en carrière.
La perspective est désormais claire : Paris devient l’ultime sommet à gravir.
Une n°1 mondiale en quête d’histoire
Rybakina ne se contente plus d’être une outsider dangereuse. Elle s’installe durablement comme une référence absolue du circuit. N°1 mondiale, multiple lauréate en Grand Chelem, capable de battre la meilleure joueuse du moment sur sa surface fétiche et dans son tournoi fétiche : le message envoyé au vestiaire est limpide.
Sabalenka, elle, quitte New York sans le trophée mais avec la certitude de rester au cœur de cette rivalité au sommet. Sa série de 19 victoires à l’US Open témoigne de son emprise récente sur le tournoi, et rien n’indique que cette finale perdue marquera un déclin. Le duel entre les deux femmes promet de rythmer les grandes affiches des prochains mois.
À Flushing Meadows, la soirée a scellé une double vérité : une reine a été détrônée, mais la bataille pour l’empire ne fait que commencer. Reste une question brûlante pour la saison à venir : qui osera contester à Elena Rybakina le dernier morceau manquant de son Grand Chelem en carrière sur la terre de Roland-Garros ?




