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Décès de Chris Spatola, ancien assistant de Duke et gendre de Mike Krzyzewski

Chris Spatola, ancien assistant de Duke et gendre de Mike Krzyzewski, est décédé à l’âge de 47 ans, a confirmé l’université. La nouvelle a frappé de plein fouet le monde du basket universitaire américain, où son nom s’était imposé à la croisée des terrains, des vestiaires et des plateaux télé.

La famille Krzyzewski a publié un message bouleversant, parlant d’un « chagrin impossible à exprimer » face à la disparition de celui qu’elle décrit comme un mari et un père dévoué, un homme de famille autant qu’un serviteur de son pays. Elle a remercié pour les innombrables marques de soutien reçues, tout en demandant le respect de son intimité, en particulier pour Jamie, son épouse, et leurs trois enfants. Les circonstances de sa mort n’ont pas été précisées.

Un soldat, un meneur, un coach

Avant d’être une voix familière des retransmissions télévisées, Chris Spatola a été un joueur, un officier, un entraîneur. Quatre années titulaire à Army entre 1998 et 2002. Un meneur de jeu forgé dans l’exigence militaire, puis cinq années de service dans l’United States Army, où il a occupé les fonctions de commandant de batterie et d’officier exécutif. Une trajectoire déjà marquée par le leadership et la discipline avant même d’entrer vraiment dans le paysage du basket universitaire.

En 2007, il rejoint Duke comme assistant. Pendant cinq saisons, jusqu’en 2012, il s’intègre au cœur du programme mythique façonné par Mike Krzyzewski. Il y occupe aussi le poste de directeur des opérations basket, rôle clé dans l’ombre des projecteurs, où se gèrent le quotidien, la logistique, la préparation. Sur le banc comme en coulisses, il devient une pièce reconnue du dispositif des Blue Devils.

Son lien avec la famille Krzyzewski dépasse très vite le cadre professionnel. En 2022, dans un entretien, Spatola expliquait que son histoire avec Jamie rappelait à bien des égards celle de Mike Krzyzewski et de son épouse. Une manière de dire que, chez les Krzyzewski, le basket n’a jamais été séparé de la famille. Il en était l’illustration vivante.

De Duke à Team USA, puis aux plateaux d’ESPN

Son influence ne se limite pas à Durham. Sous la houlette de Mike Krzyzewski, Spatola s’implique également avec USA Basketball. Il travaille comme court coach auprès de la sélection masculine qui décroche l’or olympique à Pékin en 2008, puis le titre mondial à Istanbul en 2010. Deux campagnes victorieuses, deux jalons majeurs dans la reconstruction de la domination américaine sur la scène internationale, auxquelles il contribue dans l’ombre, au plus près des stars.

En 2012, il change de camp sans quitter le jeu : il passe du banc à la cabine de commentateur. ESPN lui ouvre ses micros. Spatola y apporte ce mélange rare d’expérience de joueur, d’officier, de coach et d’analyste. La chaîne saluera d’ailleurs un homme « réfléchi, préparé et passionné », respecté par ses collègues, les entraîneurs, les joueurs et les supporters. Une reconnaissance qui résume bien sa place dans l’écosystème du basket américain : pas la plus bruyante, mais solidement ancrée.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux amis et anciens collègues ont exprimé leur peine. Parmi eux, Jay Bilas, ancien joueur de Duke et analyste lui aussi, figure d’un milieu qui perd l’un de ses visages les plus complets, passé par tous les angles du jeu.

Un soldat devenu coach, un coach devenu analyste, un gendre devenu fils de cœur dans une des familles les plus emblématiques du basket universitaire : la trajectoire de Chris Spatola s’interrompt brutalement, mais laisse une empreinte profonde. À Duke, à Army, à USA Basketball, chez ESPN, beaucoup savent déjà que la prochaine saison se jouera avec un siège vide et un silence lourd là où, d’ordinaire, sa voix accompagnait le jeu.