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Le derby de Manchester : Fernandes accusé de tricherie et Foden expulsé

Le derby à Old Trafford avait tout pour basculer dans la folie. Il l’a fait sur une scène aussi brève que décisive : Bruno Fernandes au sol, Phil Foden au-dessus de lui, deux coups, une réaction, un carton rouge. Et un match qui ne s’en est jamais remis.

Le tournant : Foden voit rouge, Fernandes reste

La séquence est simple, brutale, et pourtant restera discutée longtemps. Le capitaine de Manchester United semble frapper à deux reprises Phil Foden alors que l’ailier de Manchester City est au sol. Foden réagit, à peine, un geste de frustration plus qu’un coup. C’est pourtant lui qui est renvoyé au vestiaire.

La décision fait exploser les débats. Sur talkSPORT, Gabriel Agbonlahor ne mâche pas ses mots à propos de Fernandes : pour lui, le Portugais incarne le côté sombre du jeu, celui qui fait pencher l’arbitre du mauvais côté.

Il insiste : le premier geste qui mérite sanction, c’est celui du capitaine de United. Deux coups sur Foden, une situation qui, à ses yeux, devrait valoir un rouge… mais pour Fernandes. Au lieu de ça, Foden craque légèrement, Fernandes s’écroule, roule au sol, et l’arbitre sort le carton le plus sévère pour le joueur de City. Agbonlahor va jusqu’à parler de tricherie, tout en reconnaissant le talent immense du milieu offensif.

Dans son esprit, un “vrai” arbitre calme les esprits, un avertissement chacun, et le jeu repart. À Old Trafford, le match a pris une autre direction.

Dix contre onze, mais City frappe quand même

Avec un joueur de plus pendant presque tout le match, Manchester United avait une occasion en or. Elle a été gâchée. City, réduit à dix, a fini par frapper grâce à Erling Haaland, évidemment. Une frappe, un but, et un Old Trafford médusé.

Le but lui-même ne vient pas sans polémique. Enzo Fernandez semble en position de hors-jeu dans la construction de l’action. Le drapeau du juge de ligne se lève, l’espoir renaît côté United. Puis le VAR valide. Le but reste. La frustration explose.

Agbonlahor y voit presque une forme de justice implacable. Selon lui, ce but qui aurait pu – ou dû, à ses yeux – être refusé ressemble à un retour de bâton pour le carton rouge infligé à Phil Foden. Une sorte de “karma” du football, comme il le décrit.

United critiqué : un avantage numérique gâché

Au-delà des décisions arbitrales, l’ancien attaquant pointe surtout du doigt le contenu de la prestation de Manchester United. Pour lui, le problème est ailleurs : dans le jeu, dans l’attitude, dans l’incapacité à assumer le statut d’équipe en supériorité numérique.

Il dézingue la performance des cadres offensifs. Bruno Fernandes, encore lui, est accusé de ne pas avoir répondu présent dans le jeu. Matheus Cunha et Bryan Mbeumo sont rangés dans la même catégorie : des joueurs attendus, mais invisibles dans un rendez-vous majeur.

Derrière, le constat est tout aussi sévère. Diogo Dalot est jugé “horrible” sur le côté droit. Patrick Dorgu, aligné à gauche, est pointé du doigt, Agbonlahor rappelant qu’il ne s’agit pas, selon lui, d’un latéral de métier. Le tout dans une équipe qui, à onze contre dix pendant environ soixante-dix minutes, choisit de reculer plutôt que d’étouffer son adversaire.

La phrase claque : comment Manchester City peut-il apparaître comme la meilleure équipe sur le terrain en étant en infériorité numérique ? Pour l’ancien international anglais, United a perdu bien plus par peur et par manque de caractère que sur un simple coup du sort.

Keane s’en mêle : “Le violent, c’est Bruno”

Agbonlahor n’est pas seul à s’en prendre à la décision arbitrale. Sur Sky Sports, Roy Keane, légende de Manchester United et jamais avare de jugements tranchés, s’interroge lui aussi sur le rouge infligé à Phil Foden.

Keane décortique l’action : Bruno Fernandes commet d’abord la faute, puis lui assène un petit coup supplémentaire. Foden se relève, réagit, et c’est lui qui est expulsé pour conduite violente. L’Irlandais voit les choses à l’envers : dans cette histoire, celui qui adopte un comportement violent, c’est Fernandes, pas l’ailier de City.

Le contraste est fort. Une icône de United qui prend la défense d’un joueur de City et accuse le capitaine des Red Devils, ce n’est pas anodin. Mais l’image du match est là : un derby basculé sur une scène confuse, une supériorité numérique mal exploitée, et un but d’Erling Haaland qui laisse United sans réponse.

Le débat sur l’arbitrage continuera. Celui sur le caractère de cette équipe de Manchester United, lui, ne fait peut-être que commencer.