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Dunkley illumine Worcester et l’Angleterre conclut un été parfait

Sur la pelouse de New Road à Worcester, l’Angleterre a terminé son été international comme elle l’avait commencé : en patronne. Un century lumineux de Sophia Dunkley a lancé une victoire écrasante de 114 runs face à l’Irlande, et offert un balayage 3-0 dans cette série d’ODI.

291 runs en 48,5 overs pour l’Angleterre, 177 en 44,2 pour l’Irlande. Les chiffres racontent déjà une histoire à sens unique. Le terrain, lui, a confirmé.

Dunkley, une réponse claire à une grande question

Privée de plusieurs cadres – Lauren Bell, Sophie Ecclestone, Nat Sciver-Brunt laissées au repos – l’Angleterre cherchait des réponses autant qu’un résultat. La plus importante concernait l’ouverture après la retraite de Tammy Beaumont. À Worcester, Sophia Dunkley a répondu avec autorité.

Son 119 sur 119 balles a été le socle de l’innings anglais. Une manche construite en deux temps. D’abord la patience : un cinquante atteint en 63 balles, pendant que Maia Bouchier monopolisait le strike et dictait le tempo. Puis l’accélération : les 50 runs suivants claqués en seulement 37 balles, avec une palette nettement élargie.

Longtemps cataloguée comme joueuse de côté jambe, Dunkley a offert une version bien plus complète de son jeu. Les runs sont tombés quasiment à parts égales de chaque côté du wicket, signe d’un travail assumé sur le off-side. L’Irlande a tenté de la bousculer avec des balles courtes, des champs bien garnis en bordure, des sweepers positionnés pour étouffer les limites. Elle a absorbé, puis trouvé les intervalles.

Sa chute, sur une superbe prise de Prendergast à deep square leg, a mis fin à une prestation de haute tenue, mais le travail était fait. Quand elle quitte la scène dans le 36e over, l’Angleterre file vers un total record.

Une plateforme idéale… puis un effondrement frustrant

Avant le century de Dunkley, l’Angleterre avait déjà posé les bases. 73 runs pour le premier wicket avec Maia Bouchier, encore une fois solide avec 39. La série aura confirmé son installation en haut de l’ordre, elle aussi auteure d’un century dans ces trois matchs.

Jodi Grewcock a ensuite pris le relais, bien lancée, avant de céder sur un caught and bowled à 35 qui laissera des regrets. Alice Capsey, elle, n’a pas eu cette chance : run out backing up pour 10, victime d’un concours de circonstances plus que d’une erreur de jugement.

À 260-4, les 300 semblaient une formalité. Freya Kemp et Dani Gibson avaient le match en main, les Irlandaises sur le reculoir. Kemp, 23, a commencé à viser les longues cordes, Gibson a tenu le rythme.

Puis tout s’est inversé d’un coup.

Le wicket de Kemp, prise à long-on, a déclenché un effondrement brutal. Les six derniers wickets sont tombés pour seulement 31 runs. Une série de scores à un chiffre, une équipe soudain fragile, et un tableau d’affichage figé à 291 avec sept balles encore à jouer.

Dans ce passage, Cara Murray a brillé. La leg-spinner irlandaise a signé 4-56, meilleure performeuse de son camp, et relancé un minimum l’intérêt du match. Après la sortie de Dunkley, l’Angleterre n’a frappé que sept boundaries. Une statistique qui dira beaucoup aux techniciens : le contrôle irlandais s’est enfin installé, mais bien trop tard.

Une poursuite jamais vraiment crédible

Avec 291 à défendre, les Anglaises n’avaient pas besoin de miracles. Juste de discipline. Elles l’ont trouvée sans trembler.

L’Irlande n’a jamais semblé en mesure de suivre le rythme imposé par le tableau d’affichage. Amy Hunter a bien tenté de tenir la barre avec 39 sur 58 balles, mais aucun soutien durable, aucune accélération franche. Pas une seule batteuse n’a dépassé un strike-rate de 100. Le run-rate, lui, a grimpé, encore et encore, jusqu’à devenir intenable.

Mady Villiers et Lauren Filer ont pris la main. Trois wickets chacune, des lignes serrées, des variations bien senties. Les wickets sont tombés régulièrement, étouffant tout début de partenariat significatif. L’Irlande a été renvoyée à 177, loin du compte, loin du suspense.

Ce troisième ODI, comme les deux premiers, n’a jamais vraiment basculé dans le bras de fer entre batteuses et bowlers. Le déséquilibre de niveau, déjà visible à Leicester et Derby, a encore sauté aux yeux.

Une série d’essais… et quelques certitudes

Cette série avait un parfum étrange pour l’Angleterre. Un calendrier morcelé, un format ODI rare, une fin d’été sans le poids habituel de l’enjeu. Les prochaines rencontres confirmées arrivent en février, au Champions Trophy. Entre-temps, une série multi-format contre West Indies et trois ODI face au Sri Lanka sont au programme, mais sans dates arrêtées.

Dans ce contexte, chaque manche comptait double : résultat immédiat et préparation à long terme. Charlie Dean et Charlotte Edwards ont profité de l’absence de cadres pour lancer ou relancer des joueuses de l’ombre, à l’image de Grewcock ou Tilly Corteen-Coleman. Certaines ont marqué des points, d’autres devront encore patienter.

L’ouverture, en revanche, semble réglée. Un century pour Bouchier, un century pour Dunkley dans cette série : le message est clair. Certes, l’attaque irlandaise n’a rien à voir avec celle de l’Australie. Personne, dans le vestiaire anglais, ne confondra ces matchs avec une répétition générale d’Ashes. Mais une équipe ne choisit pas son calendrier. Elle fait avec, et l’Angleterre a su transformer ces trois rencontres en laboratoire utile.

Derrière, la concurrence reste vive. Nat Sciver-Brunt reprendra naturellement sa place au numéro trois. La question des gants demeure : Alice Capsey peut-elle conserver le rôle de wicket-keeper au détriment d’Amy Jones ? Les sélectionneurs devront trancher.

Pour l’instant, une chose est sûre : en quittant Worcester avec un 3-0 net, un opening pair en pleine confiance et une Dunkley transformée des deux côtés du wicket, l’Angleterre a donné à son été une conclusion limpide. La vraie question se pose déjà : ce socle tiendra-t-il quand l’Australie viendra le tester lors des prochaines Ashes à domicile ?